Au 100e jour de guerre contre le Hamas à Gaza, Israël reste déterminé

Israël a bombardé dimanche la bande de Gaza au 100e jour de guerre contre le mouvement palestinien Hamas, qui plonge la population de ce territoire dans une crise humanitaire majeure et fait redouter un embrasement régional.

« Personne ne nous arrêtera, ni La Haye ni “l’Axe du Mal” ni personne d’autre », a martelé samedi soir Benjamin Nétanyahou, alors que son pays rejette des accusations de génocide devant la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye, saisie par l’Afrique du Sud.

Israël est en outre confronté, à sa frontière nord, à des attaques du mouvement islamiste libanais Hezbollah, qui fait partie de « l’axe de la résistance » mis en place par l’Iran et comprenant des groupes armés hostiles à Israël et son allié, les États-Unis.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien depuis la bande de Gaza, faisant environ 1 140 morts, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP à partir du bilan israélien. 

Quelque 250 personnes ont été prises en otages lors de cette attaque, selon les autorités israéliennes. Une centaine ont été libérées en vertu d’une trêve fin novembre, et les proches de ceux encore captifs accentuent la pression pour qu’ils soient relâchés.

En représailles à l’attaque, Israël a juré d’anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, classé groupe terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

Les bombardements et les échanges de tirs incessants sur l’étroite langue de terre ont tué au moins 23 968 personnes, principalement des femmes, adolescents et enfants, selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas.

« Mort » et « destruction »

D’épais nuages de fumée se sont élevés dimanche matin au-dessus des villes de Rafah et de Khan Younès, dans le sud, selon un correspondant de l’AFP. 

Selon le bureau des médias du gouvernement du Hamas, plus de 100 personnes ont été tuées dans les bombardements israéliens nocturnes à travers le territoire, notamment à Khan Younès.

Les Brigades d’Al-Qassam, branche armée du Hamas, ont parlé de combats notamment à Al-Maghazi, Deir Al-Balah (centre) et Khan Younès.

L’armée israélienne a dit ces derniers jours concentrer ses opérations contre le Hamas sur cette dernière ville située dans le sud du territoire où sont massés des centaines de milliers de civils après avoir fui les bombardements massifs dans le nord du territoire au début de la guerre.

Elle a fait état dimanche de la mort d’un soldat, portant à 188 le nombre de militaires tués depuis le début des opérations terrestres à Gaza le 27 octobre.

Le blocus israélien, renforcé avec la guerre, provoque de graves pénuries de vivres et de carburant dans toute la bande de Gaza.

« La mort, la destruction, le déplacement, la faim, la perte et le chagrin massifs de ces 100 derniers jours entachent notre humanité commune », a déclaré le patron de l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens de l’ONU (UNRWA), Philippe Lazzarini, en visite dans le territoire côtier assiégé.

Tensions régionales

La pluie et le froid compliquent la survie au quotidien des familles, qui campent dans la cour du complexe médical al-Nasser, à Khan Younès.

L’ONU estime que 1,9 million de personnes, soit près de 85 % de la population, ont dû quitter leur logement.

Nombreux sont ceux cherchant un refuge dans le sud du territoire, alors que le ministère de la Santé local répète qu’il n’y a pas d’infrastructures pour les accueillir.

Par ailleurs, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), moins de la moitié des hôpitaux de la bande de Gaza fonctionnent, et ce, souvent partiellement.

En dehors de Gaza, les craintes d’un embrasement régional grandissent, avec des attaques dans la région de groupes armés soutenant le Hamas.

Un homme est mort dimanche dans le nord d’Israël, tué par un missile antichar tiré depuis le Liban sur une maison dans un village frontalier, selon les services médicaux d’urgence et l’armée israéliens. Le Hezbollah a dit de son côté avoir mené six attaques sur le sol israélien.

L’armée israélienne avait dit plus tôt avoir tué dans la nuit « trois terroristes » qui s’étaient infiltrés en Israël depuis le sud du Liban, selon un bilan revu à la baisse. 

Les échanges de tirs entre le Hezbollah et les forces israéliennes sont quasi quotidiens depuis le 7 octobre.

Les tensions se sont aussi accentuées en mer Rouge après de nouvelles frappes contre les Houthis, des rebelles yéménites soutenus par l’Iran qui multiplient les attaques contre des navires qui seraient liés à Israël, en solidarité avec les Palestiniens.

Les États-Unis ont déclaré que leurs forces avaient atteint un « site radar au Yémen » après que des sites des rebelles ont été touchés par des frappes américaines et britanniques.

En Cisjordanie occupée, où les violences connaissent un regain depuis le 7 octobre, l’armée israélienne a fait état de l’arrestation, pour « incitation au terrorisme », de deux soeurs du numéro deux du Hamas, Saleh al-Arouri, tué le 2 janvier au Liban dans une attaque de drone attribuée à l’armée israélienne.

Mobilisation sur la « place des otages »

En Israël, familles et proches d’otages poursuivent leur mobilisation pour obtenir le retour de leurs proches, tentant de faire pression sur le gouvernement.

Des centaines de milliers de personnes ont observé dans la matinée une grève de 100 minutes pour marquer les 100 jours de détention des otages, a annoncé la grande centrale syndicale Histadrout. 

« Nous sommes ici pour rappeler au monde entier que 136 hommes et femmes brutalement enlevées sont encore en captivité […] à Gaza, dans des tunnels et des caves », a déclaré son chef Arnon Bar-David, lors d’un rassemblement à Tel-Aviv. 

Des dizaines de personnes se sont réunies sur une place rebaptisée « place des otages », certaines portant des ballons jaunes, couleur devenue symbole des captifs, d’autres des pancartes avec leurs photos. 

Des concerts commencés samedi soir se sont poursuivis dimanche. 

Bashir al-Zayadna, 27 ans, dont l’oncle et le cousin, Youssef et Hamza al-Zayadna, 53 et 22 ans, sont otages dit n’espérer qu’une chose : pouvoir serrer ses proches dans ses bras et « leur dire que tout est fini ».

Dimanche au Caire, les ministres des Affaires étrangères égyptien et chinois ont plaidé ensemble pour un cessez-le-feu et la création d’un « État de Palestine ».

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