Etienne Daho enchante Bercy pour le dernier grand concert de l’année

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Crédits photo : Pierre René Worms / Paris Match

Certains remplissent Bercy au bout de quelques années. Pour Etienne Daho, il aura fallu attendre 42 ans ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, le célèbre parrain de la pop française n’avait jamais joué dans la désormais Accor Arena, lui préférant l’écrin intimiste de l’Olympia ou au mieux d’un Zénith. Mais cette fois-ci est la bonne. « Il me semble que c’est le bon disque pour ça » avouait-il à notre micro, impatient de se lancer dans une tournée des Zénith, l’une des plus imposantes de sa carrière. La question était donc de mise : Etienne Daho ferait-il fi de l’immensité d’un Accor Arena rempli jusqu’aux dernières rangées ? Il n’a fallu que quelques minutes pour évacuer ces doutes.

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“On a tellement attendu ce moment”

Sur les écrans géants, un DAHO géant s’illumine façon Vegas tandis que les musiciens (ils sont neuf sur scène dont un quatuor de cordes) lancent une version énergique de “L’invitation”. Il n’en faut pas plus pour faire lever l’orchestre et les gradins, qui ne se rassiéront que très peu durant les 2 heures de show. « On a tellement attendu ce moment. J’ai l’impression que mon coeur va exploser » exulte Daho, veste pailletée sur les épaules, durant la première des nombreuses ovations du concert. Il enfonce le clou avec “Le grand sommeil” puis “Sortir ce soir”, issus de “La note la notte”, qui fêteront leurs 40 ans l’an prochain. Le début d’un déballage d’un catalogue de tubes cultes et classes façon cadeaux de Noël. Et ce même si d’emblée, Etienne Daho ralentit le tempo avec “Le Phare”. Un des rares morceaux (il y en aura quatre) issus de son dernier album “Tirer la nuit sur les étoiles”. Le seul point noir de la soirée aussi puisque l’artiste prend l’habitude d’alterner entre un tube énergique et une ballade lente, faisant quelque peu retomber l’ambiance.

40 ans de tubes !

Pour ce “Daho Show”, Daho a mis les moyens. Derrière lui, un imposant dispositif d’écrans diffuse des visuels soignés, rappelant souvent des génériques de James Bond. Et il ne se prive pas pour transformer Bercy en nightclub grâce aux orchestrations électro de “Virus X” ou “Réévolution”, précédant une première flopée de tubes issus de la grande période de la “Dahomania” fin 80-début 90 : “Des heures hindoues”, “Mon manège à moi”, “Saudade” et “Des attractions désastre”. Car avec ce concert, Etienne Daho balaie 40 ans de carrière et en profite pour se remémorer ses rencontres décisives avec Serge Gainsbourg ou Jeanne Moreau, et saluer ceux qui l’ont soutenu à ses débuts comme Eli et Jacno, Jane Birkin ou Françoise Hardy et Jacques Dutronc.

Vous en voulez encore ? Daho dégaine “Duel au soleil” (pas son morceau qui a le mieux vieilli…), et les classiques “Tombé pour la France”, “Bleu comme toi”, “Week-end à Rome”, “Le premier jour du reste de ta vie” ou “Epaule tattoo” repris en choeur par 15.000 fans, majoritairement cinquantenaires même si quelques enfants sont aperçus dans les gradins. Et chacun accompagnés de visuels pétillants et colorés façon 60’s. Entre deux, Etienne Daho place le morceau-titre de son dernier disque, “Tirer la nuit sur les étoiles”, qui sonne déjà comme un classique live. D’autant plus lorsque Vanessa Paradis le rejoint sur scène pour un duo largement acclamé par le public ! Lequel lui chante un « Happy Birthday Dear Vanessa » de circonstance puisque la chanteuse soufflait ce soir-là ses 51 bougies.

Un show classieux et clinquant

Mais Etienne Daho sait se faire plaisir en piochant dans des morceaux plus confidentiels, mais qu’il affectionne plus que tout : “Sur mon cou”, “L’homme qui marche”, “En surface” par exemple. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’il construit son rappel, plus faible que le reste du concert. Le récent “Boyfriend” (où Jade Vincent fait son apparition sur scène) côtoie “Au commencement” puis enfin “Ouverture”, un de ses morceaux préférés, en guise de fermeture. « Ce n’est pas le hasard, c’est notre rendez-vous, pas une coïncidence » conclut Etienne Daho. De mémoire, cela faisait très longtemps qu’un artiste n’avait pas fini sur une telle standing ovation à Bercy. Ainsi, en deux heures, Etienne Daho a pleinement réussi son pari d’en mettre plein les yeux et les oreilles avec le concert le plus imposant, et le plus important, de sa carrière. Si celui-ci a été filmé pour une prochaine diffusion sur France Télévisions, le chanteur jouera, pour notre plus grand plaisir, les prolongations : à Lille, Lyon et au Zénith de Paris en mai prochain puis dans les festivals de l’été dont Beauregard, les Francofolies ou la Route du Rock. Et on a déjà hâte de refaire la fête avec lui !

Setlist du concert d’Etienne Daho

L’invitation
Le grand sommeil
Sortir ce soir
Le Phare
Comme un boomerang
Virus X
Réévolution
Des heures hindoues
Mon manège à moi
Saudade
Des attractions désastre
Sur mon cou…
L’homme qui marche
Duel au soleil
En surface
Tombé pour la France
Quatre hivers
Bleu comme toi
Soudain
Le premier jour (du reste de ta vie)
Week-end à Rome
Tirer la nuit sur les étoiles (avec Vanessa Paradis)
Épaule tattoo

Encore :
Au commencement
Boyfriend (avec Jade Vincent)
Ouverture

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