De l’aide psychologique pour les entrepreneurs

Ce texte fait partie du cahier spécial Monde du travail

45 % des propriétaires d’entreprise du Canada souffrent de problèmes de santé mentale, selon le dernier sondage effectué par la Banque de développement du Canada (BDC). Depuis le 31 janvier, elle est la première banque au Canada à proposer un programme offrant à ses clients propriétaires d’entreprise un accès facile à des services de thérapie virtuelle.

Chaque année, BDC prend le pouls de la santé mentale de ses clients entrepreneurs à l’aide de sondages. « Nous avons vu la situation se détériorer après la pandémie, car une fois qu’elle a commencé à s’estomper, l’économie a ralenti », constate Annie Marsolais, cheffe de la direction marketing et ambassadrice de la santé mentale à BDC.

Le coût du soutien en santé mentale est l’obstacle qui freine le plus les propriétaires d’entreprise pour consulter un thérapeute en santé mentale, suivi de la gêne sociale, de la difficulté d’accès et du manque d’information, selon le dernier sondage réalisé par BDC en 2023. La Banque a cherché à apporter une solution concrète à ses clients, majoritairement des propriétaires de petites entreprises. « La thérapie virtuelle était le meilleur moyen pour offrir un changement positif plus rapidement. Elle permet à nos clients d’être suivis aux heures et dans l’environnement qui leur conviennent, sans avoir besoin d’en parler à leur entourage s’ils ne le souhaitent pas », souligne Mme Marsolais.

Un soutien confidentiel 

Plus de 150 clients de BDC se sont déjà inscrits dans le programme mis en place en partenariat avec GreenShield Santé, la division des soins de santé de l’organisation sans but lucratif GreenShield. « Nos clients ont accès à une plateforme externe qui leur propose un thérapeute — qu’ils peuvent accepter ou non — en fonction de certains critères qu’ils ont rentrés », explique Annie Marsolais. Le programme leur offre trois heures de thérapie virtuelle gratuite, qui peut ensuite être poursuivie, s’ils le souhaitent, selon un tarif préférentiel.

« Notre programme vise à traiter les troubles les plus courants comme le stress ou l’anxiété. Le ou la thérapeute est également en mesure de recommander un suivi auprès d’autres spécialistes au besoin », précise Mme Marsolais. Externalisé auprès de GreenShield Santé, ce service offre une complète confidentialité à ses utilisateurs. « Nos clients reçoivent un code qui leur permet d’en profiter, mais nous ne savons pas lesquels d’entre eux l’utilisent », indique la cheffe de la direction marketing.

Le danger du « superhéros »

Proposer un programme accessible rapidement était une priorité pour BDC. « Nous savons que, bien souvent, les propriétaires d’entreprise souffrant de troubles de santé mentale consultent attendent trop longtemps pour consulter », dit Annie Marsolais.

D’autant que notre culture, basée sur la performance et l’idée que l’entrepreneur doit être une personne forte, ne les incite pas à confier leurs problèmes. « Ça suffit de parler de superhéros et de survaloriser l’entrepreneuriat ! lance l’ambassadrice de la santé mentale. Les entrepreneurs font face à des défis réels et ils se sentent souvent très seuls au sommet. Mais il est important de s’entourer, de parler tôt de santé mentale et de demander de l’aide », encourage celle pour qui ceux qui le font deviennent plus sereins, plus aptes à faire face aux défis du quotidien et gagnent une plus grande agilité mentale.

En plus du programme mis en place, BDC répertorie sur son site les ressources disponibles au Canada pour prendre soin de sa santé mentale. Une démarche dont les bénéfices sont à un double niveau. « Un entrepreneur en santé, c’est une entreprise en santé ! dit Annie Marsolais. Mais un entrepreneur qui va moins bien prend tout le poids sur ses épaules et a moins tendance à déléguer ou à solliciter du soutien. C’est ce que nous essayons de mettre en lumière pour apporter un changement et le réflexe de demander de l’aide. »

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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