125 travailleurs des Coops de l’information ont opté pour un départ volontaire

En prévision de la fin d’une époque aux Coops de l’information, soit la parution des dernières éditions hebdomadaires imprimées le 30 décembre prochain, 125 travailleurs, ce qui représente environ le tiers des effectifs, ont adhéré au programme de départ volontaire mis en place cet été, a annoncé mercredi la directrice générale, Geneviève Rossier.

En entrevue au Devoir, elle souligne que « le déroulement de ce programme s’est quand même très bien passé dans le respect des gens qui ont travaillé, dans plusieurs cas, toute leur vie pour les Coops de l’information ». Ces dernières regroupent Le Droit à Ottawa-Gatineau, Le Nouvelliste à Trois-Rivières, Le Quotidien au Saguenay-Lac-St-Jean, Le Soleil à Québec, La Tribune à Sherbrooke, La Voix de l’Est à Granby et Les As de l’info, un site Web dédié aux jeunes.

En prévision du virage totalement numérique du groupe, une tournée avait été effectuée en 2022 pour informer les employés de l’instauration éventuelle d’un programme de départ volontaire, mentionne Mme Rossier. Celui-ci, qui permet à des travailleurs de partir en échange d’une indemnité financière, a ensuite été négocié avec le Syndicat uni de la presse écrite régionale, qui regroupe les syndicats des Coops de l’information.

La plupart des postes abolis au sein du regroupement médiatique sont ceux liés à la production des éditions papier, précise Geneviève Rossier.

« Le fait qu’on ne produira plus de papier fait en sorte qu’on réduit également, par exemple, le personnel de soutien ou les gens aux finances, parce que s’il y a moins d’employés, on a moins besoin de gens pour traiter la paie et tout ça. On réduit aussi le nombre de cadres et il y a certains journalistes qui quittent. »

Un processus « plus humain »

De son côté, le président du syndicat des employés du Soleil, le journaliste Ian Bussières, est soulagé qu’il n’y ait eu aucun licenciement dans la foulée du virage numérique. « Ce que je souhaitais éviter à tout prix, c’est qu’il y ait des mises à pied, qu’il y ait du monde qui quitte sans le vouloir. Le fait que les gens donnent leur nom, humainement, pour eux, c’est sûr que c’est plus acceptable », affirme celui qui siège aussi au Syndicat uni de la presse écrite régionale.

Ces accords permettant aux employés de partir d’une compagnie en échange d’une indemnité financière constituent « la façon la moins douloureuse de faire des compressions », estime Colette Brin, professeure de journalisme à l’Université Laval. « Souvent, ce sont des personnes qui sont en fin de carrière ou bien qui sont prêtes à faire un virage professionnel. Ce sont vraiment des gens qui ont le temps d’y réfléchir, puis de s’y préparer. »

Or, la directrice du Centre d’études sur les médias soulève que ces programmes font en sorte que des entreprises se départissent d’employés avec « beaucoup de talent, de mémoire et de compétence ». « Donc, c’est une perte quand même », dit-elle.

De manière générale, la diminution du nombre de journalistes n’est jamais une bonne nouvelle, tout comme la disparition de certains médias, soutient M. Bussières. Ce dernier précise que si l’organisation syndicale a accepté de s’impliquer pour établir le programme de départ volontaire, « c’est avant tout pour permettre aux Coops de l’information de survivre et de continuer à informer les gens ».

La fin d’une époque

Quant à la fin des éditions hebdomadaires imprimées, celle-ci était déjà prévue dans le plan d’affaires de 2020, explique Geneviève Rossier. « Nos médias de proximité sont solidement implantés dans leur région, mais comme partout au monde, notre lectorat consulte de plus en plus nos contenus sur le Web et dans nos applications. »

En 2024, les lecteurs à l’affût de nouvelles locales de différentes régions du Québec pourront donc continuer de s’informer via les plateformes numériques du groupe.

À la fin mars 2020, les six quotidiens des Coops de l’information avaient tiré un trait sur leurs journaux papier en semaine, conservant seulement une édition hebdomadaire publiée le samedi. La mesure, qui se voulait d’abord temporaire dans le contexte de la pandémie, avait été rendue permanente à l’été 2020.

Les éditions imprimées du Mag Affaires, elles, seront toutefois préservées dans les six marchés. « Ce magazine est un contenu plus pérenne. Dans le fond, il s’agit de la mise en valeur de bons coups, d’efforts, d’innovations régionales et de gens qui sont des leaders dans la communauté d’affaires », indique Mme Rossier.

Avec les informations de Zacharie Goudreault

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