85% des restaurateurs cachent la vérité sur leurs poulets pour ne pas effrayer leurs clients

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85% des restaurateurs cachent la vérité sur leurs poulets pour ne pas effrayer leurs clients

La majorité des restaurateurs ne respecte pas la loi leur imposant la transparence sur les poulets qu’ils servent à leurs clients. Que mange-t-on quand on choisit de la volaille ?

Qu’y a-t-il vraiment dans nos assiettes ? Alors que les préoccupations des Français sur leur alimentation sont de plus en plus vives, les questionnements sur la qualité de la viande produite, sur la réalité de l’élevage intensif, se posent avec acuité. Beaucoup de Français choisissent de consommer moins, mais mieux, et beaucoup choisissent de manger de la viande au restaurant, convaincus selon l’établissement choisi que ce dernier offre une viande de qualité.

La réglementation française pousse à ce que les professionnels sélectionnent leurs produits avec soin, notamment avec l’obligation pour les établissements d’être totalement transparents. Depuis le 1er mars 2022, les restaurateurs doivent formellement indiquer l’origine des viandes de volailles présentes au menu. Une telle obligation existait déjà pour les viandes bovines depuis 2002, les viandes de porc et de mouton ont également rejoint la liste.

Néanmoins, selon une enquête menée par l’Anvol, l’interprofession de la volaille de chair, et l’APVF (Association pour la Promotion de la Volaille Française) en 2023 auprès de 380 restaurants français “seuls 15% des restaurants répondent à cette obligation”. Dit autrement, 85% des restaurateurs ne respectent pas la loi et cachent la provenance de leurs poulets. En réaction aux résultats de l’enquête, l’Anvol explique dans un communiqué, publié en juillet 2023, que le manque de respect de l’obligation est principalement dû à un “manque d’information”.

Si l’Anvol demandait cette réglementation avec insistance, c’est en raison d’une conviction forte : en sachant clairement d’où vient la viande servie, le client serait plus sélectif et favoriserait les établissements servant de la volaille française. Pour l’instant, l’échec est patent. La France est la première consommatrice de volailles en Europe devant l’Allemagne et l’Espagne, mais une très grande part des volailles consommées en France vient de l’étranger. Selon un bulletin de l’Anvol daté de septembre 2023, durant le premier semestre de l’année 2023, “plus de 45% de volailles” ont été importées en France. D’autres chiffres font état de plus de 51% de poulets importés.

Leur origine reste néanmoins difficile à retracer avec certitude. Comme le précisent Les Echos, le plus souvent, ces poulets proviennent de Belgique, de Pologne ou des Pays-Bas. Cependant, Jean-Michel Schaeffer, le président d’Anvol, précise que souvent ces poulets “sont remballés, ce qui cache leur provenance du Brésil, de Thaïlande ou d’Ukraine”. Dans son bulletin de septembre 2023, l’Anvol précise que “les volumes de viande de poulet qui arrivent directement d’Ukraine ont augmenté de 75% sur 6 mois”.

Pour pallier ce manque de respect de l’obligation des restaurants d’indiquer l’origine des volailles – qui s’inscrit dans la volonté de favoriser le poulet français -, l’Anvol exige une meilleure communication autour de cette obligation ainsi que des contrôles accrus de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) permettraient une meilleure application de ce décret.

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