Cure minceur pour la STM, qui supprime 230 postes

La Société de transport de Montréal (STM) a annoncé jeudi l’abolition de 230 postes ainsi qu’une réduction du budget de biens et services afin de combler un manque à gagner de 36 millions de dollars. L’organisme affirme toutefois que cette cure minceur n’aura pas d’effet sur les services dans son réseau.

Dans son dernier budget, la STM avait pu dégager des économies de 50 millions de dollars en procédant notamment à des optimisations de services. Mais elle était encore aux prises avec un manque à gagner de 46 millions pour 2024. C’est pourquoi, en novembre dernier, elle avait annoncé son intention de supprimer 255 postes, soit environ 5 % de son effectif, afin de générer des économies.

L’abolition des 230 postes annoncée jeudi, qui permet de réduire de 25 millions de dollars la masse salariale, ne compromettra pas les services aux usagers, assure la STM. « Pour nous, la priorité, c’était de garder nos kilométrages bus et métro et notre nombre de déplacements de transport adopté. C’était important », a souligné la directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard, lors d’une mêlée de presse. « Ça se traduira même par un peu plus de kilométrage pour les bus en 2024, un petit peu plus pour le métro et on honorera les demandes de déplacements de transport adapté. »

La STM réduira par ailleurs de 9 millions le budget des biens et services et procédera à un ajustement de 2 millions de son budget d’exploitation spéciale pour certains projets. Pour 2024, les compressions atteignent donc 86 millions, qui s’ajoutent aux réductions budgétaires de 79 millions effectuées en 2022 et 2023.

Des postes vacants non pourvus

Mme Léonard a indiqué que tous les employés touchés par les compressions avaient été rencontrés. Une vingtaine de postes de gestionnaires font partie des 230 postes supprimés. Dans les faits, a précisé Mme Léonard, 70 % des postes abolis étaient déjà vacants, ce qui fait en sorte que ce sont une soixantaine d’employés qui perdent leur poste. Selon elle, cette diminution d’effectifs forcera la STM à « faire les choses différemment ». « Il y aura des conséquences […] en termes de qualité, mais ce sera de courte durée », a-t-elle dit.

« Quand on prend ces décisions-là, ce n’est pas de gaieté de coeur qu’on le fait. Mais nous, on veut être au rendez-vous pour le client », a-t-elle ajouté en reconnaissant que la situation financière de la STM devenait de plus en plus complexe.

En effet, même si les compressions budgétaires effectuées au cours des dernières années sont récurrentes, Marie-Claude Léonard a dit craindre pour l’offre de services dans les prochaines années, d’autant que la STM s’est engagée à générer des réductions de dépenses totalisant 100 millions dans les cinq prochaines années. « Il y a une limite à ce qu’une société de transport peut faire dans la réduction de ses dépenses. C’est faux de penser qu’on pourra s’optimiser pour réduire le déficit métropolitain qui est à la hauteur d’autour de 500 millions », a-t-elle dit.

Rappelons qu’en octobre dernier, les maires de la Communauté métropolitaine de Montréal, parmi lesquels Valérie Plante, de Montréal, Stéphane Boyer, de Laval, et Catherine Fournier, de Longueuil, avaient lancé un appel à la ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, afin que Québec éponge une part plus importante des déficits des sociétés de transport. À l’époque, on évoquait la fermeture du métro à 23 h comme mesure d’économie. La ministre avait rétorqué que le gouvernement du Québec n’entendait pas éponger 75 % des déficits des sociétés de transport, comme le réclamaient les élus municipaux, soulignant que les sociétés de transport devraient resserrer leurs dépenses avant d’envisager des réductions de services.

Québec avait finalement accepté d’éponger 70 % du déficit des sociétés de transport pour 2024, mais avait imposé des audits de performance aux 10 sociétés de transport ainsi qu’à l’Autorité régionale de transport métropolitain.

À voir en vidéo

You May Also Like

More From Author