Des cerfs du parc Michel-Chartrand, à Longueuil, montrent des signes de dépérissement

À Longueuil, l’allure de plusieurs cerfs du parc Michel-Chartrand montre désormais des signes d’un dépérissement préoccupant. Dans cet espace réputé trop petit pour accueillir autant de cervidés, des maladies et des carences pourraient bien avoir raison de plusieurs bêtes sitôt que l’hiver se sera ragaillardi.

Le Devoir a pu observer des cerfs mal en point aux comportements erratiques. « C’est certain qu’avec les températures basses qui devraient finir par arriver, cet animal [que l’on peut observer sur la photo] aura vraisemblablement de la difficulté à survivre cet hiver », considère Stéphane Lair, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. 

Non seulement l’animal, en regard de son alimentation, semble en condition déficiente, mais il pourrait en fait souffrir, comme d’autres bêtes de la harde de ce boisé ravagé, d’infections parasitaires et des effets combinés de diverses carences. La perte massive de poils en serait un indicateur. 

« Bien qu’il ne soit pas possible d’établir un diagnostic précis basé seulement sur une photographie, ce que l’on peut dire est que l’animal sur la photo présente des zones d’alopécie [perte de poils] au niveau du flanc et du visage. » Les causes de cette perte de poils peuvent être d’origine nutritionnelle, comme le manque de fourrage. 

Les lésions sur la tête de la bête indiquent en plus qu’il pourrait être infesté par des mites ou touché par des champignons, mentionne le professeur, reconnu comme un des meilleurs spécialistes des cervidés au Québec. Cependant, pour établir un diagnostic formel, il faudrait que les bêtes qui présentent de tels symptômes au parc Michel-Chartrand soient examinées de près. 

La harde de cervidés de ce parc de 2 km2 compte environ 120 bêtes. Ces bêtes se multiplient d’autant plus facilement que les prédateurs font défaut à cet espace vert limité, planté en milieu urbain. Les experts s’entendent pour dire que l’espace en question est à même de supporter tout au plus une vingtaine de cerfs. La régénération naturelle du boisé est désormais lourdement hypothéquée par ces bêtes. Les dangers pour la circulation automobile dans les environs ont aussi été décuplés.

Les chevreuils, comme on les appelle communément à tort chez nous, sont en surpopulation depuis longtemps au parc Michel-Chartrand. Leur abattage a plusieurs fois été retardé, par suite de contentieux juridiques.

La Cour d’appel a finalement reconnu, cet automne, que la municipalité de Longueuil pouvait procéder à l’abattage d’une centaine de bêtes. Cependant, il faudrait encore plusieurs mois avant que l’opération soit conduite par des arbalétriers dûment autorisés et préparés à cette fin.

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