Cet animal détesté a frôlé l’extinction, il apporte aujourd’hui une solution à la sécheresse et bien plus encore

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Cet animal détesté a frôlé l'extinction, il apporte aujourd'hui une solution à la sécheresse et bien plus encore

Décrié, abattu pour sa fourrure et menacé, cet animal est aujourd’hui un atout incroyable contre la sécheresse et pour l’agriculture.

S’il apparaît aujourd’hui comme essentiel aux écosystèmes, cet animal n’a pas toujours fait bon ménage avec l’homme, bien au contraire. L’espèce a même failli disparaître, aux Etats-Unis, à force d’être victime du piégeage et du commerce de fourrure lucratif qui en découlait. Pendant des décennies, il a été abattu, empoisonné et les mères ont même été dynamitées. Tout cela dans un seul but : éradiquer l’espèce de son territoire d’origine et éviter qu’elle touche aux terres des agriculteurs.

Cet animal, un temps menacé de disparition et aujourd’hui qualifié de “pompier de la nature”, c’est le castor. “Depuis les années 1950 jusqu’à cette année, les castors ont été répertoriés comme prédateurs dans l’Oregon”, explique en effet Jeff Baldwin, professeur de géographie à l’université de Sonoma en Californie, qui a publié de nombreuses études sur le sujet. En clair, dans l’Oregon, “si un animal est un prédateur, vous pouvez le tuer”, a-t-il résumé dans les colonnes de la BBC. Mais tout a changé. Un projet de loi “croyant au castor” a été adopté dans l’Oregon en 2023, modifiant le statut des rongeurs : il est désormais interdit de les tuer sans permis. Un projet vu d’un très mauvais oeil par les agriculteurs locaux, au départ.

Autrefois compris entre 100 et 200 millions, les castors ont vu leur population dans le monde dégringoler à moins de 100 000 au XXe siècle. L’extinction semblait inéluctable. Mais à force de combats des ONG, les agences gouvernementales commencent à porter un regard nouveau, au même titre que le public. “Il y a beaucoup d’idées fausses à propos des castors, mais cela commence à changer”, se réjouit Peggy Darr, qui dirige un programme à but non lucratif sur la réintroduction des castors au Nouveau-Mexique. Dans l’opinion publique, par exemple, le castor s’attaque à n’importe quel type d’arbre, une information totalement fausse. 

En réalité, les castors sont essentiels aux écosystèmes, partout dans le monde. Leurs constructions de barrages permettent d’irriguer des paysages desséchés, de réguler le débit de l’eau, mais aussi de garder les incendies sous contrôle. Les castors créent des étangs profonds en construisant des barrages, mais ils creusent également de longs et minces canaux qui répandent progressivement l’eau dans les paysages. Le lent écoulement de l’eau laisse le temps au sol de l’absorber, ce qui favorise à la fois la croissance des plantes et l’épanouissement de la faune, mais agit également comme coupe-feu lorsque le sol est humide. De plus, les castors des zones humides fournissent un habitat à d’autres animaux comme les loutres, les tortues ou les poissons. En somme, un formidable allié pour l’agriculture face à la sécheresse.

L’écohydrologue Emily Fairfax étudie justement la manière dont l’eau interagit avec l’écosystème environnant. Elle a notamment examiné des photos aériennes d’Etats occidentaux où se sont produits d’importants incendies de forêt et sécheresses. Au milieu du chaos, des taches vertes étaient visibles. Il s’agissait de zones entourées de barrages de castors. Aujourd’hui, les castors sont protégés en France et dans de nombreux pays européens. La population des castors est estimée à 20 millions d’individus dans le monde.

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