3 bonnes raisons de voir The Regime via le Pass Warner

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HBO n’a pas son pareil lorsqu’il s’agit de faire éclore la série qui fera parler d’elle. La fabrique à succès a un très beau palmarès, des mastodontes comme Game of Thrones mais également de pépites plus discrètes telles que The Baby sortie en 2022. The Regime aurait largement pu s’inviter dans la seconde catégorie, si son créateur Will Tracy n’avait pas recruté des vedettes anglophones et françaises pour porter son histoire d’un pays fictif, totalitaire et à l’agonie. Voici trois raisons de regarder la série.

Pour Kate Winslet et son impeccable tempo comique

Ce n’est pas la première fois que Kate Winslet s’invite sur HBO. En 2021, elle était à l’affiche de Mare of Easttown de Brad Ingelsby. Trois ans plus tard, elle change complètement de registre et troque sa mine déconfite contre une partition satirique. The Regime n’a pas peur du ridicule, ça tombe bien, sa tête d’affiche non plus. Dans la peau de la chancelière d’un pays totalitaire fictif, en Europe, Winslet fait des merveilles. Accent, bouche de travers et personnalité hors du commun, l’actrice livre une performance de haute volée. Elle captive à chaque instant de la série, parvient à faire naître la caricature d’un dictateur comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. La série le lui rend bien, avec des dialogues au tempo comique imparable et des répliques qui parviennent sans mal à nous faire esquisser un sourire, au mieux provoquer des rires bruyants.

The Regime Hbo Kate Winslet Matthias Schoenaerts
© HBO

Winslet peut d’ailleurs s’amuser aux côtés de ses partenaires à l’écran, le Belge Matthias Schoenaerts en premier lieu. César du meilleur espoir pour De Rouilles et d’os, l’acteur francophone excelle dans la peau du révolutionnaire condamné à assister la chancelière dans son quotidien. Il va se glisser peu à peu dans les plus hautes sphères du gouvernement et parvenir dans l’ombre à faire basculer l’avenir de tout son pays. Enfin, on notera que Guillaume Gallienne ne démérite pas dans le rôle de l’époux qui tente tant bien que mal à raccrocher sa partenaire à une forme de réalité.

Pour son esthétique rétro

Avec sa nouvelle création, Will Tracy s’aventure en Europe. Celui qui a participé à l’écriture et la production de Succession abandonne les gratte-ciel new-yorkais au profit des bâtiments de l’Europe de l’Est. Stephen Frears et Jessica Hobbs sont à la réalisation des six épisodes qui constituent cette première saison. Les deux cinéastes se sont rendus en Autriche et en Angleterre pour faire naître ce pays fictif aux multiples inspirations. Leurs caméras n’ont aucun mal à faire naître une couleur dans cette comédie noire. Colorée et ludique, l’exploration des coulisses de ce régime en perdition est passionnante. Elle est accompagnée d’une musique originale du plus bel effet, composée à quatre mains par Alex Heffes et Alexandre Desplat. Ce dernier semble d’ailleurs avoir pioché du côté de son précédent travail sur The Grand Budapest Hotel pour faire naître ces nouvelles partitions.

Critique The Regime Hbo
© HBO

Parce que c’est malin

Will Tracy s’est inspiré de personnages réels pour faire naître sa fable sur les coulisses d’une dictature, comme bien des scénaristes avant lui. Sa démarche n’est pas sans rappeler celle adoptée par Sacha Baron Cohen avec son Borat ou encore Seth Rogen et Evan Goldberg avec L’interview qui tue. Néanmoins, le créateur ne se risque pas ici à la parodie directe, préférant cultiver l’exotisme de sa démarche en racontant un pays tout à fait fictif mais aux multiples inspirations. Il paraît d’ailleurs piocher aussi bien du côté des livres d’histoires que des légendes urbaines pour construire son imaginaire. Lorsque la crainte d’une maladie s’installe chez la chancelière, l’auteur va chercher du côté du confinement strict mis en place au Kremlin. Toutes ces petites trouvailles permettent à la série de s’inscrire dans l’air du temps tout en évitant la redite. Plutôt que de se faire le miroir de la géopolitique contemporaine, la série veut offrir une exploration des coulisses d’un régime lorsqu’il vit ces dernières heures, lorsque les carottes (patates) sont cuites. Si le résultat n’est pas exempt de défaut, la série explore quelques pistes narratives particulièrement intéressantes. On aurait néanmoins aimé que le créateur se montre plus acide, qu’il laisse plus de place à l’humour noir qui infuse ses premiers épisodes. À mesure que progresse le récit, la satire semble devenir moins efficace, appuyant le culte de la personnalité d’Elena / Winslet plutôt que de décortiquer les mécaniques politiques qui ont cours.

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