à quoi correspond cette idée reprise par Attal pour apaiser les agriculteurs ?

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Exception agricole française : à quoi correspond cette idée reprise par Attal pour apaiser les agriculteurs ?

Le Premier ministre a défendu l’existence d’une “exception agricole française” dans son discours de politique générale à l’Assemblée. Un concept ambivalent.

Qu’est-ce que l”exception agricole ? Depuis deux semaines, une large partie de la classe politique semble tomber d’accord sur cette notion, brandie par Gabriel Attal devant les agriculteurs. “Je le dis ici solennellement : il y a et il doit y avoir une exception agricole française”, a martelé le Premier ministre dans sa déclaration de politique générale à l’Assemblée, mardi 30 janvier, arguant que l’agriculture “constitue l’un des fondements de notre identité, de nos traditions”. D’où vient ce concept ? Quelle signification prend-il dans la bouche du chef du gouvernement ?

La notion d'”exception agricole” s’inspire de celle d'”exception culturelle française”. Cette dernière renvoie aux mesures légales visant à soustraire la culture aux seules lois économiques, en lui reconnaissant un caractère éthique et social, en la subventionnant et en la protégeant par des réglementations. De même, parler d’exception agricole reviendrait donc à affirmer que l’agriculture française a des enjeux qui dépassent l’économie et doit être soustraite et protégée des lois du marché. 

Sortir l’agriculture “des logiques libérales” ?

Le syndicat agricole Coordination rurale, situé à droite voire à l’extrême droite, défend la notion d’exception agricole française depuis 25 ans, arguant qu'”à l’image de la culture, l’agriculture est une activité économique si vitale qu’elle nécessite d’être protégée du libre-échange”, rappelle Franceinfo. Dans un communiqué du 23 janvier, les députés communistes ont à leur tour reconnu la nécessité d'”instaurer une exception agricole” en sortant l’agriculture française “des logique libérales”. Au cœur de cette revendication, on retrouve donc l’opposition aux traités de libre-échange signés par l’Union européenne, cœur de cible de la colère des agriculteurs.

Pourtant, en prônant l’exception agricole française, Gabriel Attal n’entend pas exactement extraire l’agriculture du marché. “Sortir des accords de libre-échange, c’est la mort de l’agriculture française”, déclarait son ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, le 31 janvier sur Sud radio, affirmant que le secteur ne pouvait pas renoncer à ses exportations. Et le ministre de l’Agriculture de nuancer : “On a besoin d’accords de libre-échange qui soient loyaux, y compris sur la question environnementale.”

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