des manifestations et un mouvement très suivi

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Grève des enseignants ce jeudi : des manifestations et un mouvement très suivi

Alors que les protestations des agriculteurs ne faiblissent pas, les principaux syndicats d’enseignants ont appelé à la grève ce jeudi 1er février 2024. Une centaine de rassemblements a lieu en France et le syndicat Snes-FSU annonce un taux de 47% de grévistes.

L’essentiel

  • Les principaux syndicats de l’enseignement ont appelé la profession à faire grève ce jeudi 1er février en réaction au mal-être ressenti par les enseignants, exacerbé par les récentes déclarations controversée de la ministre des Sports et de l’Education, Amélie Oudéa-Castéra.
  • Les enseignants se mobilisent dans toute la France afin d’obtenir une revalorisation des salaires et une amélioration globale des conditions de travail.
  • Selon le principal syndicat du second degrés, la grève regroupe 47% des enseignants de collèges et de lycées. Les chiffres recensent 1600 manifestants à Marseille, 3000 à Nantes ou encore 1500 a Caen.
  • Une manifestation est prévue à Paris à 14h partant du Luxembourg dans le 6e arrondissement en direction du ministère de l’Education rue de Grenelle dans le 7e arrondissement. Selon les premières estimations, des milliers d’enseignants ont rejoint le cortège parisien.

En direct

16:45 – 15 000 manifestants à Paris selon la FSU

Sur X, la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) annonce que la manifestation parisienne a regroupé environ 15 000 manifestants. Selon les autorités, 2300 personnes se sont réunies à Rennes, 1700 à Rouen ou encore 1200 à Brest selon les syndicats. Comme le rapporte le Snes-FSU “plus d’un professeur sur deux” est en grève au collège.

16:14 – 65% des écoles fermées à Paris ce jeudi

Sur son compte X, Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, a annoncé que 65% des écoles parisiennes sont fermées ce jeudi et recense environ 50% de grévistes. 

15:07 – Le cortège de Paris rassemble plusieurs milliers de manifestants

La manifestation de Paris a débuté depuis le jardin du Luxembourg à 14h et rassemble des milliers d’enseignants, comme le rapporte Anadolu. Le cortège a pris la direction du ministère de l’Education dans le 7e arrondissement de la capitale.  

14:24 – Plus de 100 rassemblements sur toute la France

Selon les calculs du Ouest-France, 114 points de rassemblements d’enseignants sont organisés en France ce jeudi. Si le cortège de la manifestation de Paris s’est élancée à 14h, d’autres marches ont lieu depuis ce matin dans diverses régions. Le syndicat SNES-FSU compte par exemple 2000 manifestants à Caen, 1000 à Lorient et le Ouest-France en recense environ 3000 à Nantes. Le syndicat a répertorié ces points de rassemblement sur une carte. 

12:10 – Un taux de grévistes inédit depuis 2022

Selon les premiers chiffres communiqués par le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, 47% des enseignants de collèges et lycées sont en grève ce jeudi. En ce qui concerne l’enseignement de premier degré (maternelle et primaire) le premier syndicat, le FSU-Snuipp, estime que 40% des enseignants participent à la grève. Le ministère de l’Education nationale estime quant à lui qu’une moyenne de 20,26% de professeurs sont en grève avec en détail 20,11% dans les écoles et 29,51% dans les collèges. L’ampleur de la grève dépasse les prévisions des syndicats. Mercredi soir, le FSU-SNUipp prévoyait “une moyenne de 40% de grévistes sur le territoire”. Ce taux de grévistes n’avait pas été atteint depuis les manifestations de 2022 contre le protocole sanitaire instauré dans les écoles annoncé par le ministre de l’Education de l’époque, Jean-Michel Blanquer, dans le cadre du Covid.

En savoir plus

La colère continue de se propager en France ce jeudi 1er février. La crise des agriculteurs qui a débuté il y a plus d’une semaine se maintient et est même arrivée à Bruxelles ce jeudi. En parallèle, plusieurs opérations escargot de taxis ont été organisées dans différentes grandes villes ce lundi, avant que les infirmières et infirmiers libéraux entreprennent eux aussi des actions similaires ce mercredi. Une crise qui se globalise et que les annonces gouvernementales peinent à calmer. Ce jeudi 1er février 2024, le mouvement s’élargit avec une grève des enseignants à niveau nationale organisée par les principaux syndicats enseignants. Si les grévistes ont une longue liste de revendications, ils ont choisi de mettre en avant les conditions de travail ainsi que les salaires.

De Lille à Marseille, en passant par Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg ou encore Toulouse, de nombreux cortèges s’élanceront tout au long de la journée. Le communiqué du FSU-SNUipp, principal syndicat des enseignants du primaire, précise qu’avec “65% de grévistes à Paris, plus de 50% dans le Val-de-Marne, la Drôme, l’Ardèche ou encore dans les Pyrénées-Atlantiques, la mobilisation est très suivie dans certains départements”.

Alors que les professeurs des écoles se doivent d’envoyer leur déclaration d’intention de faire grève 48 heures en amont de la mobilisation, le principal syndicat des enseignants du primaire, la FSU-SNUipp, a pu estimer mardi à environ 40% le taux d’enseignants grévistes en France le 1er février.

S’il semble acquis que de nombreux enseignants et établissements du second degré ont décidé de participer au mouvement, il faudra patienter encore un peu pour en savoir davantage, le taux exact de grévistes ne pouvant être connu que ce jeudi à la mi-journée. FSU, CGT, FO, SUD-Education, Unsa-Education, SGEN-CFDT, la grande majorité des syndicats enseignants ont en tout cas appelé à la mobilisation. Des lycées devraient être bloqués dans plusieurs villes ce jeudi, comme le lycée Balzac à Tours selon France Bleu. Auprès de Ouest-France,  Gwenn Thomas-Alves la porte-parole de l’Union syndicale lycéenne (USL), a indiqué que “plusieurs dizaines de lycées” devraient être mobilisés “en région parisienne, en Rhône-Alpes, sûrement en Ille-et-Vilaine, dans les Bouches-du-Rhône, à Clermont-Ferrand, à Tours… “

Des mesures d’urgence réclamées

Face à un gouvernement “sourd”, la FSU-SNUipp indique dans son communiqué vouloir précisément alerter sur “la souffrance au travail ainsi que sur le manque de reconnaissance notamment salariale” et sur les “conditions de travail, pour les personnels, et d’apprentissage, pour les élèves, [qui] se sont dégradées”. Dans un communiqué de l’intersyndicale composée des fédérations Sud éducation, Unsa éducation, FSU, Sgen-CFDT et CGT éducation, les revendications sont plus précises : “Nous exigeons en particulier des mesures d’urgence : revalorisation sans contreparties des personnels articulée autour de mesures immédiates et d’une loi de programmation pluriannuelle, abandon du Pacte, création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour AESH et amélioration des conditions de travail, notamment par la baisse des effectifs dans les classes et un plan pluriannuel de recrutement.”

Certains enseignants pointent aussi les réformes annoncées par le ministère de l’Éducation nationale en octobre. “Le choc des savoirs proposé par Gabriel Attal est irréalisable. Et puis, on a une grande perte de liberté pédagogique avec le fait de nous imposer des méthodes toutes faites qui ne prennent pas en compte notre situation”, estime notamment un professeur de français et d’histoire-géographie de Besançon, interrogé par France 3. Et de poursuivre : “Les groupes de niveau en mathématiques et en français au collège, c’est une aberration. Ça va se faire au détriment des élèves. Mettre les bons avec les bons et les mauvais avec les mauvais, ça n’a jamais rien donné.”

La récente nomination d’Amélie Oudéa-Castéra au ministère de l’Éducation nationale est également décriée par les syndicats, qui déplorent les différents impairs commis par la nouvelle ministre. Peu après sa nomination, celle-ci avait notamment justifié la scolarisation de ses enfants dans le privé en déplorant les “paquets d’heures qui n’étaient pas sérieusement remplacées” dans le public.

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