Boire mieux à Noël avec Monsieur Cocktail

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Allez, avouons-le : le temps des Fêtes, c’est traditionnellement aussi celui où l’alcool coule à flots. Le party de Noël en compagnie des collègues, les repas à rallonge avec la famille, les potlucks entre amis, la petite crème de menthe de mononcle Jean en visite : tout est sujet à lever le coude. Cette réalité, paradoxale avec celle des boissons sans alcool de plus en plus en vogue, vous déchire-t-elle ? Alors, l’approche équilibrée et créative du populaire Patrice Plante, alias Monsieur Cocktail, devrait vous plaire. Tout comme découvrir d’autres facettes de cet attachant mixologue, cuisinier, entrepreneur et père de famille.

Patrice, que représentent les Fêtes pour vous ?

Je n’aurais sans doute pas dit ça dans la vingtaine, mais je pense que maintenant, les Fêtes sont pour moi synonymes de reconnexion. C’est une pause obligée qui devrait être prise plus souvent, car elle nous permet de rompre avec notre rythme de vie effréné pour prendre du temps pour soi, ainsi que du temps pour voir ceux que l’on aime. Par le passé, j’aurais aussi dit que cette période était bien arrosée… mais ce n’est plus le cas ! Me voilà sorti du placard avec mon dernier livre destiné aux cocktails légers en alcool ou sans alcool.

Quelle vision de l’alcool y présentez-vous, justement ?

Celle que j’ai moi-même adoptée depuis qu’on m’a diagnostiqué de l’hypertension et que j’ai été amené à repenser ma consommation. Contrairement à d’autres, je n’ai jamais souffert de dépendance à l’alcool, mais mon métier exigeait que j’en teste beaucoup. Pour la production de mon livre comme dans ma vie, je me suis donc posé cette grosse question : pourquoi aime-t-on l’alcool ? Certainement pour son goût ainsi que pour la sensation de chaleur qu’il apporte. J’y ajouterais la variété et la créativité dont il fait l’objet. Mais boire de l’alcool, ça veut aussi dire des soirées moins longues, un sommeil agité et des gueules de bois le lendemain, sans oublier les effets délétères sur sa santé et son entourage. Entre boire trop ou ne pas boire du tout, j’ai donc opté pour une troisième voie, boire mieux. Ce n’est effectivement pas parce que l’on consomme de l’alcool qu’on ne peut pas le faire de manière équilibrée. On peut notamment en retrouver le goût et la complexité avec des recettes qui en contiennent juste moins. Comme quand on a un Paris-Brest devant soi et que plutôt que de le manger au complet, on n’en prend qu’une part.

Comment s’est concrètement traduite cette réflexion dans des verres ?

En faisant beaucoup de tests ! Depuis 2021, j’en ai fait des tonnes dans ma cuisine pour créer des cocktails faibles en alcool ou sans alcool qui posséderaient la même complexité de goût, le même panache et la même attention aux détails que les traditionnels. Des choses qui se boiraient socialement et ne seraient pas de simples boissons gazeuses. Avec les lunettes d’un enfant, je me suis donc amusé avec les multiples bases légères en alcool ou sans alcool autour de nous pour en faire des concoctions liquides savoureuses et le fun. 180 recettes (et 300 pages) plus tard, je pense avoir relevé le défi. Je suis maintenant en mesure de préparer un dry martini avec trois fois moins d’alcool que l’original, ainsi que des cocktails à base de vin, de cidre ou de xérès. J’en ai même créé un (Feu de camp) sans alcool à base de thé lapsang souchong et de moutarde à l’ancienne. Et je vous jure qu’il fonctionne très bien !

Au-delà de bons cocktails, est-ce que vos Fêtes se conjuguent avec de bons repas ?

Bien sûr ! Comme j’ai été cuisinier avant d’être mixologue — Patrice Plante a étudié la cuisine à l’École hôtelière de la Capitale et a été à la barre du restaurant Tripes & Caviar, fermé depuis —, j’adore être derrière les fourneaux, c’est un vrai exutoire pour moi. Chez nous, c’est donc moi qui cuisine tous les soirs, ainsi que les dimanches après-midi pour avoir des préparations d’avance. Je suis bien équipé et fais plein de choses maison, comme des potages, des fonds, des sauces, des pâtes, du dashi et même mon pain au levain, que nous surnommons affectueusement Bob avec ma conjointe, ha ha !

J’adore aussi recevoir. Tellement, d’ailleurs, que c’est moi qui prépare mon repas d’anniversaire chaque année ! Pour les Fêtes, les 24 et 25 décembre, je ne fais rien, car nous allons chez mes parents et mes beaux-parents. Mais par la suite, je reçois souvent des amis pour quelques jours et, là, je m’éclate en cuisine même si je dois faire du ménage pendant deux semaines après leur départ. Je prépare toutes sortes de choses à ce moment-là, dont quatre plats incontournables : la traditionnelle tourtière du Lac, dont la recette me vient de mon ex-belle-mère ; mon pain-sandwich, qui, lui, n’a rien de traditionnel puisqu’il est fait d’un appareil de jambon braisé à la bière et à la sauce BBQ, d’un autre d’oeufs mêlés à des amandes et d’un troisième de poulet confit aux olives, en plus d’un nappage de guacamole ; du Bo ssam coréen (de l’échine de porc glacée) que j’accompagne de tortillas, de kimchi, de laitue et de plusieurs sauces pour que tout le monde se serve ; et, enfin, ma création La tartinade, c’est-à-dire des morceaux de baguette beurrés et grillés sur lesquels je peux étendre soit de la salade de maïs fumé, soit du tataki de boeuf, des crevettes flambées au pastis et des oeufs mollets, ou encore du poulet frit. Les bons repas ne manquent donc pas de mon côté pendant les Fêtes, c’est garanti !

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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