23 objets pour se rappeler l’année 2023, partie 3


Ils ont fait l’objet d’une attention particulière, localement ou mondialement. Ils symbolisent tantôt des événements marquants, tantôt des tendances, tantôt des personnalités. Le Devoir en a sélectionné 23 pour résumer cette année.

17. Câbles d’Hydro

En avril, le verglas s’invitait dans les maisons québécoises tandis que l’électricité les quittait.

La pluie verglaçante a causé bien des maux de tête aux équipes d’Hydro — et aux Québécois — en 2023. Ce sont plus d’un million de ménages qui ont perdu l’électricité au début du mois d’avril, certains pendant plusieurs jours, à la suite d’un épisode de pluie verglaçante de forte intensité. L’événement a rappelé de bien mauvais souvenirs à de nombreux Montréalais, qui ont vu les arbres tomber comme des mouches dans le parc La Fontaine et d’autres espaces verts de la métropole. 

Tout en assurant que cet épisode météorologique n’était pas comparable à celui de la crise du verglas de 1998, qui avait plongé dans le noir 3,5 millions de personnes — certaines pendant près d’un mois —, Hydro-Québec a reconnu l’importance de rendre ses installations plus résistantes aux impacts des changements climatiquesPlus d’une semaine a été nécessaire à la société d’État pour rétablir le courant à l’échelle de la province, et le verglas a causé des dégâts matériels importants en plus de causer la mort en Montérégie d’un homme dans la soixantaine alors qu’il tentait de couper des branches sur son terrain. 

Huit mois plus tard, des dizaines de milliers de clients d’Hydro ont été de nouveau  privés d’électricité, lorsque les premières bordées de neige de la saison hivernale ont balayé au début du mois de décembre plusieurs régions du Québec, soulevant une nouvelle pluie de critiques à l’endroit de la société d’État.

Zacharie Goudreault

 

18. Canette

La popularité des boissons effervescentes est à la hausse, mais les bières de microbrasserie en arrachent.

La canette d’aluminium a vécu plusieurs remous en 2023. Sa popularité ne faiblit pas en tant que contenant de prédilection pour une variété toujours grandissante de boissons effervescentes, des thés glacés aux eaux aromatisées en passant par les cocktails.

Or, certains de ses utilisateurs les plus fidèles, les microbrasseries québécoises, vivent des moments difficiles, étranglés qu’ils sont  par la flambée des prix des matières premières et le ralentissement économique, notamment. Des microbrasseries ont déjà annoncé leur fermeture, comme MaBrasserie, la plus ancienne coopérative brassicole de Montréal.

Dans un autre ordre d’idée, la canette est de plus en plus récupérée depuis le 1er novembre dernier, puisqu’elle est maintenant consignée pour 10 cents, peu importe le liquide qu’elle contient. 

Roxane Léouzon

 

19. Bail

Le projet de loi de France-Élaine Duranceau est loin de faire l’unanimité.

Cession de bail, clause G du bail, clause F du bail… Le contrat type liant locataires et propriétaires s’est retrouvé au coeur d’intenses débats au Parlement à cause du projet de loi 31. En légiférant pour limiter le recours aux cessions de bail, la ministre de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, a suscité une indignation dont elle n’avait visiblement pas mesuré la portée. Avec les loyers records, la cession de bail était devenue, pour certains, un moyen détourné de contrer les hausses. En s’y attaquant, la ministre en a fait le symbole de la résistance à la crise du logement… et de l’opposition au gouvernement.

Le transfert du bail d’un locataire à un autre pendant la durée du contrat empêche le propriétaire de hausser le loyer entre les deux. À moins d’avoir un « motif sérieux », comme un mauvais dossier de crédit, par exemple, il ne peut contester une cession. Le projet de loi 31 supprime le critère du « motif sérieux » et permet au propriétaire de refuser une cession de bail sans raison particulière.

Ironie du sort, la cession de bail avait été légalisée, il y a 40 ans, avec l’appui des lobbies de propriétaires. À l’époque, le taux d’inoccupation était si élevé qu’il était difficile de trouver des locataires. En permettant à ceux-ci de trouver quelqu’un pour les remplacer, le propriétaire y trouvait son compte.

Pendant tout l’automne la ministre Duranceau a martelé que la cession de bail n’était pas le « bon outil » pour contrôler le prix des logements. Sans parvenir à susciter l’adhésion.

Isabelle Porter

 

20. Chronomètre

Il a encore été beaucoup question de temps et de listes d’attente dans le monde de la santé.

Tic tac, tic tac. Le temps est long pour les patients au Québec. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, assure que sa réforme du réseau de santé va réduire le temps d’attente. Mais le défi est de taille.

Les salles d’attente des urgences débordent, malgré la mise en place du guichet d’accès à la première ligne (GAP), la prise en charge de plus de 800 000 patients par des groupes de médecins de famille et la création de cliniques d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS). Au 11 décembre, la durée moyenne de séjour sur civière au Québec était de 19 heures aux urgences (la cible est de 14). 

Autre problème : l’accès aux médecins spécialistes. Plus de 800 000 Québécois sont en attente d’une consultation. Pour 60 % d’entre eux, le rendez-vous est dit « hors délai ». Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) veut ramener ce pourcentage à 15 % en 2026-2027. 

Les listes d’attente en chirurgie, elles, ont diminué pour les Québécois attendant une opération non urgente depuis un an et plus. Ils étaient 20 649 le 31 décembre 2022, contre 13 539 le 4 novembre 2023. Mais le nombre total de patients en attente stagne (environ 164 000).

Maintenant qu’il a fait adopter son projet de loi 15 sous bâillon, le ministre Christian Dubé promet que la nouvelle agence Santé Québec donnera des résultats positifs dès l’été. D’ici là, le nouveau « coordonnateur de l’accès », Michel Delamarre, devra régler les problèmes dans les urgences et au GAP, en plus de réduire les délais pour subir une opération. Toute une mission.

Marie-Eve Cousineau

 

21. Coupe Grey

Voilà un trophée sportif revenu à Montréal après plus de dix ans d’exil (ce qui reste toujours moins longtemps que pour d’autres…).

Treize ans que le trophée récompensant le vainqueur de la finale de la Ligue canadienne de football n’avait pas circulé dans les rues de la métropole québécoise. Quelques jours plus tôt, un touché dans les ultimes secondes avait permis aux Alouettes de Montréal de remporter la 110e Coupe Grey, aux dépens des Blue Bombers de Winnipeg, le 19 novembre. Un fait saillant rapidement suivi par la déclaration face à la caméra de Marc-Antoine Dequoy après le match : « Gardez-le, votre anglais, parce qu’on a gagné ces coupes, puis on va [les] ramener à Montréal, au Québec », s’était exclamé celui qui n’avait pas aimé le traitement accordé par la LCF et la chaîne TSN à son équipe et aux francophones du pays. Montréal peut même se targuer d’être la « capitale canadienne du football » grâce à la conquête, six jours plus tard, de la deuxième Coupe Vanier — le pendant universitaire — de l’histoire des Carabins de l’UdeM.

Baptiste Barbe

 

22. Sous-marin

L’histoire tragique d’un submersible et de son équipage partis à la découverte du Titanic.

Le 18 juin dernier, le Titan plongeait dans les eaux de l’Atlantique Nord avec cinq hommes à son bord afin d’explorer l’épave du Titanic. Le submersible, exploité par l’entreprise OceanGate, a implosé et coulé au fond de l’océan, entraînant dans la mort ses riches passagers. Parmi eux figurait le patron d’OceanGate, Stockton Rush.

Les opérations de recherche pour retrouver l’engin et ses passagers ont captivé le monde. Des critiques, dont celles d’un ex-cadre de l’entreprise, David Lochridge, ont toutefois remis en question la sécurité du submersible et sa réelle capacité à résister à la pression des profondeurs de l’océan. Les gardes-côtes américains et le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) ont tous deux ouvert une enquête sur le tragique événement.

Jeanne Corriveau

 

23. Le cellulaire

L’objet de communication quasi incontournable dans nos vies a connu quelques restrictions.

Les élèves ne pourront plus le traîner en salle de classe. Les élus, à Québec et à Ottawa, n’ont plus le droit de l’utiliser pour publier des vidéos sur TikTok. Le cellulaire a fait l’objet de restrictions de la part des gouvernements au cours de l’année. D’abord par Ottawa, qui a banni le 27 février l’application TikTok de tous les appareils mobiles des fonctionnaires fédéraux. La décision, motivée par la protection, « la sûreté et la sécurité » des Canadiens, a immédiatement été reproduite à Québec, pour des raisons de « sécurité de l’information et la protection des données ». La plus prolifique des élues québécoises sur TikTok, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a renoncé à utiliser l’application. ByteDance, la maison mère de TikTok, est de propriété chinoise. Elle fait régulièrement l’objet de soupçons de la part des agences de renseignement, qui craignent que l’application ne serve de logiciel espion pour Pékin. 

Par ailleurs, une directive interdisant le cellulaire en classe a été envoyée fin octobre aux écoles du Québec, pour une mise en application dès le début de la nouvelle année. Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, espère que cette mesure permettra aux élèves d’être « 100 % concentrés » en classe, afin d’améliorer la « réussite scolaire ».

Marie-Michèle Sioui

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