de possibles “crimes de guerre” d’Israël mercredi, le Hamas évoque des dizaines de morts dans les frappes

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Gaza : de possibles "crimes de guerre" d'Israël mercredi, le Hamas évoque des dizaines de morts dans les frappes

Alors que la guerre entre Israël et le Hamas entre dans son 21e jour ce jeudi, les dernières frappes de Tsahal dans la bande de Gaza auraient été meurtrières et pourraient constituer “des crimes de guerre” selon le Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU.

La guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza, en riposte aux attaques de l’organisation terroriste du 7 octobre, soulèvent de nouveau inquiétude et indignation. Des frappes israéliennes successives ont touché le plus grand camp de réfugiés de Gaza ce mercredi, avec “des dizaines” de morts recensés par le Hamas. Un bilan qui n’a pas pu être confirmé dans l’immédiat.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit “atterré” par ces frappes sur le camp de Jabaliya, ciblé depuis mardi et où vivent 116 000 réfugiés dans le nord de la bande de Gaza. Le Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a estimé hier soir que ces bombardements, qui suivent celles du camp de Nuseirat plus au sud, pourraient constituer “des crimes de guerre”, “compte-tenu du nombre élevé de victimes civiles et de l’ampleur des destructions”. Le chef des opérations humanitaires de l’ONU Martin Griffiths avait auparavant dénoncé le bombardement israélien comme “la dernière atrocité en date frappant les habitants de Gaza”.

A Gaza, l’AFP a pu constater d’importantes destructions sur les lieux, où des survivants remuaient les décombres à la recherche de survivants. Des secouristes ont affirmé que des “familles entières” avaient été décimées.

Israël a justifié ces frappes en disant avoir éliminé le chef de l’unité anti-tanks du Hamas, Muhammad Atzar.

En images

Premières évacuations 

Un premier groupe d’étrangers et de binationaux a franchi le terminal de Rafah vers l’Égypte, depuis la bande de Gaza, ce mercredi 1er novembre. Selon un responsable palestinien, plus de 80 blessés ont été autorisés à sortir, dont 40 enfants, des femmes et des personnes âgées. Des soignants et des secouristes égyptiens ont procédé au transfert des blessés palestiniens et les ont portés sur des brancards vers les ambulances égyptiennes. Selon un porte-parole du Hamas, une liste de 4 000 blessés a été soumise à l’Égypte pour des soins qui ne peuvent être prodigués dans l’enclave en guerre.

Parallèlement, le Hamas a fait savoir, dans une vidéo diffusée mardi en fin de journée qu’il comptait libérer des otages étrangers dans les prochains jours. Pour rappel, entre 200 et 250 personnes seraient retenues par le Hamas à Gaza depuis le 7 octobre dernier, l’armée israélienne évoquant le chiffre de 240 otages, dont 30 enfants.

Deux enfants français tués

Mardi 31 octobre, le bilan français a été mis à jour. Selon le Quai d’Orsay, deux enfants français ont perdu la vie dans la bande de Gaza. Leur mère serait blessée. On ignore dans quel état se trouve son troisième enfant, également blessé, le consulat général de France à Jérusalem ne parvenant pas à rentrer en contact avec elle. Il semble que cette femme et ses enfants fassent partie des 54 ressortissants français qui sont bloqués dans la bande de Gaza depuis le début du conflit, et non des otages.

Le bilan de la guerre entre Israël et le Hamas, qui s’élevait encore à 35 décès français jeudi 26 octobre, passe donc à 37 morts. Jeudi 26 octobre, la ministre des Affaires étrangères avait fait savoir que neuf ressortissants français étaient toujours portés disparus depuis le raid du Hamas en Israël le 7 octobre, certains d’entre eux ayant été pris en otage, selon elle. Catherine Colonna avait également indiqué avoir eu des “preuves de vie” des otages.

Une centaine de personnes qui travaillent pour des organisations se trouve également dans l’enclave palestinienne, selon les autorités françaises. À l’issue d’un sommet européen à Bruxelles vendredi 27 octobre, Emmanuel Macron a annoncé que la France préparait l’évacuation de 170 ressortissants à Gaza.

Le bilan de la guerre

Le bilan de la guerre qui se déroule à Gaza est difficile à établir, les chiffres livrés par le Hamas étant difficile à vérifier et à distinguer de la propagande. Au moins 195 Palestiniens auraient été tués dans les frappes aériennes menées cette semaine par Israël, selon les dernières estimations datées du mercredi 1er novembre. Un chiffre donné par le service de presse du gouvernement de Gaza, contrôlé par le Hamas, dans un communiqué.

S’il était confirmé, ce chiffre porterait à près de 9000 morts, dont plus de 2000 femmes et plus de 3500 enfants, depuis le début de la guerre. On dénombrerait plus de 21 000 blessées. L’ONU a déploré mardi 31 octobre le fait que la bande de Gaza est devenue “un cimetière pour des milliers d’enfants”. Washington remet néanmoins en question le bilan du Hamas, affirmant ne pas avoir confiance.

Du côté israélien, le bilan est toujours évalué à 1 400 morts. Le Hamas retient toujours 240 otages, dont 30 enfants, selon l’armée israélienne. Alors que la libération de ces personnes est une priorité pour Israël et les pays touchés par ces prises de guerre, le Hamas a posé ses conditions, samedi 28 octobre, et a exigé la libération de tous les prisonniers palestiniens retenus par Israël en échange de la libération des otages. Environ 5 000 Palestiniens sont détenus dans les prisons d’Israël, selon la dernière estimation de l’ONU en date de juillet 2023.

L’ojectif d’Israël à Gaza

Si Israël a troqué son “offensive massive” contre une progression “méthodique” organisée par “étapes mesurées et très puissantes” dans la bande de Gaza, le but reste le même : détruire le Hamas. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou l’a encore rappelé dans la soirée du lundi 30 octobre. L’armée israélienne a revendiqué des frappes sur “environs 300 cibles” appartenant au Hamas notamment “des sites de lancement de grenades antichar (…), des entrées de tunnels et des sites militaires”. Ces tunnels, dont le réseaux s’étend sous toute une partie de la Gaza, sont stratégiques pour le groupe islamiste qui s’y réfugie et leur destruction l’est tout autant pour Israël.

Tsahal ambitionne de s’en prendre au réseau souterrain : elle “peut les frapper avec des bombes à gravité qu’on peut larguer d’avion et qui vont rentrer profondément et exploser à une dizaine de mètres de profondeur” et au sol ce sont les bulldozers qui pourraient être utilisés, selon le général Jérôme Pellistrandi interrogé par BFMTV. Pour l’heure, Israël ne communique pas sur la présence de bulldozers, mais assure que des chars sont toujours présents à l’intérieur de l’enclave, surtout au nord de la bande de Gaza.

Aux frappes aériennes s’ajoutent donc des affrontements au sol. L’armée israélienne évoque notamment des “combats féroces contre les terroristes du Hamas” dans un communiqué publié ce 31 octobre. Cherchant également a vanté ses réussites militaires, le Hamas affirme avoir ciblé “deux blindés” et “anéanti” une force israélienne dans une embuscade grâce à sa maitrise du terrain. 

Quand peut-on espérer un cessez-le-feu ?

Alors que les appels à un cessez-le-feu se multiplient, l’ONU réclamant régulièrement un “cessez-le-feu humanitaire immédiat” qui permettrait d’apporter rapidement et efficacement l’aide dont les Palestiniens de la bande de Gaza ont besoin, le Premier ministre israélien a assuré, lundi 30 octobre, que l’État hébreu ne cédera pas.

“Tout comme les États-Unis n’accepteraient pas un cessez-le-feu après le bombardement de Pearl Harbor ou après l’attaque terroriste du 11-Septembre, Israël n’acceptera pas une cessation des hostilités avec le Hamas après les horribles attentats du 7 octobre”, a déclaré lundi soir Benyamin Netanyahou. Et celui qui juge qu’un tel choix équivaudrait à céder face à la “barbarie” du Hamas de renchérir : “Il y a un temps pour la paix et un temps pour la guerre.” 

De son côté, la Maison-Blanche a réaffirmé sa position lundi soir concernant un cessez-le-feu. Se disant favorable à “des pauses humanitaires temporaires et localisées”, Washington a toutefois jugé qu’un cessez-le-feu n’était “pas la bonne réponse pour l’instant”. Pour les États-Unis, cela profiterait surtout au Hamas.

Mardi 31 octobre, des appels à un cessez-le-feu ont toutefois émané de la communauté juive. 85 personnalités juives – des enseignants, universitaires, militants, syndicalistes et autres – ont exigé dans une tribune parue dans Libération “l’arrêt immédiat des bombardements israéliens et le retrait des forces armées israéliennes de Gaza”, “la levée du blocus et du siège de Gaza” et “des sanctions internationales contre l’État israélien”. Et ces derniers ajoutent : “Nous comprenons et partageons la douleur et la peur ressenties par de nombreux·ses juif·ves de France suite aux crimes de guerre du Hamas. (…) Mais cette douleur ne saurait justifier un nettoyage ethnique à Gaza. La poursuite de la guerre et de l’occupation n’amènera ni la paix, ni le retour des otages.”

LE Contexte

La guerre entre Israël et le Hamas a commencé le 7 octobre 2023 avec une frappe surprise et massive lancée par le groupe islamiste palestinien Hamas sur l’Etat hébreu. De nombreux combattants ont mené des incursions près de la frontière de la bande de Gaza tandis que des frappes aériennes été lancées. Ces attaques à caractère terroriste ont donné lieu à des scènes d’horreur et des massacres dans plusieurs kibboutz juifs d’Israël.

Israël a ordonné la riposte dans les heures qui ont suivi les l’attaque avant d’imposer le siège de Gaza le lundi 9 octobre. La même journée, l’armée israélienne a annoncé avoir repris le contrôle de la frontière avec la bande de Gaza. Depuis elle semble préparer une attaque terrestre sur le territoire palestinien.

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