“Bouleversant”, “éprouvant”… Faut-il voir “La zone d’intérêt”, film sur la Shoah, au cinéma ?

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"Bouleversant", "éprouvant"... Faut-il voir "La zone d'intérêt", film sur la Shoah, au cinéma ?

Réalisé par Jonathan Glazer, “La Zone d’Intérêt”, Grand prix du jury au Festival de Cannes, est sorti au cinéma ce mercredi 31 août 2024. L’avis des critiques.

Au dernier Festival de Cannes, il avait fait une déflagration. La Zone d’intérêt faisait partie, avec Anatomie d’une chute, des favoris de la presse internationale pour remporter la Palme d’or 2023. Le réalisateur Jonathan Glazer a dû se contenter du Grand Prix (deuxième meilleur prix cannois), mais est désormais nommé à cinq reprises aux Oscars pour ce film sur la Shoah. Les spectateurs français peuvent le découvrir à partir de ce mercredi 31 janvier 2024.

La Zone d’intérêt suit le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, déterminé à construire sa maison de rêve avec jardin à quelques mètres seulement du camp d’extermination avec sa femme et leurs enfants. Au casting, les cinéphiles reconnaîtront la sidérante Sandra Hüller (Anatomie d’une chute), mais également l’acteur allemand Christian Friedel (The White Lotus, Le Parfum).

Si le synopsis de La Zone d’intérêt a de quoi surprendre, il s’agit cependant d’un véritable coup de coeur de la presse internationale. Allociné le décrit comme un “film incontournable” qui “raconte la Shoah comme jamais auparavant”, quand Ecran Large parle “d’électrochoc”, “un chef-d’œuvre de viscéralité, de ceux qui restent en vous longtemps après la séance. Un grand film sur l’indicible de la Shoah, et un grand film tout court”.

Dénoncer la banalisation de l’horreur

“Bouleversant” (franceinfo), “terrassant” et “puissant” (La voix du Nord), “un chef-d’œuvre d’une puissance narrative et formelle inouïe qui provoque la sidération” (Le JDD), “sidérant et dérangeant” (L’humanité), “un film immense” (Le Parisien)… Les adjectifs pleuvent pour décrire cette expérience de cinéma où Auschwitz est raconté du point de vue des nazis. 

Dans ce long-métrage, Jonathan Glazer installe un “malaise extrême” (Le Parisien) par ” cet évident contraste entre un cocon familial presque idyllique […] et l’abomination de ce qui se déroule à quelques mètres”. L’objectif : dénoncer la banalisation de l’horreur, avec un parti pris de mise en scène évident : ne pas montrer d’images dérangeantes de ce qui se passe dans les camps, mais le suggérer, à travers des détails et notamment un travail sur le son.

Tous les critiques français ne se sont cependant pas laissé totalement séduire par “les expérimentations formelles” (La Croix), que le média juge d’ailleurs “déplacées dans ce contexte”. Pour Critikat, “L’idée est théoriquement passionnante mais dans les faits pas sans limites”, quand Première juge le film “scolaire”, “contredisant maladroitement sa propre doxa théorique en alignant les effets de sens, de rime et de choc, comme on checke une liste de courses au supermarché”. 

La Zone d’intérêt reste cependant un événement à ne pas manquer cette semaine au cinéma : le film obtient la note de 4/5 sur Allociné de la part de la presse, et de 4,2/5 de la part des spectateurs.

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