Au Chili, «la plus grande tragédie» depuis 2010

« La plus grande tragédie » qu’a connue le Chili en plus d’une décennie : les incendies qui ravagent la région de Valparaiso ont fait au moins 99 morts, et ce chiffre « va augmenter de manière significative », a annoncé dimanche le président, Gabriel Boric.

Des quartiers d’habitations entiers dévastés, des voitures calcinées, des dizaines de milliers d’hectares de forêt réduits en cendres… Pour la troisième journée d’affilée, les pompiers continuent de lutter contre des dizaines d’incendies, dans le centre et le sud du pays. 

Une équipe de l’Agence France-Presse (AFP) a pu y voir des quartiers entiers et des voitures carbonisés. Là, des milliers d’habitants ont été bloqués vendredi pendant plusieurs heures alors qu’ils tentaient de fuir en voiture.

« C’est la plus grande tragédie que nous ayons connue depuis le tremblement de terre de 2010 », a déclaré M. Boric, en référence au séisme de magnitude 8,8 qui avait été suivi d’un tsunami, le 27 février 2010, et qui avait fait plus de 500 morts.

Les pompiers combattaient toujours dimanche matin 34 incendies et étaient parvenus à en maîtriser 43, selon le Service national de prévention et de réponse aux catastrophes (SENAPRED).

Lilian Rojas, retraitée de 67 ans, vivait près du jardin botanique dans la station balnéaire de Viña del Mar, l’une des zones les plus touchées. « Il ne reste plus une seule maison ici », dit-elle, au milieu des décombres et des cendres. 

Elle raconte que le feu a surpris tout le monde en quelques minutes. « Je suis sortie dehors pour voir et les gens étaient déjà en train de courir. Je suis sortie de chez moi, j’ai fermé la porte et je suis partie », décrit la retraitée, en montrant sa robe rose : « C’est la seule chose qu’il me reste. »

Rodrigo Pulgar, un chauffeur, a perdu sa maison à El Olivar, sur les collines de Valparaiso.

« C’était un enfer, des explosions. J’ai essayé d’aider mon voisin à éteindre sa voiture, ma maison commençait à brûler derrière. C’était une pluie de cendres », raconte-t-il.

Conditions météo encourageantes 

Les conditions météorologiques des dernières heures semblent plus favorables, a déclaré la ministre de l’Intérieur, Carolina Tohá, en décrivant un phénomène typique de la côte pacifique qui produit beaucoup de nuages, une forte humidité et donc des températures plus basses. 

« Les conditions actuelles sont plus propices à la prise en charge des victimes et à la maîtrise des incendies », a-t-elle ajouté.

L’incendie de Las Tablas, le plus important dans la région de Valparaiso, est, lui, toujours actif, et « couvre un périmètre de 80 km », a indiqué Mme Tohá. 

Dans toute la région, prisée pour ses plages et sa production de vin, 17 brigades de pompiers et 1300 soldats et volontaires civils étaient déployés pour lutter contre les flammes et aider les habitants démunis.

 

« Les ravages de la sécheresse »

Depuis Rome, après la prière de l’Angélus, le pape François a appelé dimanche à prier « pour les morts et les blessés dans les incendies dévastateurs au Chili ». Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a lui annoncé sur X que l’Union européenne était « prête à apporter son aide dans ces moments difficiles », estimant que ces « incendies dévastateurs […] nous rappellent les ravages de la sécheresse et du climat ». 

Depuis mercredi, la température frôle les 40 degrés dans le centre du Chili et la capitale, Santiago. 

Cette canicule résultant du phénomène climatique El Niño touche actuellement le cône Sud de l’Amérique latine, en pleine période estivale, provoquant des incendies de forêt aggravés par le réchauffement climatique. Après le Chili et la Colombie, la vague de chaleur menace dans les prochains jours l’Argentine, le Paraguay et le Brésil.

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