Des Grammy pour Allison Russell et Yannick Nézet-Séguin

L’autrice-compositrice-interprète Allison Russell a remporté dimanche le premier Grammy de sa carrière, celui de la Meilleure performance dans la catégorie musique de racines américaines (American roots) pour l’enregistrement de Eve Was Black, chanson tirée de l’album The Returner, paru en septembre dernier. Le chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin a également reçu la prestigieuse récompense dans la catégorie du Meilleur enregistrement d’opéra, pour sa direction du Metropolitan Orchestra dans l’interprétation de Champion, oeuvre composée par l’Américain Terence Blanchard. 

Cette fois fut la bonne pour la musicienne québécoise établie à Nashville, nommée dans cette même catégorie en 2022. Russell était arrivée à Los Angeles, où se tient la première cérémonie (diffusée en direct sur le Web), forte de quatre mises en nomination, toutes liées à son second album solo, The Returner : Meilleur album americana. Sa chanson titre était aussi retenue dans celle de la Meilleure chanson de racines américaine, en plus d’avoir été nommée dans la catégorie de la Meilleure performance americana pour la chanson The Returner

En allant chercher son prix au podium, la musicienne a remercié sa « Rainbow Coalition d’incroyables artistes avec lesquels [elle] travaille », saluant en particulier son amie et collaboratrice Brandi Carlile. Allison Russell présentera un concert le 15 mars au Studio TD de Montréal, puis le 16 à l’Impérial de Québec. 

Champion est le premier opéra composé par le trompettiste jazz louisianais Terence Blanchard sur l’histoire du boxeur américain Emile Griffith, présenté par le Metropolitan Opera en avril 2023. Il s’agit du second Grammy dans cette catégorie que Yannick Nézet-Séguin remporte pour une oeuvre signée Blanchard : l’an dernier, c’est sa direction de l’orchestre dans Fire Shut Up in My Bones qui fut récompensée par la Recording Academy. Au lutrin, Nézet-Séguin a tenu à remercier le compositeur afro-américain « ainsi que toutes les voix de notre époque, ces grands musiciens que nous continuerons d’honorer pour qu’ils puissent occuper la place qu’ils méritent sur nos grandes scènes », en plus de dédier ce prix à son époux. Nézet-Séguin, qui milite pour une plus grande reconnaissance du talent des compositeurs afro-américains, était également nommé à titre de chef de l’Orchestre de Philadelphie dans la catégorie de la meilleure performance orchestrale pour l’enregistrement de la Symphony No. 4 de la compositrice Florence Price (1887-1953) et de la Negro Folk Symphony de William L. Dawson (1899-1990). Le maître reprendra l’oeuvre de Price à la Maison symphonique le 19 avril prochain, avec l’Orchestre de Philadelphie. 

Bouquet de statuettes

 

Près de 80 prix ont été décernés lors de cette première cérémonie qui, à certains égards, donnait déjà un aperçu de ce qui attendait les téléspectateurs lors du gala, diffusé sur CBS (CityTV au Canada) dès 20 h. Ainsi, la favorite SZA (neuf nominations) a remporté le tout premier Grammy de la journée, celui de la Meilleure performance en duo, avec Phoebe Bridgers du groupe boygenius, pour Ghost in the Machine

Le super-trio boygenius, formé de trois autrices-compositrices-interprètes déjà célébrées en solo — Phoebe Brigders, Lucy Dacus et Julien Baker —, arrivait à Los Angeles avec six nominations (et une septième pour Bridgers). Au terme de la cérémonie d’après-midi, elles en ont remporté trois : Meilleure performance rock, Meilleure chanson rock (pour Not Strong Enough) et Meilleur album de musique alternative, pour The Record

Le rappeur Killer Mike et le musicien country Chris Stapleton ont fait main basse sur les catégories dans leurs genres musicaux respectifs. Un triplé pour le MC, qui remporte les Grammys de la Meilleure performance rap et de la Meilleure chanson rap pour Scientists & Engineers, et du Meilleur album rap pour MICHAEL. Grâce à la chanson White Horse, Stapleton décrochait les prix de la Meilleure performance country solo et de la Meilleure chanson country. 

Parmi les autres récompenses remarquables, soulignons les premiers Grammy du trublion mexicain Peso Pluma (Meilleur album musica mexicana pour GÉNESIS) et du groupe pop-rock Paramore, deux fois nommé, deux fois célébré, pour le Meilleur album rock et la Meilleure performance en musique alternative (This Is Why). Trois nouvelles catégories intégraient la cérémonie cette année ; extatique, la jeune chanteuse sudafricaine Tyla a remporté le tout premier Grammy de la Meilleure performance de musique africaine (Water). Dans la catégorie du Meilleur album de jazz alternatif, hommage à Meshell Ndegeocello (The Omnichord Real Book), et à la star australienne Kylie Minogue, qui remporte le premier Grammy du Meilleur enregistrement pop dance (Padam Padam). 

L’icône Joni Mitchell a remporté son 10e prix Grammy, celui de l’Album folk de l’année, pour ce miraculeux enregistrement en concert, Joni Mitchell at Newport. Enfin, en allant chercher son Grammys du Meilleur album reggae de l’année (Colors of Royal de Julian Marley et Antaeus), un des membres de l’orchestre des lauréats a saisi l’occasion pour saluer la mémoire du légendaire bassiste et réalisateur Aston « Family Man » Barrett, inestimable accompagnateur de Bob Marley et des Wailers, décédé il y a deux jours à l’âge de 77 ans.

À voir en vidéo

You May Also Like

More From Author