Dans les jeux vidéo de ferme, le bonheur est dans le pré

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Il n’y a pas que dans les allées du Salon de l’agriculture, qui se termine dimanche 3 mars, que le public se presse devant les animaux de la ferme, les produits des campagnes ou les machines agricoles. La ferme est aussi une vedette du jeu vidéo. En témoigne l’impressionnant succès de la série Farming Simulator : depuis 2008, elle cumule 30 millions d’exemplaires vendus, dont six millions uniquement pour Farming Simulator 22, selon les chiffres de son éditeur zurichois, Giants Software. Et l’engouement est tel qu’il suscite même une pratique compétitive.

Ce simulateur, qui demande de cultiver et gérer une exploitation au fil des saisons, mise sur « l’authenticité de l’expérience, avance Martin Rabl, responsable du marketing de Giants Software. Nous avons non seulement les machines actuelles, car nous travaillons avec des marques existantes, mais vous pouvez entrer dedans et les conduire en toute liberté. »

Le joueur peut aussi parcourir à pied son exploitation, qui s’agrandit au fur et à mesure de ses rentrées d’argent, précise-t-il : « Nous cherchons à retransmettre la sensation d’un monde ouvert dans lequel vous êtes le fermier. Vous allez dans vos champs et montez dans différents véhicules pour travailler la terre. C’est très différent de ce que l’on voit dans d’autres jeux de gestion de ferme, vus du dessus. » Ce souci du réalisme lui garantit d’être apprécié de certains exploitants, amateurs de tracteurs virtuels.

Un jeu décisif en 1996

Mais Farming Simulator reste une exception. My Time at Portia, Coral Island, Slime Rancher, la série Rune Factory… La plupart des autres jeux dans lesquels il est question d’enfiler une salopette de fermier s’éloignent de cet hyperréalisme. Ce sont des expériences bucoliques, destinées à un large public. Certains ont connu des succès majeurs, notamment FarmVille (2009), lancé sur Facebook par Zynga, qui a attiré jusqu’à 80 millions de joueurs mensuels en 2010. Ou Stardew Valley (2016), qui s’est écoulé à plus de 30 millions d’exemplaires depuis 2016.

Tous ont en tout cas une grande dette envers Harvest Moon, matrice du genre lancée sur Super Nintendo en 1996 au Japon. Cette adorable simulation met l’accent sur la personnalisation de son exploitation et se teinte de jeu de rôle puisqu’il faut tisser des liens avec la population locale.

Capture d’écran de « Stardew Valley ». Cette déclaration d’amour à « Harvest Moon », créée en solitaire par l’Américain Eric Barone, est devenue culte à son tour.

L’expérience originale est d’ailleurs toujours d’actualité : la série Harvest Moon continue de sortir des épisodes de bon calibre sous le nom de Story of Seasons, réalisés par le studio Marvelous. Son principe est inchangé, explique au Monde Hikaru Nakano, responsable de la série et ancien designer sur Harvest Moon 64 (1999) : « Chaque épisode se déroule dans une petite ville, entourée par la nature, que le protagoniste ne connaît pas. Il va y refaire sa vie en s’y installant. »

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