critique attaque Paresse sur Netflix

5 min read

un univers en poké-stop motion

Alors que la saga Pokémon a pratiquement toujours été synonyme de “voyage” (que ce soit dans l’anime ou dans les jeux vidéo), La réceptionniste Pokémon prend une île pour unique décor. Ici, l’héroïne Haru n’est pas censée courir un peu partout pour capturer un Roucool sauvage, mais simplement là pour apprendre à profiter de la vie en prenant soin de ses clients Pokémon. On sent que cette nouvelle série souhaite prendre à contrepied l’ADN de la franchise, afin d’apporter enfin un peu de renouvellement dans une licence qui a déjà été plus que surexploitée.

 

 

Sur le papier, ce postulat est donc plus que bienvenu. Surtout que la série a quelques bonnes idées pour illustrer cette approche plus calme et sereine. La première est évidemment le recours à la stop motion. Ce parti pris rend forcément l’animation moins dynamique, plus saccadée, bien éloignée du pep’s de la série animée principale. Et ce n’est absolument pas un défaut. 

En effet, cette méthode d’animation confère un vrai petit charme à la série. Les personnages, aussi bien les humains que les monstres de poche, ressemblent tous à des jouets tangibles, qui les rendent de suite absolument craquants. Entre les Psykokwak et les Pikachu tout pelucheux, les Gobou en plastique plus rigide, Haru qui ressemble à une adorable Polly Pocket, ou même les paysages qui peuvent rappeler des décors de jeux… Tous ces designs participent à rendre l’ambiance aussi rétro qu’apaisante.

 

La réceptionniste Pokémon : photoCâlinez-les tous !

 

Les fans seront également contents de la manière dont les Pokémon sont représentés. Ils apportent tous un petit humour certes simple, mais dont la mignonnerie fait son effet et provoque le sourire. Cependant, la série s’avère assez limitée en nombre de Pokémon. Déjà, les dernières générations ne sont absolument pas représentées (les monstres les plus récents proviennent de la cinquième), comme si La réceptionniste Pokémon voulait uniquement s’adresser au public nostalgique.

En plus de ça, certains décors paraissent assez vides. L’océan entourant l’île semble très peu peuplé alors qu’habituellement, on voit souvent des Pokémon aquatiques barboter un peu partout dans l’anime principal. On peut donc supposer que l’animation image par image a probablement légèrement bridé les possibilités des animateurs.

 

La réceptionniste Pokémon : photoPas besoin de Repousse dans cet océan

 

un scénario aussi creux qu’un baudrive

La réceptionniste Pokémon présente donc un bon concept ainsi qu’une charmante animation. Malheureusement, pour ce qui est de l’intrigue, le tout manque cruellement d’ambition. En vérité, le fait que l’histoire soit simple n’est pas un souci, c’est même tout l’intérêt de cette nouvelle série. Mais le scénario global (si on peut l’appeler ainsi) manque énormément de consistance et ne raconte finalement pas grand-chose. Durant toute la saison, Haru doit simplement apprendre à se débarrasser de son anxiété et à se détendre. Cet objectif mis à part, la série ne propose aucun réel enjeu. La protagoniste n’a jamais à faire ses preuves puisque la patronne de l’hôtel Pokémon lui fait rapidement confiance.

Ce petit programme ne propose également aucun conflit dans les relations entre personnages. Par exemple, au cours du récit, Haru sympathise avec un Psykokwak. Leur complicité aurait pu se construire progressivement, alors que l’héroïne aurait appris à gagner la confiance du petit canard jaune. Son lien avec le Pokémon aquatique aurait ainsi pu l’aider à devenir une meilleure réceptionniste, en comprenant comment être mieux à l’écoute de ses clients. Mais non, il n’en est rien, puisqu’ils deviennent très rapidement les meilleurs amis du monde.

 

La réceptionniste Pokémon : photoLa patronne dont tout le monde rêve

 

De même, les épisodes sont très étrangement structurés. Certains donnent l’impression de se conclure à des moments un peu aléatoires. L’épisode 1 se termine alors que Haru n’a encore rien accompli de concret et n’a pas encore rencontré Psykokwak (c’est comme si Sacha rencontrait Pikachu à l’épisode 2). Dans une idée similaire, les histoires trouvent parfois leur conclusion sans que Haru ait eu la moindre emprise sur les événements. Par exemple, durant tout l’épisode 3, la jeune réceptionniste tente de récupérer la bouée d’un Magicarpe qui ne sait pas bien nager.

Mais entre-temps, le Magicarpe évolue en Léviator et n’a plus besoin de sa bouée, rendant tous les efforts de notre héroïne parfaitement vains. Ce qui frustre le plus avec cette série, c’est qu’elle compte seulement quatre épisodes, d’une durée d’environ quinze minutes, si on coupe le générique. Le récit n’a donc pas le temps de développer quoi que ce soit. Durant toute la saison, Haru n’a jamais eu vraiment à se battre, que ce soit pour son poste ou dans sa relation avec les autres. Ainsi, lorsqu’on arrive à la fin de l’épisode 4, on a l’impression que rien n’a encore vraiment commencé.

La réceptionniste Pokémon est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 28 décembre 2023

 

La réceptionniste Pokémon : affiche officielle

You May Also Like

More From Author