De toute l’UE, les politiques saluent la memoire d’un « bâtisseur » de l’Europe

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De Paris à Bruxelles, en passant par Berlin, les hommages affluent depuis l’annonce du décès mercredi de Jacques Delors à 98 ans. « Bâtisseur » de l’Union européenne, « inépuisable artisan de notre Europe » : voici les principales réactions politiques, en France et sur le reste du continent, à la mort de l’ancien président de la Commission européenne.

Emmanuel Macron

« Homme d’État au destin français. Inépuisable artisan de notre Europe. Combattant pour la justice humaine. Jacques Delors était tout cela. Son engagement, son idéal et sa droiture nous inspireront toujours. Je salue son œuvre et sa mémoire et partage la peine de ses proches. », a écrit sur X le chef de l’Etat.

Élisabeth Borne

« Jacques Delors, visionnaire et architecte de l’Union européenne, vient de nous quitter. Artisan infatigable d’un idéal : toute sa vie a été mise au service de la paix et de la solidarité européenne. Je pense à l’euro ou encore à Erasmus », a salué la Première ministre.

Yaël Braun-Pivet

« Incarnation de l’Europe, Jacques Delors c’est une vie au service des Français et de tous les citoyens de l’UE. Un grand homme d’État s’est éteint ce soir », a estimé la présidente de l’Assemblée nationale.

François Hollande

Pour l’ancien président, « il cherchait une voie pour la social-démocratie, il ne courait pas après les places et les mandats, il ne les briguait que s’il était sûr de pouvoir trouver les forces et les alliances lui permettant de réussir. Ce fut le sens de son renoncement à se présenter à l’élection présidentielle de 1995. »

Lionel Jospin

« Le syndicaliste, le défricheur des questions économiques et sociales, le conseiller de Jacques Chaban-Delmas, le militant qui rejoignit, en même temps que Michel Rocard, le Parti socialiste que rénovait François Mitterrand, le ministre de l’Economie et des Finances réaliste, l’Européen passionné qui présida remarquablement la Commission Européenne, a marqué son époque », a considéré l’ancien Premier ministre.

Laurent Fabius

Pour le président du Conseil constitutionnel, ce décès « est celui d’un grand européen, d’une figure respectée et écoutée dans le monde, qui a agi pour le bien public et a fait honneur à la France. »

Ségolène Royal

« Je pense que ça aurait été un excellent président de la République parce qu’il avait des repères (…) il avait le sens des valeurs de solidarité, de fraternité, de modestie dans l’exercice du pouvoir. C’était l’action politique qui l’intéressait, mais le combat politique, c’est quelque chose qui le rebutait », a expliqué l’ancienne candidate à la présidentielle sur BFMTV.

Olivier Faure

Pour le patron du PS, « un géant vient de nous quitter. Enfant du siècle, il avait connu le pire et cherché à conjurer le malheur par la construction d’une paix durable. Par son engagement syndical, ministériel et enfin à la tête de l’Europe, il nous lègue un héritage immense. »

Jean-Luc Mélenchon

Selon le leader de LFI, « Jacques Delors était un socialiste de la génération qui avait un idéal. Si éloigné qu’on ait pu être, je salue le militant et l’homme d’action qui agissait en pensant au bien commun. »

François Bayrou

Pour le président du MoDem, il « était une référence sans pareille. La vision du monde qui était la sienne et la qualité de ses engagements, centrés autour d’une certaine idée de l’Europe et d’une société de dialogue et de confiance, d’une économie qui n’oubliait pas le social, lui donnaient une place et une autorité uniques. »

Éric Ciotti

Le président de LR a rendu « hommage à Jacques Delors, grand européen et artisan de la paix. Je salue la mémoire d’un défenseur d’une gestion saine et efficace de nos finances publiques comme ministre de l’Economie puis comme président de la Commission Européenne. Son dévouement à la France et à la construction européenne restera un modèle d’engagement. »

Olaf Scholz

Il « a défendu l’intégration européenne comme aucun autre : il a dirigé la Commission européenne pendant une décennie et, en tant que visionnaire, est devenu un architecte de l’UE telle que nous la connaissons aujourd’hui », a salué le chancelier allemand.

Ursula von der Leyen

Pour la présidente de la Commission européenne, il « était un visionnaire qui a rendu notre Europe plus forte. L’œuvre de sa vie est une Union européenne unie, dynamique et prospère. Elle a façonné des générations entières d’Européens, dont la mienne. Honorons son héritage en renouvelant sans cesse notre Europe. »

Charles Michel

Le président du Conseil européen a salué celui qui « a conduit la transformation de la Communauté économique européenne vers une véritable Union, fondée sur des valeurs humanistes et appuyée sur un marché unique et une monnaie unique, l’euro. Il en fut un défenseur à la fois passionné et concret, jusqu’à ses derniers jours. Grand Français et grand Européen, il est entré dans l’histoire comme l’un des bâtisseurs de notre Europe. »

De nombreuses autres réactions en Europe

« Ses réussites furent nombreuses », a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, citant « le chemin qu’il avait façonné vers la création d’une monnaie commune, l’euro ». La présidente du Parlement européen, l’Italienne Roberta Metsola, et le chef de la diplomatie de l’UE, l’Espagnol Josep Borrell, ont chacun salué en Jacques Delors un « géant ».

Parmi les autres dirigeants de pays européens, le Premier ministre belge Alexander De Croo a évoqué « un père fondateur ». « Son projet pour une union plus forte et sûre reste d´une énorme actualité pour l’Europe de demain », a-t-il poursuivi. Son homologue espagnol, Pedro Sanchez, a écrit que Jacques Delors « a toujours cru en une Europe unie, ouverte et prospère. Il a travaillé pour faire, de ce que beaucoup pensaient impossible, une réalité ». « Sans lui, l’Europe ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui », a-t-il assuré.

En Italie, c’est le chef de la diplomatie, Antonio Tajani, qui a réagi le premier, en déplorant la disparition d’une « personnalité qui a montré, sur la base des valeurs chrétiennes, le chemin du renforcement de l’Europe ». L’ancien Premier ministre italien Enrico Letta, actuel président de l’Institut Jacques Delors, a lui rendu hommage à « la force de son autorité morale » et à « son combat pour l’intégration » européenne.

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