«C’est inacceptable», déplore le Front commun face à l’inaction du gouvernement

Les syndicats du Front commun (CSN-FTQ-CSQ-APTS), en grève jusqu’à jeudi, accusent à leur tour le gouvernement de manquer de « flexibilité », déplorant son absence aux tables de négociation sectorielles en fin de semaine. Ils ont réitéré dimanche leur menace de déclencher une grève générale illimitée si une entente de principe n’est pas conclue avant le 19 décembre.

« Tout le monde s’entend pour dire que c’est une grève historique. C’est la plus longue grève, sept jours consécutifs, pour un front commun dans les 50 dernières années. Malgré ça, aucun sentiment d’urgence [du côté] patronal. […] La majorité des tables de négociation ne négocient pas ce week-end : c’est inacceptable », a déclaré Maxime Sainte-Marie, président du Conseil provincial des affaires sociales du Syndicat canadien de la fonction publique (CPAS-SCFP-FTQ), en point de presse.

Précisons que les tables sectorielles permettent de négocier les conditions de travail, tandis que le salaire et les assurances collectives sont débattus à la table « centrale ». Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), se dit confiant qu’une entente de principe puisse adoptée d’ici le 19 décembre, « du moment [que le gouvernement] y met l’effort et les heures » sur ces deux fronts.

« Présentement, la négociation se fait sur la place publique. On doit être capable de se parler aux bons forums. […] Le premier ministre fait de l’interférence. Il dit toutes sortes de choses […] qui ne se reflètent pas à la table de négociations », a ajouté M. Leclerc.

Vendredi, le Front commun, qui représente 420 000 membres, a entamé sa troisième séquence de débrayage depuis novembre. L’alliance intersyndicale a déposé une contre-offre, mais a donné peu de détails sur sa proposition, hormis le fait qu’elle serait ouverte à prolonger la convention collective à cinq ans plutôt que trois.

« On divise nos membres »

« L’offre présentée par le gouvernement correspond à la même forme de rémunération que ce qu’on a actuellement, mais légèrement modifiée, soutient Isabelle Duhaine, présidente de la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ). Concrètement, la plupart de nos membres auront quelques dollars de plus à chacun des quarts travaillés. Pour les temps partiels, les primes pourraient diminuer. Encore une fois, on divise nos membres. »

La Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) reprochent notamment au gouvernement de vouloir offrir des hausses salariales différentes en fonction des catégories d’emploi et des régions, et d’accorder plus de pouvoirs aux gestionnaires.

Sur la question des salaires, l’écart entre les propositions des parties gouvernementale et syndicale demeure important, tandis que la dernière offre du gouvernement se chiffre à 12,7 % sur cinq ans, et que la demande initiale du Front commun incluait 9 % d’augmentation, en plus d’une hausse liée à l’indice des prix à la consommation, pour un total d’environ 23 % sur trois ans.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui a présenté une contre-offre vendredi, sera aussi en grève cette semaine, de lundi à jeudi. Le personnel professionnel de dix cégeps du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec débraiera aussi, de mercredi à vendredi. Rappelons que les enseignants affiliés à la Fédération autonome de l’enseignement sont en grève générale illimitée depuis le 23 novembre.

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