« Backpack Hero », le jeu d’aventure à hauteur de sac à dos

Il faut bien l’avouer, à la lecture de la présentation de Backpack Hero (« Le plus important n’est pas ce que vous transportez, c’est la manière dont vous organisez vos objets dans votre sac ! »), difficile de retenir un petit soupir sarcastique. Vraiment, mettre le rangement de l’inventaire – historiquement la partie la plus rébarbative de tous les jeux d’aventure – au cœur des mécaniques d’un jeu, est-ce une bonne idée ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, en fait, oui. Backpack Hero (sorti le 14 novembre sur Switch et PC) réussit à rendre la gestion d’inventaire amusante, ludique et même satisfaisante voire addictive, y compris pour les joueurs et joueuses qui, comme l’auteur de ces lignes, ont d’ordinaire une approche totalement je-m’en-foutiste du sac qui les accompagne dans leurs aventures.

Lancé à l’assaut d’un donjon, votre personnage va devoir, classiquement, battre des monstres de plus en plus forts, faire des rencontres plus ou moins bénéfiques ou néfastes, engranger de l’expérience et obtenir de nouveaux objets, pour trouver la sortie et rapporter votre précieux butin au village. Un mode « histoire » permet d’utiliser les ressources collectées pour faire revivre et croître votre ville, débloquer de nouveaux objets et personnages, et faire avancer une histoire (résolument sombre, malgré des graphismes naïfs en toile de fond).

Pour progresser dans ces souterrains, vous ne pouvez logiquement utiliser que les armes, armures et objets qui sont dans votre inventaire, et la place dans ce dernier est très contrainte : les emplacements supplémentaires se débloquent lentement et il faudra souvent faire des choix tactiques et stratégiques déchirants.

Ranger, mais pas trop

Backpack Hero a la bonne idée de ne pas insister trop lourdement sur le rangement à proprement parler. Certes, de nombreux objets vous forcent à bien réfléchir à l’agencement de votre sac pour en tirer le meilleur parti, mais il n’est pas nécessaire de tout chambouler en permanence. Les choix les plus importants portent surtout sur la stratégie globale à adopter : une approche très défensive avec armures et boucliers ? Tout miser sur un objet rare et puissant qu’on a eu la chance de trouver en début d’aventure ? Construire patiemment un arsenal d’objets magiques qui interagissent entre eux ? Ou miser sur des objets moins puissants mais qui prennent peu de place et vous offriront plus de souplesse ? Si l’on découvre très vite plusieurs archétypes efficaces, la grande variété d’objets (plus de huit cents), de personnages jouables et de défis spéciaux laisse beaucoup de place aux expérimentations amusantes.

Alors certes, parfois, on soupire lorsqu’un nouvel objet très puissant oblige à revoir toute l’organisation de son sac. On râle quand on découvre qu’un trésor rare prend non pas un, ni deux, mais quatre emplacements et qu’il va falloir choisir entre l’abandonner ou se passer d’une armure qui serait bien utile pour le reste de l’aventure. On maudit les créateurs d’avoir conçu un système d’arcs et de flèches qui oblige à garder inoccupées tant de cases de son sac. On irait presque chercher une solution en ouvrant au hasard L’Art du rangement, de Marie Kondo, en se demandant si oui ou non cette épée vorpale + deux dégâts de poison nous procure de la joie. Et puis on fait son choix, on réorganise son sac, et on se lance à l’assaut du prochain couloir sombre où un monstre guette. Avec un peu de chance, ledit monstre détient une épée magique + quatre dégâts de brûlure…

L’avis de Pixels

On a aimé :

  • une mécanique centrale étonnamment efficace ;
  • une grande variété qui pousse à l’expérimentation et offre une longue durée de vie.

On a moins aimé :

  • un monde en surface passablement moche et à l’intérêt discutable ;
  • des objets et reliques qui ne sont utiles que si on a la chance de trouver leur bon complément.

C’est plutôt pour vous si :

  • l’inventaire parfaitement classé de votre personnage de Skyrim est votre plus grande fierté ;
  • le fait que Link puisse transporter autant de nourriture qu’il le souhaite sans pénalité vous a rendu dingue dans les derniers Zelda ;
  • vous avez adoré Slay the Spire et autres jeux de deckbuilding roguelike (de cartes, quoi).

Ce n’est plutôt pas pour vous si :

  • vous débordez systématiquement de 4 kilos quand votre valise est pesée à l’aéroport ;
  • vous avez du mal à faire des choix ;
  • vous êtes gestionnaire de stocks et vous cherchez un jeu qui vous change les idées en sortant du boulot.

La note de Pixels :

Quatre briques, un bouclier, trois potions et deux épées sur douze emplacements.

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