Dix mois de prison à domicile pour Mario Roy, qui a bloqué le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine durant la pandémie

Le leader du mouvement antimasque Mario Roy, reconnu coupable d’avoir bloqué avec des Farfadaas le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine à deux reprises durant la pandémie, s’est vu imposer mercredi une peine de 10 mois de prison à domicile pour ses actions.

La Couronne avait demandé une peine d’emprisonnement ferme de six mois, alors que M. Roy offrait de payer une amende de 5000 $ sous la forme d’un don à un organisme de charité.

Il avait plaidé qu’en raison de son état physique et psychologique, un séjour derrière les barreaux allait le briser : « Si je vais en prison, je ne sais pas comment je vais ressortir », avait-il témoigné lors de l’étape des observations sur la peine. L’homme de 52 ans avait fait valoir qu’il avait subi des séquelles d’une période d’incarcération préventive de 121 jours liée à un autre dossier.

Le juge Jean-Jacques Gagné, de la Cour du Québec, a plutôt opté pour une peine d’incarcération à purger dans la collectivité, une foule de conditions à respecter et trois dons de 1000 $ chacun.

Pendant les cinq premiers mois de sa peine, Mario Roy devra rester chez lui, sauf pour travailler ou aller à l’épicerie. Quelques autres exceptions sont prévues. Il sera ensuite soumis à un couvre-feu pendant cinq mois.

« Même si ses regrets manquent un peu de conviction », a déclaré le juge, Mario Roy ne représente pas un danger pour la collectivité. Il est donc admissible à une peine de prison à être purgée à domicile, « même s’il y a peu de circonstances atténuantes » dans son cas et qu’il a des antécédents judiciaires. 

Le juge l’a également avisé de ne pas « étirer l’élastique », et que s’il brisait les conditions de sa peine, il risquait de finir de la purger en prison. « Arrangez-vous pour ne pas qu’on se revoie. »

Méfait et complot

 

Mario Roy avait été reconnu coupable de méfait et de complot en mars dernier, en même temps que Steeve Charland et Karol Tardif, deux membres des Farfadaas, un groupe opposé aux mesures sanitaires contre la COVID-19. Le pont-tunnel n’est pas un lieu pour manifester, avait alors déterminé le juge Gagné, notant que les actions des trois complices avaient causé du stress et de l’anxiété à ceux qui étaient bloqués derrière sans pouvoir s’extirper du tunnel.

Après avoir bloqué le tunnel une première fois en décembre 2020, Mario Roy a récidivé le 13 mars 2021 avec des membres des Farfadaas. À cette dernière occasion, ils ont participé à une importante manifestation à Mont­réal afin de dénoncer les mesures sanitaires imposées pour contrer la propagation de la COVID-19.

Au procès, ils ont raconté avoir été témoins de brutalité policière ce jour-là. Ils affirment avoir ensuite décidé spontanément de bloquer avec leurs véhicules le tunnel qui relie Montréal à la Rive-Sud pour faire un « coup d’éclat » et dénoncer les forces de l’ordre. Le blocage de mars 2021 n’avait duré que quelques minutes.

Karol Tardif et Steeve Charland s’en sont tirés avec 120 heures de travaux communautaires chacun ainsi qu’une probation d’un an.

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