Finies les heures «à la maison» dans des formations accélérées au CSS de Montréal

Rappelé à l’ordre par le ministère de l’Éducation, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) a finalement décidé de sonner la fin des heures « à la maison » dans ses programmes de formations accélérées pour devenir préposé aux bénéficiaires ou infirmière auxiliaire. 

« Nous allons nous conformer à l’orientation ministérielle. La portion de l’horaire à distance sera aménagée en temps de présence à l’école », a confirmé par courriel le porte-parole du CSSDM, Alain Perron. 

Le CSSDM avait auparavant défendu ses pratiques. Il a depuis été réprimandé par le ministère et le ministre de l’Éducation. Un grief syndical a aussi été déposé à son endroit en raison de cette pratique. 

Le Devoir rapportait en novembre que l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal offrait des programmes accélérés pour devenir préposé aux bénéficiaires ou infirmière auxiliaire qui incluaient des heures « à la maison » dans une proportion allant jusqu’à 17 % du temps de formation. Ces heures, qui sont financées par le ministère de l’Éducation, n’étaient pas allouées à des enseignants. Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, avait ensuite exprimé son désaccord avec cette pratique, que les partis d’opposition avaient aussi dénoncée, tout en exigeant un remboursement pour les heures financées. 

Le CSSDM avait, de son côté, défendu son droit d’offrir des services d’enseignement « par divers modes de formation ». 

Or, un récent document signé par la sous-ministre de l’Éducation, Carole Arav, fait le point sur cette pratique. « Les heures consacrées à chaque compétence incluent le temps pour l’enseignement (par l’enseignant, en présence), l’évaluation des apprentissages, l’enrichissement ou l’enseignement correctif. Les devoirs à la maison sont exclus du nombre d’heures prévu pour le programme d’études », est-il notamment écrit dans un bulletin de janvier destiné à l’ensemble des directions générales en enseignement.

Mme Arav écrit aussi que « la durée des programmes d’études ainsi que celle associée à chaque compétence sont déterminées en fonction du temps nécessaire pour faire l’apprentissage des tâches du métier ou de la profession ». Elle précise que « l’ordre des compétences enseignées ainsi que le temps associé à chacune d’elles peuvent être aménagés », mais que « la durée du programme d’études prescrite par le ministre de l’Éducation » doit être respectée. 

Un grief syndical

 

L’Alliance des professeurs de Montréal a aussi confirmé au Devoir qu’un grief syndical a été déposé à l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal et à l’École des métiers de l’administration, où les heures « à la maison » avaient aussi été instaurées. 

« La direction a omis de distribuer des heures d’enseignement prévues aux programmes “Soutien aux soins d’assistance en établissement de soins de longue durée” et “Santé, assistance et soins infirmiers au personnel enseignant” », a écrit le syndicat dans son grief, en référence aux programmes permettant d’obtenir des postes de préposés aux bénéficiaires et d’infirmières auxiliaires. 

La situation, révèle le grief, est la même dans le programme « Vente-conseil » offert à l’École des métiers de l’informatique, du commerce et de l’administration. 

« En effet, en prévoyant qu’un certain nombre d’heures financées soient réalisées par l’étudiante ou l’étudiant sans la présence d’une enseignante ou d’un enseignant, l’employeur contrevient particulièrement, mais non limitativement, [à quatre clauses] de la convention collective », poursuit le syndicat, citant des clauses associées à la priorité d’emploi. 

Le CSSDM avait aménagé des heures « à la maison » pour « répondre aux besoins des élèves dans un contexte de conciliation famille-travail-études », a écrit dans un courriel le porte-parole Alain Perron. Il a ajouté que cette pratique constituait un « projet-pilote ». 

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