Enfants en danger, au Québec comme dans le monde !

Les enfants du Québec ne sont pas choyés. Bon nombre d’entre eux doivent affronter plein de barrières et de stresseurs toxiques, et ce, quotidiennement, souvent à répétition. Leur résilience a beau être bonne, vient un moment où ils n’en peuvent plus de subir les conséquences d’enjeux politiques et sociaux qui nuisent à leur développement et à leur bien-être. Ils passent de peine en peine et de colère en colère, quand ils n’abandonnent pas, tout simplement.

Le drame qui se joue sous nos yeux actuellement, et ce, dans tous les secteurs qui les concernent, nourrit chez eux un cocktail fait d’anxiété, de déception et de désengagement. Leurs droits sont maintes fois négligés et bafoués, et ils finissent par passer dans la proverbiale « craque ».

Rappelez-vous notre choc devant ce jeune enfant migrant trouvé mort sur une plage, il y a quelques années. Repensez à la fillette de Granby, morte par négligence et des suites de mauvais traitements. Notre indignation était totale. À l’échelle du monde, tous jurent que de telles violences ne devraient jamais se produire. Mais en ce moment, les enfants morts se comptent par milliers dans les multiples conflits qui agitent le monde et les grands déplacements. Et on ne s’en soucie guère.

Des enfants négligés et abusés au Québec, on en compte aussi par milliers, et on les oublie tout aussi facilement. Tout se passe comme si notre capacité à réagir et à s’indigner tombait sous le coup de l’inertie devant les fléaux qui affectent nos enfants. C’est dur à comprendre !

En santé, en services sociaux et en éducation, rien ne va plus. Pas plus que pour ce qui a trait à l’accès à la justice et à l’équité sociale. L’accès aux soins médicaux se dégrade progressivement. Les longues attentes, la pénurie de médecins et d’infirmières et l’absence de prévention meublent le quotidien des parents tout en exaspérant la plupart d’entre nous. Les services sociaux sont en crise, autant pour ce qui concerne la protection des enfants que les suivis psychosociaux nécessaires aux enfants en difficulté et ayant vécu des traumas complexes.

En éducation, les carences de personnel, le délabrement des écoles et les bris de services comme les grèves portent atteinte directement au développement et à la sécurité des enfants. On n’en parle guère, ce qui suggère que ce sont là des éléments qui ne semblent pas se situer très haut dans l’échelle des priorités.

L’accès à la justice est aussi en crise. On manque de juges, les délais de peine pour les abuseurs et les violents sont grands, on n’écoute pas la parole des enfants : tout concourt pour en faire un système sans base forte à la manière d’un « fast-food » juridique. Quant à l’équité sociale (problèmes de logement, accès alimentaire et soutien social difficile), son absence crée une catégorie d’enfants à part qui sont de plus en plus isolés avec des problèmes multiples difficiles à résoudre. 

La prise de conscience de la dégradation des soins et des services offerts aux enfants est flagrante. Des solutions existent, mais elles exigent un engagement des communautés d’une part et du courage politique d’autre part. Ce qui n’est pas, on en conviendra, la norme par les temps qui courent. De nombreuses commissions et plusieurs débats théoriques ont été tenus, mais à peu près rien de concret n’en est sorti pour vraiment transformer les grands systèmes qui naturellement sont portés à protéger leurs acquis avant tout.

Commençons déjà par appliquer la Convention internationale relative aux droits de l’enfant comme une base de travail pour assurer une réponse conforme aux besoins globaux des enfants et pour éliminer les environnements toxiques qui menacent constamment leur intégrité et leur potentiel.

Instaurons le respect total des enfants et l’écoute de leur parole comme des principes incontournables pour le succès de toutes les démarches qui les concernent. Créons un langage et des connaissances communes sur les meilleures pratiques pour une enfance heureuse et en santé.

Il urge de mettre en place des pratiques transdisciplinaires dans les milieux de vie des enfants avec un accent sur les enfants en situation de grande vulnérabilité. L’exemple de la pratique de la pédiatrie sociale en communauté devrait inspirer tous ceux et celles qui veulent faire une différence pour les enfants.

En somme, ce qu’il faut, c’est créer, dans leur voisinage, des cercles de protection, de prévention et d’environnement sain au bénéfice de tous les enfants.

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