Ces ministres sur un siège éjectable en cas de remaniement

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Ces ministres sur un siège éjectable en cas de remaniement

Opposés à la loi immigration, désavoués par le chef de l’Etat ou encore suspendus à une décision de justice, ces ministres pourraient bientôt quitter le gouvernement.

Qui sont les ministres qui pourraient quitter le gouvernement en ce début d’année ? Les rumeurs sur un remaniement ministériel vont bon train. Le mois de décembre a mis l’exécutif à rude épreuve, avec le passage à l’Assemblée d’une loi immigration durcie, mais aussi la polémique autour de l’acteur Gérard Depardieu qui a divisé les troupes. Plusieurs membres du gouvernement sortent fragilisés de cette tourmente, quand ils n’ont pas eux-mêmes exprimé leur envie de partir.

 La première interrogation concerne nulle autre que la Première ministre elle-même. Remerciée “tout particulièrement” par le chef de l’Etat dans son allocution de fin d’année, Elisabeth Borne reste dans l’incertitude. La tempête politique causée par le passage de la loi immigration au Parlement n’a été que le dernier épisode d’une année impitoyable pour la courbe de popularité de la cheffe du gouvernement, qui a enclenché une vingtaine de 49.3 depuis le début de son mandat. Emmanuel Macron lui renouvelera-t-il sa confiance ? Rien n’est sûr.

Beaune, Vergriete, Retailleau… les opposants à la loi immigration

Le doute plane également sur plusieurs ministres de l’aile gauche du gouvernement qui ont exprimé leur désaccord avec le texte de loi immigration. Selon Le Figaro, le ministre des Transports Clément Beaune, le ministre délégué au Logement Patrice Vergriete, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Sylvie Retailleau et l’ex ministre de la Santé Aurélien Rousseau avaient menacé de démissionner si un texte de loi immigration trop dur était voté. A la suite du vote de l’Assemblée, Aurélien Rousseau a bien donné sa démission et quitté son ministère. 

Quel avenir pour les trois autres ? Sylvie Retailleau a également remis sa démission, mais se l’est vu refuser. Emmanuel Macron l’a convaincue de rester en lui promettant que les mesures les plus dures prévues par la loi immigration, notamment la caution obligatoire pour les étudiants étrangers, ne seraient pas appliquées. Pour les deux autres, la situation est plus complexe. L’initiative de Clément Beaune d’organiser un dîner entre ministres opposés au texte de loi avait notamment fait grincer des dents en macronie.

Agnès Firmin Le Bodo renouvelée à la Santé ?

L’avenir de celle qui a remplacé Aurélien Rousseau après sa démission est également en question. Agnès Firmin Le Bodo a été promue le 20 décembre au poste de ministre de la Santé par intérim. Depuis, Médiapart a dévoilé qu’elle faisait l’objet d’une enquête  dans le “cadre de sa fonction de pharmacienne”, car elle aurait “reçu des cadeaux sans les déclarer” de la part du laboratoire Urgo. Emmanuel Macron fera-t-il valoir la présomption d’innocence ou profitera-t-il de son statut de ministre “par intérim” pour écarter le problème en la remplaçant ?

Rima Abdul Mulak, désavouée par Macron

Rima Abdul Malak semble également sur la sellette depuis sa déconvenue avec Emmanuel Macron au sujet de l’affaire Depardieu. Le 15 décembre, la ministre de la Culture s’était dite “dégoûtée” par les images du “Complément D’enquête” sur l’acteur accusé de viols. Elle avait annoncé l’ouverture d’une procédure disciplinaire pour statuer sur la suspension de la Légion d’honneur de Depardieu. Quelques jours plus tard, le chef de l’Etat désavouait publiquement sa ministre sur France 5 et exprimait son soutien à l’acteur. Si l’on ajoute que, selon Le Figaro, Rima Abdul Malak a participé au dîner de Clément Beaune avec les opposants à la loi immigration, l’avenir de la ministre de la Culture au gouvernement parait plus qu’incertain.

Dussopt, en attente du verdict de son procès

Un dernier élément pourrait quitter le gouvernement dans les prochaines semaines : le ministre du Travail, Olivier Dussopt. Si ce dernier est resté loyal à l’exécutif quand d’autres ne l’étaient pas, son sort est suspendu à la décision du tribunal correctionnel de Paris le concernant. Le ministre a été l’objet d’un procès en novembre pour des soupçons de “favoritisme” dans l’attribution d’un marché public en 2009, alors qu’il était député-maire d’Annonay (Ardèche). Le verdict est attendu le 17 janvier. S’il était condamné, Olivier Dussopt devrait démissionner de ses fonctions.

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