Emmanuel Macron souhaite une régulation des écrans pour les enfants

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Dans le cadre de sa conférence de presse, hier, le président Emmanuel Macron indiquait souhaiter une régulation des écrans pour les plus jeunes : un comité d’experts est réuni pour définir « le bon usage des écrans pour nos enfants dans les familles, à la maison comme en classe ». 

Emmanuel Macron

Dans la foulée de la nomination (partielle) du gouvernement de Gabriel Attal la semaine dernière, Emmanuel Macron tenait hier soir 16 janvier une conférence de presse à l’Elysée pour esquisser sa politique des trois prochaines années. Entre autres sujets, le président de la République y a indiqué dans son liminaire sa volonté de « repren(dre) aussi le contrôle de nos écrans qui trop souvent enferment là où ils devraient libérer ». En d’autres termes, le président souhaite une régulation des écrans, notamment à destination des plus jeunes, et cette régulation pourrait impliquer « peut-être des interdictions » et des « restrictions sur les contenus ».

Le Président part d’un constat : « l’irruption de nouvelles technologies bouleverse beaucoup nos repères » et « passe(r) du temps devant un écran a un impact sur le développement affectif, sensoriel, cognitif ». Fort du constat, Emmanuel Macron précise avoir réuni un comité « d’experts pluridisciplinaires » depuis la semaine dernière, qui rendront leurs conclusions « fin mars » : ils devront établir « un consensus scientifique » pour « éclairer le débat public » notamment pour définir « le bon usage des écrans pour nos enfants dans les familles, à la maison comme en classe » ou encore pour se positionner sur d’éventuelles restrictions d’âge (« avant tel âge, ce n’est pas raisonnable de mettre un enfant devant un écran ou entre tel âge et tel âge, c’est pour tel usage »). 

Il en « va de l’avenir de nos sociétés et de nos démocraties »

On attendra donc le fruit de ces travaux dans les mois à venir, mais d’ici là, on se souvient que ce n’est pas la première fois que président évoque l’influence « des écrans » sur les plus jeunes – c’est manifestement un sujet qui tient à cœur à son épouse, Brigitte Macron, qui l’aurait sensibilisé à la question. Pour mémoire, il évoquait déjà le rôle des jeux vidéo dans les émeutes ayant touché la France l’été dernier, avant de rétropédaler et de vanter le dynamisme de l’industrie vidéo ludique française. Hier dans le cadre de sa conférence de presse, le Président soulignait de nouveau le rôle « des écrans » chez les jeunes ayant participé auxdites émeutes, mais cette fois utilisés pour permettre aux émeutiers de se coordonner ou « ayant suscité une forme de mimétisme ».

À ce stade, le Président ne précise pas le type d’écrans visés par d’éventuelles futures mesures (le consensus scientifique démontre que tous les écrans n’ont pas les mêmes effets sur le cerveau : par exemple la pratique active du jeu vidéo tend plutôt à développer certaines zones cérébrales quand le visionnage passif d’un écran tend plutôt à « l’endormir » chez les plus jeunes), mais on retient l’objectif du Président : manifestement mieux armer les plus jeunes dans une société qui laisse de plus en plus de place à l’influence des médias, notamment pour lutter contre les conséquences des fake news (selon le Président, il en « va de l’avenir de nos sociétés et de nos démocraties », mentionnant le cas « des adolescents dont le rapport à la vérité a été construit sur des réseaux où la différence entre vérité et contre-vérité n’est pas claire », redoutant alors « une génération des complotistes »). Il souhaite manifestement aussi mieux encadrer les pratiques associées aux écrans (pouvant être utilisés à des fins délétères) et lutter contre certaines de leurs dérives (comme le cyber-harcèlement).

Reste à découvrir les conclusions du comité d’experts interdisciplinaires (ce n’est pas la première fois que de telles commissions sont créées et rares sont celles à avoir débouchées sur des actions concrètes) et surtout la mise en œuvre  de ces conclusions – l’éducation aux médias dans les écoles est un sujet de préoccupation depuis maintenant quelques dizaines d’années, et sa généralisation reste à ce jour plus que limitée. Quant aux rares pays qui parviennent tant bien que mal à réguler l’accès aux médias des plus jeunes (comme la Chine ou la Corée du Sud), ils s’appuient sur des méthodes d’identification en ligne (via un numéro de sécurité sociale) dont on imagine qu’elles seraient difficilement applicables en France. 

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