CBC/Radio-Canada dit songer à « protéger l’information » des compressions

Après avoir annoncé l’abolition de 800 postes lundi, CBC/Radio-Canada a été interrogée mardi sur l’impact qu’auront ces compressions lors des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Le diffuseur public est demeuré toutefois très vague, suggérant qu’il faisait tout pour en minimiser l’impact sur son contenu d’information — et sur les nouvelles régionales en particulier.

« Nous ne sommes pas en mesure de donner de détails aujourd’hui. Mais on regarde pour protéger le contenu local, on regarde pour protéger l’information », a glissé devant le CRTC la vice-présidente de CBC, Barbara Williams.

Depuis deux semaines, tous les acteurs importants de l’industrie canadienne des médias sont invités à témoigner devant le CRTC dans le cadre d’une vaste consultation qui vise à établir un nouveau cadre réglementaire incluant désormais les grandes plateformes internationales.

Le hasard a voulu que le passage du diffuseur public ait lieu au lendemain de l’annonce de coupes majeures au sein du diffuseur public. En tout, CBC/Radio-Canada licenciera 600 employés durant la prochaine année, tant dans son réseau français que dans son réseau anglais. Quelque 200 postes vacants ne seront pas non plus pourvus. C’est donc 10 % des effectifs de la société d’État qui seront supprimés, à moins d’un revirement majeur.

La question de l’aide aux médias

Pour le diffuseur public, ces compressions sont la preuve que CBC/Radio-Canada doit avoir droit à l’argent qu’injecteront bientôt les géants du numérique dans l’écosystème médiatique canadien en vertu de la Loi sur les nouvelles en ligne.

Or, tous ne sont pas de cet avis, au Québec en particulier. Le ministre québécois de la Culture, Mathieu Lacombe, croit d’ailleurs que seuls les diffuseurs privés devraient pouvoir toucher les 100 millions de dollars que Google s’est récemment engagé à verser aux médias tous les ans, puisque CBC / Radio-Canada bénéficie d’un financement public que les autres n’ont pas.

« On ne comprend vraiment pas pourquoi on serait exclu d’une contribution [des grandes plateformes]. On a un mandat qui est très clair, qui est souscrit dans la loi. Et donc, comme tous les autres diffuseurs, on devrait accéder à [ces contributions] aussi », a rétorqué mardi Dany Meloul, vice-présidente intérimaire des services français. « Hier était une journée très difficile chez CBC/Radio-Canada. Et si le diffuseur public est dans cette posture actuellement, ça montre [comment il y a urgence d’agir] », a-t-elle soutenu, en faisant référence aux récentes compressions.

Mme Meloul et son homologue de CBC, Barbara Williams, ont témoigné durant plus d’une heure devant le CRTC mardi. Catherine Tait, la numéro un de CBC/Radio-Canada, n’était pas présente.

Vers une contribution obligatoire ?

CBC/Radio-Canada, comme la plupart des diffuseurs canadiens qui se sont présentés devant le CRTC ces deux dernières semaines, plaide pour que l’organisme fédéral impose une contribution aux géants du numérique. Celle-ci serait ensuite redistribuée entre les médias canadiens par le biais d’un fonds.

Netflix et Spotify, entre autres, ont tenté de dissuader le CRTC la semaine dernière d’aller de l’avant avec une telle mesure. Le géant Netflix a ainsi suggéré qu’une contribution forcée pourrait le dissuader de produire du contenu canadien. Quant à la plateforme musicale Spotify, elle a évoqué une augmentation des coûts d’abonnement si le CRTC adoptait cette approche.

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