Beer Factory – Test de Beer Factory – Séparer le bon grain de l’ivraie

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Quel Belge n’a jamais envisagé, au cours de sa vie, de se lancer dans la création d’une micro-brasserie ? C’est un peu une tradition nationale, après tout. Beer Factory peut nous donner un petit aperçu, à la manière américaine, de ce que cela implique de se lancer dans la production de bière.

Beer Factory se présente comme un jeu de gestion/simulation d’entreprise de fabrication de bière. Conçu par AKEL et édité par Creative Forge Games, connus pour leur expertise dans ce genre de jeux. L’expression “spécialistes du genre” est utilisée ici, car ils éditent une variété de jeux sur différents thèmes, plutôt que de se concentrer strictement sur la sélection des meilleurs dans un genre qui reste, il faut l’admettre, de niche et très spécialisé.

Beer Factory fait partie de ces jeux offrant une expérience de vie centrée sur un thème très spécifique, en l’occurrence, la fabrication de bière. Le jeu débute quand le joueur devenant le nouveau gestionnaire de l’entreprise, le tout étant joué à la première personne.

On se retrouve dans des locaux a priori abandonnés, qu’il faut ouvrir avec une simple petite clé. À l’intérieur, tout est en place pour démarrer : ordinateur, machine à café, distributeur de boissons et d’en-cas… Pour des locaux abandonnés, c’est étonnamment bien équipé. On commence alors par les tâches de base pour se lancer dans la production de bière, en commençant par… passer la serpillère. Logique, en soi, mais cela annonce que le jeu penche davantage vers la simulation que la gestion. Cependant, avant de commencer quoi que ce soit, il faut remettre un fusible en place pour rétablir l’électricité et prendre un café. Le café donne la possibilité à votre personnage de courir pendant un temps limité. Et croyez-moi, vous allez en consommer du café, car il y a beaucoup de courses à faire.

En résumé, les premières dizaines de minutes du jeu décrivent le moule dans lequel tout le jeu est conçu. Il est possible d’embaucher du personnel pour automatiser certaines activités, mais l’IA est loin d’être brillante. On peut assigner des employés à l’entrée ou à la sortie des machines, mais pas aux deux en même temps. Vous pouvez leur demander de s’occuper d’un poste ou de nettoyer l’usine (c’est-à-dire, simplement jeter les poubelles, pas passer la serpillère, cela restera votre privilège…), mais leur demander de déplacer des marchandises en rayon ou sur un rangement spécifique est hors de question. Cela reste votre tâche personnelle. C’est là que le bât blesse : s’il s’agit clairement plus d’une simulation que d’un jeu de gestion, ça devient très vite redondant. Effectuer des allers-retours d’un point à l’autre de l’usine, mal agencée de surcroît, juste pour que tout “tourne”, perd de son intérêt au fil du temps.

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Lors des commandes d’articles, il faut parfois utiliser le transpalette à main, décharger directement du camion ou encore utiliser le transpalette électrique, sans cohérence apparente ; il faut simplement choisir la bonne méthode au bon moment. Par exemple : une palette d’orge ? On utilise le transpalette. Une palette de barres d’établi ? Eh bien, c’est à la main.

Après toutes ces péripéties, on peut enfin brasser notre première bière. Pour ce faire, on retourne à l’ordinateur pour composer la recette de brassage : quantités en pourcentage de malt/d’orge, etc. On crée une étiquette et on programme la recette. On commande de l’eau à la société des eaux, qui viendra la livrer (en plaçant soi-même le tuyau dans la vanne, quand ce n’est pas buggé). Un conseil avisé : suivre le tutoriel à la lettre, car toute entorse bloque la partie, vous privant de l’interaction avec certains objets.

Ensuite, on a un immense sous-sol où placer tout notre équipement à terme. Pour l’instant, il faut y installer notre première machine de production. C’est là que la gestion commence à poser problème : bien que le menu d’achat, construction, etc. soit accessible via l’ordinateur dans le bureau, certains éléments ne sont pas disponibles à l’achat sur l’ordinateur. Et pourtant, le tutoriel demande d’acheter un élément spécifique… et on chercher, on cherche… jusqu’à comprendre que, surprise : il faut activer votre boîte à outils (si vous aviez arrêté et repris une partie, il faudra penser à la reprendre dans l’établi, sinon vous chercherez longtemps), appuyer sur TAB, ce qui ouvre un autre menu ou se trouve un sous-menu d’achat avec d’autres éléments… complètement déconcertant et contre-intuitif. L’accès à votre machine en question est également bloqué tant que vous n’avez pas passé la souris sur un des carrés d’action à côté, qui ne sont visibles que lorsque votre boîte à outils est équipée. Cela vous permet (oblige), par exemple, de placer un escalier pour atteindre le haut de la cuve. Toutes ces étapes doivent être déduites par vous-même, car le “tutoriel” n’explique absolument rien.

L'idée du siècle : lancer une bombonne de gaz sur un clochard

Un détail amusant (mais seulement la première fois) : un squatteur apparaît dans l’usine. Il s’appelle Francis, sans-abri/ninja de son état. Ninja parce que pour le chasser, il faut lui lancer des objets (souvent des poubelles), mais il est doué pour les esquiver et peut disparaître dans un nuage de fumée pour réapparaître à la seconde de l’autre côté de votre usine. Un véritable ninja ! C’est amusant… la première fois. Mais régulièrement, vous entendez un “I’M BAAAACCCCCKKKK” et il faut recommencer la manœuvre… et quand on est concentré sur des tâches importantes, on se fiche un peu de chasser le sans-abri qui revient squatter… et ce ne sont pas vos ouvriers qui se tournent les pouces qui vont le chasser.

Pour couronner le tout : le jeu est truffé de bugs de tous les côtés : pathfinding, collisions, visuels, maniement, outils. Des situations loufoques surviennent constamment dans le jeu.

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En résumé, un jeu qui suscite des rires parce qu’il est simplement… mauvais. J’ai l’impression d’incarner le héros de l’anime Shangri-la Frontier, dont l’objectif est de terminer les bouses, les jeux buggés jusqu’à la lie. C’est exactement ça. Le jeu n’est clairement pas terminé et aurait nécessité beaucoup plus de travail pour être publié dans un état convenable. Dans ce genre de jeux, il existe clairement de meilleures options. Son seul attrait, en fin de compte, réside peut-être dans sa thématique. C’est pourquoi je l’ai essayé.

 

– Jeu testé par Seiei avec une version fournie par l’éditeur.

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