Cinq dossiers environnementaux à suivre en 2024


Ce texte est tiré du Courrier de la planète. Pour vous abonner, cliquer ici.

Après une année 2023 considérée comme la plus chaude de l’histoire de l’humanité, et alors que s’amorce une année au cours de laquelle aura lieu la prochaine conférence mondiale sur la biodiversité, Le Devoir vous présente cinq dossiers à surveiller en environnement dans les mois à venir.

Plafonner les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie des énergies fossiles

Le gouvernement Trudeau a dévoilé en décembre les détails du système national de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre qui doit, selon Ottawa, permettre de réduire les émissions du secteur des énergies fossiles, qui sont toujours en hausse. Le projet final de règlement sur ce plafond devrait être publié au courant de 2024. Une fois que le règlement sera rendu public, on prévoit qu’il sera adopté en 2025, mais le plafond d’émissions ne sera pas en vigueur avant 2030. Le projet des libéraux se heurte toutefois à une vive opposition de l’Alberta et du Parti conservateur du Canada. Ce dernier s’y est opposé en affirmant que le plafond constitue une « attaque » contre les travailleurs canadiens et l’industrie la plus polluante au pays.

Une stratégie de protection du caribou forestier en 2024

Après un nouveau report, le gouvernement Legault doit présenter cette année sa « stratégie » de protection du caribou forestier, une espèce dont la survie est en péril et dont l’habitat est plus que jamais menacé par l’industrie forestière. D’ailleurs, selon une étude scientifique internationale publiée récemment, 11 des 13 populations de caribous de la province sont sur la voie du déclin en raison de la destruction des vieilles forêts boréales qui existent encore au Québec. Les scientifiques soulignent aussi que la préservation des zones forestières favorise la survie de plusieurs autres espèces fauniques, en plus de constituer des puits de carbone importants pour la lutte contre la crise climatique. Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a promis de présenter un document qui sera soumis à des consultations dès le début de l’année.

Réforme de la Loi sur les mines du Québec

Le Québec est plus que jamais confronté à une croissance rapide du nombre de permis d’exploration minière. À la fin de l’année dernière, on comptait pas moins de 347 955 permis d’exploration minière. C’est 83 382 permis de plus qu’au 1er janvier 2023. La superficie du territoire québécois couverte par des claims miniers dépasse désormais les 176 000 km2, soit plus de 10 % du Québec, ou encore 400 fois la superficie de l’île de Montréal. Et toutes les régions de la province sont ciblées. Cette situation inquiète des groupes citoyens et des municipalités, qui se disent impuissants face aux droits accordés à l’industrie, qui peut notamment bloquer des projets de protection du territoire. Cet enjeu devrait d’ailleurs être au coeur du débat sur la réforme de la Loi sur les mines promise pour cette année par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina. Elle assure que cette réforme permettra « un développement plus harmonieux de l’activité minière au Québec ».

L’achèvement du pipeline Trans Mountain

La construction du controversé pipeline Trans Mountain doit normalement être terminée cette année, dans un contexte où la facture a explosé au fil des ans. Alors que le coût du nouveau pipeline était estimé à 7,4 milliards de dollars en 2017, la plus récente évaluation fait état d’un projet évalué à plus de 30 milliards de dollars. Cette nouvelle infrastructure d’exportation de pétrole des sables bitumineux, financée par les contribuables canadiens, se heurte toutefois à des retards en raison d’un débat sur le tracé d’une portion du pipeline. En décembre, la société d’État a affirmé que si elle ne peut obtenir les autorisations nécessaires pour modifier cette portion, cela entraînerait des retards « catastrophiques » dans les échéanciers du projet et des milliards de dollars de pertes. Le pétrole acheminé de l’Alberta vers la côte ouest fera bondir le transport maritime de pétrole brut dans l’habitat d’espèces menacées.

Une autre conférence climatique dans un État pétrolier

Après la COP28 tenue à Dubaï, la prochaine conférence climatique des Nations unies, la COP29, se tiendra elle aussi dans un pays très dépendant des énergies fossiles : l’Azerbaïdjan. Le président de la conférence, nommé la semaine dernière, est lui-même issu du secteur pétrolier et gazier. Il s’agit du ministre de l’Écologie et des Ressources naturelles, Mukhtar Babayev. Ce dernier a travaillé de 1994 à 2003 au département des relations économiques extérieures de la SOCAR (State Oil Company of Azerbaijan Republic), avant de changer pour le département du marketing et des opérations économiques, et de devenir vice-président chargé de l’écologie (2007-2010). Lundi, le quotidien britannique The Guardian a aussi révélé que le pays hôte de la COP29 prévoit d’augmenter sa production gazière dans les prochaines années.

À voir en vidéo

You May Also Like

More From Author