Dans les allées de la GDC, la situation de Microsoft fait jaser – Actu

4 min read

Curieux sentiment que celui qui anime la planète Xbox en ce début d’année 2024. Alors qu’il aurait dû émaner de Microsoft une sensation de puissance jamais vue au terme de l’acquisition d’Activision Blizzard, remportée après une interminable bataille contre certains régulateurs, le vent a soufflé dans une direction bien différente sitôt l’apparition de rumeurs évoquant la sortie d’exclusivités Xbox Game Studios et Bethesda sur les machines concurrentes que sont la PS5 et la Switch. Des rumeurs avérées quelques temps plus tard avec les déploiements multiplateforme de Pentiment, Hi-Fi Rush et prochainement de Grounded et Sea of Thieves.

Le début d’une stratégie à long terme qui verrait Microsoft embrasser pleinement la vie d’éditeur tiers en partageant toutes ses futures productions avec Sony et Nintendo ? « Je ne veux pas créer de fausses attentes sur ces autres plateformes en pensant que ce sont les quatre premiers à franchir le barrage, que le barrage va s’ouvrir et que tout le reste va arriver, ce n’est pas ce qui est prévu aujourd’hui », avait tempéré Phil Spencer, non sans ajouter que Microsoft est déjà au travail sur de nouvelles Xbox, dont une censée proposer le plus grand bond technique jamais vu entre deux générations de consoles. Pouvoir tenir dans ses mains une Xbox au format portable est également une obsession que la tête pensante de Microsoft Gaming ne cache plus.

« Je ne sais pas pourquoi nous avons pris la peine de les soutenir »

En attendant, chez certains éditeurs, on commence à s’interroger sur l’intérêt de continuer à réaliser des versions Xbox de leurs jeux, en particulier du côté de l’Europe où la situation est particulièrement délicate pour les ventes de machines estampillées Xbox. Journaliste pour le site Games Industry, Christopher Dring s’est laissé aller à quelques confidences sur des échanges qui ont eu lieu entre professionnels durant le salon de San Francisco, à travers le podcast de la rédaction.

« L’autre chose que j’ai entendue – je l’ai entendue de la part d’une entreprise très importante et d’une autre moins importante – c’est que les performances de la Xbox en Europe sont en train de s’effondrer. Vous pouvez suivre notre couverture mensuelle du marché des jeux et vous pouvez constater que les ventes de Xbox chutent, et ce depuis le début de l’année dernière et encore plus cette année. Les mots exacts d’une grande société qui a sorti un grand jeu l’année dernière ont été : Je ne sais pas pourquoi nous avons pris la peine de les soutenir », autrement dit de faire une version Xbox du jeu en question.

« Nous avons mentionné dans un podcast précédent que nous avions entendu dire que les détaillants en Europe envisageaient ou avaient déjà réduit leur stock de Xbox sur leurs étagères – matériel, jeux, ce genre de choses – et maintenant vous avez des éditeurs tiers qui disent : Nous faisons beaucoup d’efforts pour essayer de créer des versions Series S et Series X d’un jeu alors que, pour être honnête avec vous, pour nous le marché se trouve sur le PC et la PS5. »

Pourtant loin d’être un adepte des déclarations pouvant alimenter la presse à scandale, Christopher Dring, qui étudie le marché depuis de nombreuses années, n’hésite pas à dire aujourd’hui que « Xbox a de sérieux problèmes en tant que fabricant de consoles » avant de rejoindre ceux qui annoncent que Microsoft finira par sortir la majorité de ses jeux sur les autres consoles, en dépit de la communication encore prudente de Phil Spencer sur ce sujet délicat.

« Et comme Xbox sort certains jeux sur PS5 – d’après ce que j’ai compris, la majorité d’entre eux seront transférés à un moment donné, en supposant que les choses progressent comme Microsoft le pense – je pense que Xbox est vraiment en difficulté en tant que fabricant de matériel, et c’est ce qui est ressorti de la GDC pour moi », conclut-il.

You May Also Like

More From Author