Fin des voitures thermiques en 2035 ? Un événement pourrait tout chambouler

L’avenir des voitures thermiques divise toujours l’Union européenne. En début d’année, les 27 ont validé la fin des moteurs thermiques dans les voitures neuves à partir de 2035, y compris les modèles hybrides. Cette décision, qui prend place dans le plan climat de l’Europe, précise que les véhicules mis sur le marché à compter de cette date ne pourront plus émettre aucun CO2 en roulant. Le texte condamne donc les véhicules essence, diesel et hybride, laissant une autoroute au 100 % électrique. Enfin, presque.

L’Allemagne n’était pas vraiment de cet avis et malgré un accord des pays membres à Bruxelles, un arrangement de dernière minute a rassuré nos voisins outre-Rhin. Avec le soutien de l’Italie, ils ont obtenu le maintien des e-carburants en Europe et cette solution est controversée. Ces carburants de synthèse s’attirent les faveurs des constructeurs haut de gamme allemands et italiens, et permettraient de prolonger l’utilisation de moteurs thermiques après 2035.

Surtout, cette fameuse date pourrait être remise en cause lors des élections européennes prévues entre le 6 et le 9 juin 2024. Chef de file de la CSU (Union chrétienne-sociale en Bavière) et président du groupe PPE (Parti populaire européen) au Parlement européen, Manfred Weber, entend renverser cette interdiction des véhicules à combustion.

Les élections européennes de 2024 peuvent-elles modifier l’avenir de l’automobile ?

L’homme politique allemand ne cache pas son ambition, alors que l’UE prévoit une révision du calendrier en 2026. Plusieurs questions seront alors sur la table, dont la situation de l’électrique et des stations de recharges ou des hybrides rechargeables et des carburants de synthèses. Manfred Weber explique qu’il veut profiter de cette révision pour remédier à la décision de sortir du thermique en 2035. Selon lui, la mesure actuelle « entraîne des désavantages concurrentiels massifs pour l’UE ». Il faudra néanmoins que sa formation politique, liée à l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) obtienne une majorité au Parlement européen. Notez que les CSU et CDU sont des partis jumeaux situés au centre droit de l’échiquier politique, tandis que le groupe du Parti populaire européen opte pour un positionnement de centre droit à droite.

Or, les tendances récentes dans le paysage politique témoignent d’une bascule à droite de l’Europe. Les récents sondages, répertoriés aux premier et second trimestres 2023, projettent que le groupe du Parti populaire européen (PPE) et l’alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D) obtiennent le plus grand nombre de sièges. Les mouvements d’extrême droite gagnent également du terrain et les élections européennes de juin 2024 pourraient le confirmer.

En France, le Rassemblement National sortirait gagnant des élections européennes selon plusieurs sondages. Son président, Jordan Bardella, expliquait en septembre sur le plateau de C à vous : « L’interdiction des véhicules à moteurs thermiques à horizon 2035 en Europe va entraîner une catastrophe pour le pouvoir d’achat des classes populaires et des classes moyennes. Je n’accepte pas qu’on fasse payer aux petits les effets de la politique écologique ! ».

Néanmoins, la tâche s’annonce compliquée même en cas de victoire des listes favorables aux moteurs thermiques. Plusieurs acteurs de l’industrie automobile s’éloignent déjà du thermique, effectuant une transition vers le tout électrique.

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