«D» comme démission pour le scandale à l’Office de consultation publique de Montréal

Nous serons bientôt à court de superlatifs pour décrire la pitoyable ineptie de l’administration Plante-Ollivier dans la gestion du scandale des dépenses excessives à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). Elle mérite un « D », comme dans démission.

Grâce à un travail remarquable du bureau d’enquête du Journal de Montréal et de J.E., à TVA, nous avons appris que la direction passée et présente de l’OCPM n’a aucun respect pour la saine gestion des deniers publics. Sous la présidence de Dominique Ollivier, aujourd’hui présidente du comité exécutif et grande architecte du budget montréalais, et celle de sa successeure, Isabelle Beaulieu, les hauts dirigeants de l’OCPM se sont empiffrés dans le buffet ouvert des fonds publics. Dépenses récurrentes dans les restaurants, achat de matériel informatique sophistiqué (des écouteurs à 900 $ !), voyages à travers le monde pour des missions à l’utilité discutable (le Brésil, pour un panel de 45 minutes !) : la direction de l’OCPM ne se privait pas.

Mme Ollivier s’est défendue d’une manière bien maladroite, en y allant d’une affirmation sibylline. « Ce n’est pas parce que les dépenses sont légales et permises qu’elles sont acceptables. Je regrette particulièrement que certaines dépenses affectent le sentiment de confiance de la population. Je suis la première à dire que les choses doivent changer au sein de l’OCPM », a-t-elle dit.

Présidente de l’OCPM de 2014 à 2021, Mme Ollivier a donné le ton à la culture de dépenses excessives en faisant partie du problème. Quoi de plus naturel que l’orgie se poursuive après son départ, d’autant plus qu’elle avait personnellement retenu les services d’un ancien partenaire d’affaires au passé discutable, Guy Grenier, comme collaborateur à l’OCPM. Celui-ci a été nommé secrétaire général par Mme Beaulieu, en janvier dernier.  Les propos de l’actuelle présidente de l’OCPM ne sont guère plus rassurants. « Je ne pense pas que j’ai gaspillé les fonds publics. J’ai pu faire des erreurs, je ne suis pas parfaite », a dit Mme Beaulieu.

Il n’y a pas qu’un problème de dépenses, mais des problèmes d’éthique, de gouvernance et de promiscuité au sein de cet organisme. Les liens d’amitié et les liens d’affaires entre Dominique Ollivier, Isabelle Beaulieu et Guy Grenier forment la partie la plus troublante de cette histoire.

L’éthique dans la gestion des fonds publics et de saines règles de gouvernance forment le socle sur lequel se bâtit la confiance des citoyens. En raison de leurs actions et de leurs justifications maladroites, Dominique Ollivier, Isabelle Beaulieu et Guy Grenier ont démontré qu’ils ne comprenaient pas ou qu’ils banalisaient l’importance de ces questions. Même s’ils n’ont rien fait d’illégal, ils sont indignes de notre confiance et ils devraient démissionner.

Et la mairesse dans tout ça ? Dans ce dossier comme tant d’autres depuis quelques mois, elle n’est pas à la hauteur des attentes placées en elle. Mme Plante défend bec et ongles Dominique Ollivier, en faisant porter la plus grande part de blâme sur Mme Beaulieu. Elle pousse même l’odieux jusqu’à épargner sa présidente du comité exécutif d’une comparution devant la commission des finances de la Ville de Montréal. Mme Beaulieu servira de sous-tapis sur lequel l’administration de Projet Montréal s’essuiera les pieds. Au moins, la vérificatrice générale de la Ville enquêtera sur l’ensemble de l’oeuvre à l’OCPM.

Valérie Plante manque à son devoir de vigilance. Là aussi, le mot en « D » s’applique, mais dans un autre sens. La mairesse se déleste de ses responsabilités.

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