Des fonctionnaires ne veulent pas travailler à Santé Québec

De nombreux fonctionnaires qui travaillent au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) sont plongés dans l’incertitude quant à leur avenir à la future agence Santé Québec, qui aura pour mission de gérer les opérations du réseau public de santé québécois. Près du tiers des professionnels au MSSS sont à la recherche d’un nouvel emploi, selon un sondage réalisé par leur  syndicat auprès d’environ 1000 membres.

« On arrive à la création de Santé Québec et les gens qui seraient transférés à l’heure actuelle ne sont pas informés, dit le président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Guillaume Bouvrette. Ça crée de l’insécurité — on peut le comprendre — et l’insécurité dans le contexte actuel de pénurie de main-d’oeuvre au Québec, elle n’est pas souhaitable. » 

Selon le coup de sonde du syndicat, moins de 5 % des professionnels affirment qu’ils resteront  à Santé Québec s’ils sont transférés. Une « large majorité » prévoit aller travailler ailleurs dans la fonction publique, en cas de « transfert forcé », indique le sondage. 

Ces fonctionnaires craignent de s’appauvrir en passant à Santé Québec, explique Guillaume Bouvrette. « Pour l’instant, la loi [créant Santé Québec] les intègre dans la convention collective du réseau de la santé, ce qui est désavantageux pour eux, précise-t-il. Le personnel professionnel du ministère gagne de 7 % à 14 % de plus que celui du personnel administratif comparable dans le réseau. » Selon lui,  les employés touchés n’auraient « pas de perte salariale immédiatement » lors du transfert. « Mais ils se retrouveraient “hors échelle” et n’auraient donc, chaque année, que la moitié des augmentations salariales jusqu’à ce que l’échelle les rattrape », soutient-il.

Dans son mémoire présenté à la Commission de la santé et des services sociaux dans le cadre des consultations pour le projet de loi 15, le SPGQ demandait à Québec de créer une « accréditation distincte » pour le personnel professionnel administratif de Santé Québec afin de « corriger les écarts salariaux » entre l’administration publique et celle du réseau de la santé et des services sociaux. La loi adoptée sous bâillon en décembre prévoit plutôt une fusion des accréditations syndicales et six catégories d’emploi en santé.

« On a dit au ministre qu’il y aurait un mur, affirme Guillaume Bouvrette. On l’a annoncé et on a proposé des solutions. Et là, on arrive au mur. On pense qu’il est encore le temps de trouver des solutions, mais il est minuit moins une. » Selon le sondage du syndicat, 63 % des membres du SPGQ se disent prêts à aller travailler à Santé Québec « s’ils conservent leur convention collective et leurs conditions de travail actuelles ».

Québec prévoit nommer le p.-d.g. de Santé Québec au printemps. L’appel de candidature se termine le 1er mars.

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