Des profs retraités, plus de contractuels… Le plan d’urgence du gouvernement pour les groupes de niveau

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Des profs retraités, plus de contractuels... Le plan d'urgence du gouvernement pour les groupes de niveau

Mettre en place des groupes de niveau au collège à la rentrée prochaine s’avère très complexe. Cette mesure demande un renforcement du personnel enseignant, si bien que des professeurs retraités pourraient être mobilisés.

Ce mardi 2 avril, plusieurs syndicats ont appelé à la grève pour notamment réclamer l’abandon des groupes de niveau. Gabriel Attal a lancé une réforme dite du “choc des savoirs” qui a pour objectif de rehausser le niveau des élèves et dont l’une des mesures phares sont les groupes de niveau. Les élèves de sixième et cinquième seront alors répartis en trois groupes en fonction de leurs capacités en mathématiques et en français.

Dans un arrêté du 17 mars, ce dispositif a finalement été rebaptisé “groupes selon les besoins” et laisserait la possibilité de quelques cours en classe entière dans ces deux matières durant l’année. Ce revirement est dû aux nombreuses critiques que reçoit ce dispositif. Si certains déplorent une mesure qui va ” faire du tri” parmi les élèves et stigmatiser les plus faibles, d’autres craignent une mise en œuvre très laborieuse. 

Nicole Belloubet, ministre de l’Education nationale, a assuré sur France Inter, que le gouvernement aura “les moyens de mettre en place les groupes de niveau”. Néanmoins, le manque de professeurs pourrait mettre en péril un tel projet. Comme le rapporte Le Monde, un document interne de la direction des ressources humaines du ministère témoigne, en effet, d’un réel manque d’enseignants alors que 2330 postes seraient nécessaires pour créer ces groupes. Sur ces 2300, 1500 seraient récupérés par la suppression d’une heure de cours hebdomadaire pour tous les élèves de sixième mais 830 supplémentaires doivent émergés autrement. 

Des professeurs retraités de retour ?

Pour pallier ce problème, selon une lettre adressée aux recteurs le 28 mars et dans un “plan de préparation RH de la rentrée 2024”, que Le Café pédagogique a consulté, le gouvernement doit avoir “recours à des solutions innovantes afin de couvrir les besoins supplémentaires induits”, a expliqué le directeur général des ressources humaines, Boris Melmoux-Eude. “La forte tension sur la ressource enseignante que nous connaissons appelle un travail de préparation rigoureux en vue de la rentrée 2024 afin de disposer du nombre de personnels suffisant dès le jour de la rentrée”, a-t-il reconnu.

Selon ce document, le gouvernement pourrait ainsi faire appel pour la rentrée 2024 à des professeurs des écoles du primaire pour l’enseignement du français et des mathématiques en groupe de niveau dans le secondaire. “Les académies auront la possibilité de réaliser une campagne de communication et de recrutement de professeurs des écoles volontaires pour un détachement dans les deux disciplines ciblées en direction des professeurs des écoles issus des départements de leur académie”, a détaillé le DRH. Il serait aussi envisagé de rappeler des professeurs retraités : “Un peu plus de 1 000 enseignants de lettres et de mathématiques sont partis à la retraite au cours de la précédente année scolaire, sur l’ensemble du territoire”, a-t-il chiffré. Pour les convaincre de revenir, le gouvernement pourrait leur proposer un temps d’intervention limité dans le temps ainsi qu’une rémunération attractive.

Toute une partie du plan du gouvernement concerne aussi les contractuels. Le ministère souhaite les “fidéliser” en proposant des “conditions plus attractives”. Il leur serait proposé des contrats d’un an sur une zone de leur choix. Le gouvernement semble ainsi très peu miser sur l’embauche de nouveaux fonctionnaires via les concours. L’Education nationale devra aussi anticiper la “construction des emploi du temps au 30 juin au plus” pour organiser ces groupes de niveau.

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