40% des Français pour l’extrême droite : un chiffre sérieux ?

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40% des Français pour l'extrême droite : un chiffre sérieux ?

Les derniers sondages en vue des élections européennes donnent un large avantage au bloc d’extrême droite en France. Des chiffres à nuancer.

“C’est avec le cœur empli d’optimisme que je vous présente mes meilleurs vœux”, déclarait Marine Le Pen dans son allocution de fin d’année. A cinq mois des élections européennes, la présidente des députés du Rassemblement national a raison d’espérer. Selon le baromètre Odoxa dévoilé le 19 décembre par Public Sénat, son parti est largement en tête des intentions de vote françaises aux élections européennes 2024. Plus largement, le bloc considéré comme d’extrême droite concentre pas loin de 40% des intentions de vote. 

31% pour le Rassemblement national, 6% pour Reconquête, le parti d’Eric Zemmour dont la liste sera menée par Marion Maréchal, et encore 2% pour Debout La France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan. La catégorisation de ces trois formations politique à l’extrême droite fait aujourd’hui débat, leurs membres rejetant tous cette étiquette. Ils ont cependant en commun un rejet de l’immigration et des partis traditionnels qui permet toujours, selon de nombreux commentateurs, de les classifier à l’extrême droite, même s’ils inscrivent leur action dans la loi républicaine.

L’abstention encore en tête ?

A eux trois, le Rassemblement national, Reconquête et Debout La France comptabilisent donc 39% des intentions de vote, selon le baromètre Odoxa. Est-ce à dire que plus d’un tiers des Français soutiennent désormais leurs idées ? Pas exactement. Car ces chiffres ne prennent en compte que les Français qui ont l’intention d’aller voter le 9 juin. Or, les élections européennes connaissent habituellement un fort taux d’abstention. En 2019, près d’un Français sur deux (49,88%) ne s’était pas déplacé aux urnes pour le scrutin européen. En 2014, 57,57% des Français inscrits sur les listes s’étaient abstenus. Loin devant le bloc d’extrême droite, c’est donc bien l’abstention qui pourrait l’emporter, cette année encore.

Ajoutons que même si 39% des votants glissaient un bulletin RN, Reconquête ou Debout La France dans l’urne le 9 juin, cela ne signifie pas que 39% des eurodéputés français élus seraient issus de ces trois formations. En effet, il existe pour le scrutin européen un seuil de 5% en-dessous duquel une liste n’obtient aucun siège. Le parti de Nicolas Dupont-Aignan, donné aujourd’hui à 2%, a donc très peu de chances d’obtenir le moindre eurodéputé. Pour la liste de Marion Maréchal, donnée à 6%, rien n’est encore gagné.

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