Christophe Lambert : pourquoi il a dit non à Luc Besson pour Le Grand Bleu

Avant de choisir Jean-Marc Barr pour son film sur la plongée à revoir ce soir sur Arte, le réalisateur avait proposé le rôle de Jacques Maillol à la star de Greystoke.

Il est sans conteste l’un des plus grands paradoxes du cinéma français. A l’instar d’un Nicolas Cage, Christophe Lambert a alterné en trente ans de carrière des chefs-d’œuvre (Greystoke, la légende de Tarzan), des films cultes (Highlander, Subway), des ovnis qui ont leurs fans (Southland Tales, de Richard Kelly) et des fours monumentaux aussi bien artistiques qu’économiques (Mortal Kombat, Vercingétorix).

Fataliste sur ses tops et ses flops – “C’est le jeu d’une carrière et d’une vie. Les succès sont faciles à gérer, mais il faut savoir se relever des échecs” -, la star qui a tourné avec certains des plus grands cinéastes contemporains – dont Michael Cimino pour Le Sicilien – dégage cette allure détendue et insubmersible ô combien reposante. Tel un sage qui en a vu de toutes les couleurs, il est conscient que sa carrière a été riche en événements, bons ou fâcheux. Il y a dix ans, il revenait avec recul sur sa filmographie dans les pages de Télé Poche.

On y apprenait alors qu’il a refusé le rôle de Jacques Maillol (finalement tenu par Jean-Marc Barr) dans Le Grand Bleu. Après avoir reçu le César du meilleur acteur pour son rôle du peroxydé Fred dans Subway (1985) de Luc Besson, le réalisateur avait effectivement jeté son dévolu sur Christophe Lambert en premier choix pour incarner le plongeur en apnée de son film suivant. Mais celui-ci lui a répondu non.

“J’en ai beaucoup parlé avec Besson, confiait le comédien dans les pages de l’hebdomadaire, mais je ne voulais surtout pas être le mec qui fait un film avec des singes, puis des dauphins… et pourquoi pas des vaches ensuite. Je serais devenu l’acteur des animaux.”


En 1988, Le Grand Bleu était en une de Première : “La star de Cannes est un dauphin”

On ne sait pas si Jean-Jacques Annaud lui avait aussi proposé un rôle dans L’Ours, mais ce qui est sûr, c’est que Christophe est passé, avec ce refus, à côté d’un film qui a réuni près de 10 millions de spectateurs en 1988. En 2020, il assumait cependant ce choix dans les pages de Première, expliquant qu’il ne regrettait rien.

“Je ne voulais pas, après Greystoke, être cet acteur qui jouait avec les animaux. Peut-être que j’aurais accepté cinq ans plus tard. Pour Tenue de soirée (dont il devait initialement tenir le rôle de Michel Blanc, ndlr), je ne trouvais pas que le rôle était pour moi – et ce n’était pas pour une question d’image, sinon je n’aurais pas fait Le Sicilien et Le Complot. Quant au rôle dans Cyrano de Bergerac (celui de Christian de Neuvillette), ma réponse va vous surprendre : je ne pouvais pas accepter d’incarner un personnage qui triche pour acheter l’amour d’une femme. Comme je ne joue pas les personnages mais que je les deviens, je me serais senti très mal dans la peau de Christian, coupable de la pire tricherie à mes yeux.”

Voici la bande-annonce du Grand bleu, rediffusé ce soir sur Arte :


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