Comment survivre au retour au travail après les Fêtes


Il peut être normal, après des vacances prolongées comme celles des Fêtes, d’envisager le retour au travail avec appréhension. Comment éviter le plus possible les émotions négatives liées à la fin de cette pause ? Le Devoir a récolté les conseils de quatre experts en ressources humaines et en psychologie.

Décrocher

Tout d’abord, pour ceux qui sont encore en vacances, essayez de ne pas penser au boulot ! « On souhaite que les gens se déconnectent pendant leurs vacances, car c’est mieux pour leur santé mentale, affirme Annie Boilard, conseillère en ressources humaines agréée (CRHA), présidente du Réseau Annie RH. Ça permet une période de récupération plus riche et ils vont revenir plus engagés au travail. Ça peut rendre le retour plus difficile, mais les batteries vont être rechargées et ils seront plus productifs. »

Reprendre progressivement le rythme

Malgré tout, il n’est pas souhaitable d’attendre la veille du retour à la réalité pour reprendre un rythme de vie qui y est compatible, estime Julie Carignan, psychologue organisationnelle, CRHA et associée au sein de la firme-conseil Humance. « On s’est couché tard, on est resté en pyjama jusqu’à midi. C’est dur physiquement et psychologiquement de devoir se lever plus tôt, de manger à des heures plus fixes, etc. », dit-elle, comparant le phénomène à un décalage horaire.

Le choc sera moins brutal si on s’y prépare progressivement. « Il est aussi utile de remplir le frigo et d’avoir des vêtements propres, pour que ce genre de tâches [les courses et la lessive] ne s’ajoute pas à notre semaine de travail », souligne Mme Carignan.

Rapporter un peu de vacances avec soi

 

« Vous avez vécu de bons moments pendant les vacances ? Vous avez ressenti la magie des Fêtes ? Alors, continuez à avoir ces petites doses de bienveillance envers vous-mêmes », recommande Denis Morin, professeur au Département d’organisation et ressources humaines de l’Université du Québec à Montréal. 

Il peut être tentant de se surcharger pour rattraper le retard pris dans des dossiers et de se mettre de la pression en ce qui concerne la performance, dit l’expert. Mais il ne faut pas s’attendre à être productif dès les premiers jours, croit-il. Il est bon de s’accorder un temps de transition avant de relancer la machine à pleine vapeur. 

« Si on a passé de belles Fêtes, il faut savourer les souvenirs, les garder actifs. Ce sont des ressources essentielles pour affronter les sombres mois de l’hiver », estime pour sa part Estelle M. Morin, psychologue et professeure titulaire au Département de management de HEC Montréal.

Certaines personnes pourraient toutefois avoir vécu des moments difficiles pendant cette période, que ce soit, par exemple, en raison d’une mauvaise nouvelle, de relations familiales difficiles ou d’isolement. Dans ce cas, il est encore plus important d’être clément envers soi-même, pour préserver sa santé mentale.

« Certaines personnes vont se fixer des objectifs très élevés. Mais dans une situation où on est déjà débordé par les émotions et l’inquiétude, on n’est pas obligé d’en faire plus tout le temps », juge Mme Morin.

Denis Morin suggère par ailleurs d’identifier quels sont les éléments qui ont contribué au détachement psychologique à l’égard du travail pendant les vacances, comme les activités sociales et le sport. Pourquoi ne pas les intégrer dans une certaine mesure dans sa routine au travail ?

Julie Carignan abonde dans ce sens. « Ça peut être un choc de s’asseoir à nouveau devant un ordinateur pendant huit heures. Pourquoi ne pas se forcer à aller faire une marche dehors pour s’oxygéner et être en contact avec la lumière ? » demande-t-elle.

Prendre le temps de socialiser

 

Que ce soit en personne ou en ligne, Mme Carignan juge important de prendre des nouvelles de ses collègues au retour des Fêtes. « S’intéresser à eux, se souhaiter bon retour, se reconnecter, aller dîner en équipe… On peut penser que c’est une perte de temps, mais la qualité de nos relations interpersonnelles est importante au travail », dit-elle.

Prioriser, planifier

 

Pour ne pas se sentir submergé par la masse de travail accumulée et projetée, il est pertinent de prévoir un temps de rattrapage et de planification. « On ne peut pas répondre à 40 000 courriels en même temps. Il faut démêler ce qui est urgent de ce qui peut attendre », indique Annie Boilard.

« On y va dossier par dossier, indique Denis Morin. Plus on regarde ça de manière globale, plus on fait de l’anxiété. »

Julie Carignan suggère de découper les mois et les tâches de l’année 2024 en étapes et en « portions plus digestibles » pour éviter de percevoir le tout comme une montagne.

Repartir à neuf

Le début de l’année peut être l’occasion de faire le point sur ses objectifs et attentes professionnels, estime Mme Carignan. « Ça peut être le moment de solliciter une rencontre avec son gestionnaire ou un collègue dont le soutien pourrait être bénéfique dans la création d’un environnement de travail plus propice à notre bien-être », ajoute-t-elle. 

Mme Boilard propose pour sa part de nommer les irritants qui se produisent au travail et de s’ancrer dans une posture collaborative et flexible. Le tout devrait permettre d’affronter le travail dans la douceur et la bonne humeur. 

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