Flop des Pires Séries 2023

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Quelles sont les 10 pires séries de l’année 2023 pour Écran Large ?

Les horreurs de l’année 2022 sont encore de douloureux souvenirs qui nous hantent chaque jour entre The Terminal List, Inventing Anna, Blockbuster, Le livre de Boba Fett, Resident Evil ou Moon Knight classées parmi les pires séries de 2022. Et même si on aurait aimé le contraire, Netflix, Amazon Prime Video, Disney+ et consorts nous ont aussi concocté de quoi passer de mauvais moments en 2023.

De quoi leur laisser largement une place au chaud dans cette sélection de 10 coups de coeur crèvecœur et/ou déceptions et/ou hallucinations et/ou traumatismes pour la rédaction.

 

 

 

MANIAC PAR JUNJI ITŌ : ANTHOLOGIE MACABRE

  • Date de sortie : 19 janvier 2023  sur Netflix
  • Durée : 12 épisodes d’environ 10 minutes 

 

Maniac par Junji Ito - Anthologie macabre : photoSoïchi dans la colle

Le mangaka Junji Ito a toute sa place aux côtés des Stephen King, John Carpenter, Hideo Nakata, Wes Craven, David Cronenberg et autres maîtres de l’épouvante ayant façonné une part de notre imaginaire horrifique. Depuis quelques années, l’artiste a cependant commencé à s’exporter massivement en Occident, et notamment en France (merci Mangetsu).

Après une anthologie animée en 2018 qui n’a pas atteint nos frontières, tout comme les quelques films japonais tirés de son oeuvre, Netflix a donc signé une série d’animation et d’anthologie adaptée de plusieurs de ses histoires. Autant dire que l’attente était grande et que la déception l’était encore plus. Si Maniac par Junji Ito – Anthologie macabre fait suer et grincer des dents, ce n’est jamais pour les bonnes raisons. On peut blâmer l’animation trop rigide du studio Deen, les décors minimalistes et plus généralement les graphismes lissés et purgés des détails macabres et poisseux qui donnent aux planches originales leur caractère fiévreux et organique, ainsi que leur intensité cauchemardesque. Et ne parlons pas des CGI atroces qui rendent grotesque tout ce qui devrait faire peur…

La narration quant à elle est trop faiblarde pour captiver. Les histoires ne sont jamais étouffantes ou dérangeantes, puisqu’elles ont trop peu de temps pour être étoffées et qu’elles bâclent systématiquement leur conclusion. Le malaise n’est donc pas celui escompté, et laisse plutôt place à la frustration tant il s’agit d’un rendez-vous manqué pour la plateforme (et les fans).

 

OUTER BANKS S3

  • Date de sortie : 23 févier 2023 sur Netflix
  • Durée : 10 épisodes d’environ 50 minutes 

 

Outer Banks : photo, Madison Bailey, Rudy PankowQu’est ce qui est jaune et qui attend ?

 

Outer Banks, c’est l’archétype de la déception made in Netflix, qui promet à longueur de promo et de cliffhangers une grande aventure dépaysante pour finalement feuilleter le catalogue des BG mécheux pendant 10 épisodes. Après deux saisons, on savait à quoi s’en tenir… et pourtant cette troisième salve est de toute évidence celle qui s’approche le plus de ses prétentions initiales. Enfin, la troupe d’ados la plus tête à claques de l’histoire de la SVoD s’enfonce dans la jungle pour affronter moult dangers exotiques…

Sauf qu’il s’agit du dernier épisode, qui serait le plus générique des divertissements s’il n’était pas inespéré. Car avant lui, il faut toujours se fader les pérégrinations hormonales de ses héros bras cassés, qui se tournent autour dans un océan d’incohérences et d’arcs narratifs débiles (mais que fait la police ?), le tout mis en scène comme un épisode de Plus Belle la Vie avec plus de fric et de pastis plus uniquement dans les verres, mais aspergé sur l’objectif, afin d’obtenir cette hideuse photo sépia.

Le soap opera sévit donc encore, cartonne sur les plateformes de streaming et se pare des atours du cinéma d’aventure pour mieux passer inaperçu. C’est officiel : Netflix a remplacé la télévision, jusqu’à ses pires aspects.

YELLOWJACKETS SAISON 2

  • Date de sortie : 26 mars 2023 sur Canal+
  • Durée : 9 épisodes d’environ 1h 

 

Yellowjackets : photoOn aurait préféré voir la saison 2 comme ça


Yellowjackets
 avait merveilleusement commencé avec une première saison au concept génial. Une équipe féminine de football survit à un crash d’avion mais se retrouve isolée en pleine forêt, à devoir survivre par tous les moyens possibles. Entre passé et présent, la série avait pour ambition de raconter à la fois les traumatismes (de nature parfois fantastiques) survenus lors de cette période, mais aussi la vie actuelle des survivantes. Avec un casting quatre étoiles (dont Christina Ricci, Juliette Lewis et Melanie Lynskey), Yellowjackets avait tout pour devenir un phénomène de l’horreur télévisuelle.

Sauf que… tout juste la première saison achevée, la série peine déjà grandement à trouver quoi faire de son sujet. Très tôt dans le récit, le cannibalisme auquel les filles ont eu recours lors de leur errance est suggéré comme une terrible révélation à venir, mais comme les scénaristes se refusent à lâcher leur carte la plus sensationnelle, les épisodes se perdent en atermoiements pour faire du remplissage sans conclure l’histoire. De la même manière, au cours de cette saison, les éléments fantastiques sont toujours aussi flous et timides, refusant tout progrès pour s’emparer du récit.

À la place, c’est un univers new age qui entre en scène, avec l’arrivée d’une secte (représentée de manière étonnamment positive) qui prend le pas sur le sous-ton horrifique de la première saison. Les mystérieux démons cannibales laissent la place aux pseudo-sorcières fans de yoga et de cristaux de sel, pour se perdre complètement en chemin. Le constat est évident : les scénaristes savent qu’ils ont peu de cartes en main, et ils préfèrent s’égarer et s’étendre sur des intrigues secondaires anodines plutôt que de les abattre. Énorme déception, surtout vis-à-vis de la qualité de la saison précédente, et énorme inquiétude sur les nouveaux virages que prendra l’histoire dans la prochaine. 

 

FUBAR

  • Date de sortie : 25 mai 2023 sur Netflix
  • Durée : 8 épisodes d’environ 50 minutes 

 

Fubar : photo, Arnold SchwarzeneggerArnold Schwarzenegguerre de voisinage

 

Fubar est le genre de série qu’on aurait lâché après le premier épisode si on n’avait pas dû écrire dessus. Mais avec Arnold Schwarzenegger en tête d’affiche et une diffusion sur Netflix, il a bien fallu se farcir les 8 (longs) épisodes de cette comédie d’action sans comédie ni action. La création de Nick Santora est un mélange fauché et anémié entre True Lies et Alias, qui voulait refléter la carrière du vieux chêne autrichien. De son propre aveu, Fubar serait autant une histoire fictive qu’un documentaire sur sa vie, justifiant ainsi les nombreux clins d’oeil bien trop appuyés pour ne pas mettre mal à l’aise.

Après Sylvester Stallone dans Tulsa King, c’est donc son ancien némésis qui a décidé de faire un crochet par le petit écran pour se refaire une santé. Mais ego (et déni) oblige, la série ne parvient jamais à tenir le postulat du vieil agent à la retraite qui doit passer le relai à sa fille. Arnold Schwarzenegger, du haut de ses 75 ans et de sa casquette de producteur exécutif, reste inexplicablement un des principaux garant de l’action, mais sans en avoir les capacités physiques. Le montage est obligé de gruger pour donner l’illusion d’une forme olympique, mais sans succès. Fubar passe donc son temps à esquiver son propos de départ et ne verse que rarement dans l’auto-dérision attendue.

Et ce n’est pas le reste du casting qui peut relever le niveau, surtout pas la collègue lesbienne beauf (pardon, mais c’est sa caractérisation) qui fait des chats-bites à ses collègues…

ABYSSES

  • Date de sortie : À partir du 5 juin 2023 sur France Télévisions
  • Durée : 8 épisodes d’environ 45 minutes 

 

Abysses : photoIls ont échoué

 

L’annonce d’une adaptation du Abysses de Frank Schätzing a laissé plus d’un lecteur circonspect, le pavé publié en 2004 étant un thriller écologique d’une ampleur impressionnante qui plus est découpé en deux parties où évoluent en parallèle de très nombreux personnages, lesquels ne se croisent parfois que très tardivement dans le récit. Mais la présence de Frank Doelger (Game of Thrones) et la promesse d’une co-production européenne d’ampleur ont fait relativiser l’ampleur de la tâche.

Verdict : Abysses était bel et bien inadaptable. En fait, ce sont les ambitions affichées par le partenariat de financement L’Alliance qui semblent avoir condamné la chose. S’attaquer à une telle histoire exigeait des partis pris forts, impossibles dans une co-production écrasée par son lourd cahier des charges télévisuel. Il s’agit moins de rendre honneur au travail titanesque de l’auteur que d’accrocher les parts d’audience qui zappent de chaine en chaine en plein prime time.

Reste une intrigue dont on force le déballage express à coups de tunnels de dialogues, des performances aléatoires et un tas de personnages anodins balancés en vrac dans des décors génériques. Quant aux scènes spectaculaires attendues avec impatience, elles sont bâclées en début ou fin d’épisode, non pas faute de budget, mais faute de temps. Peut-être le plus gros gâchis de cette année.

 

Secret Invasion

  • Date de sortie : À partir du 21 juin 2023 sur Disney+
  • Durée : 6 épisodes d’environ 45 minutes 

 

 

C’est peu dire que les séries Marvel sur Disney+ nous déçoivent depuis un moment maintenant, polluées par un système de production précipitée au sein d’une franchise qui ne sait plus où donner de la tête du point de vue de sa cohérence. Secret Invasion en est non seulement le symptôme terminal, mais aussi l’un des plus gros crashs industriels de l’année. Pourtant, en adaptant en thriller paranoïaque une invasion de Skrulls dans les hautes sphères de la politique terrestre, il y avait de quoi s’amuser.

En lieu et place, il faut se contenter de retournements de situation indigents (dont celui du premier épisode, censé émouvoir les fans de la première heure du MCU) et autres tunnels ronflants de dialogues menant sur du vide. Malgré ses six épisodes, Secret Invasion donne la sensation de ne rien raconter, comme si tout était contenu dans le hors-champ et dans des cliffhangers sans poids.

De quoi s’arracher les cheveux quand les dernières minutes semblent traiter ce que la série promettait d’être depuis le départ. Néanmoins, l’échec narratif serait presque pardonnable face à la laideur technique et artistique de la chose. Les effets spéciaux sont les plus ratés du MCU (et on a eu Ant-Man 3 cette année !). La mise en scène est d’une nullité sans nom (on ne se remet toujours pas de cette bataille rangée sur cette triste clairière, plombée par une spatialisation aux fraises). Les acteurs sont fatigués d’être là. Bref, Secret Invasion, c’est peut-être l’une des pires productions de l’histoire de Marvel. Rien que ça.

Ahsoka 

 

C’est le jeu des flops de fin d’année : même si quelqu’un (Antoine) a plutôt apprécié Ahsoka et mis de bonnes notes à plusieurs épisodes, la série a suffisamment déçu un autre membre éminent de la rédaction (Déborah) pour qu’elle se retrouve dans cette sélection. Vous devinerez donc que ce n’est pas ce cher Antoine au clavier, mais celle qu’il a fusillée du regard à l’annonce du classement final.

La série de Dave Filoni, qui officie comme réalisateur et showrunner, n’est pas mauvaise à proprement parler, mais trop inégale et de fait, particulièrement frustrante. Alors qu’elle était censée être la première oeuvre canon entièrement centrée sur la Togruta, Ahsoka a mis bien trop de temps à s’intéresser à celle qui lui a prêté son nom. Toute la première partie sert plus à placer de nouvelles pièces sur l’échiquier et préparer le futur de la saga qu’à ausculter la protagoniste de Rosario Dawson, à laquelle il peut être difficile de s’accrocher.

Et quand l’intrigue se recentre sur l’ancienne apprentie d’Anakin et ambitionne d’être plus qu’une simple suite de Rebels, c’est au détriment du reste du casting, en particulier Sabine dont l’arc a du mal à coexister avec celui de l’héroïne (alors même que les deux sont grandement liés). Plus généralement, les enjeux intimes de la Jedi ou de sa Padawan peinent à s’imbriquer aux enjeux de plus grande ampleur, en particulier le voyage vers une autre galaxie. Ainsi, Ahsoka reste dans un entre-deux pénible, le final ayant disséminé les prémices d’un tout nouveau chapitre pour Star Wars, mais sans avoir conclu le précédent.

RAGNAROK SAISON 3 

  • Date de sortie : 24 août 2023 sur Netflix
  • Durée : 6 épisodes d’environ 45 minutes 

 

Ragnarök : photo, David StakstonMENSONGE !

Certes, Ragnarök a mis près de deux ans à revenir sur Netflix, donc tout n’était plus très frais dans la tête des téléspectateurs à son retour, mais ça ne suffit pas à expliquer pourquoi dès les premières minutes de la saison 3, on a l’impression désagréable d’avoir lancé par mégarde le deuxième épisode à la place du premier. Entre les nouveaux personnages bien installés, mais jamais proprement introduits, les nouveaux enjeux sortis de nulle part, mais apparemment cruciaux, et les changements de dynamiques entre les protagonistes sans la moindre explication, il y a de quoi douter. Mais non, la création d’Adam Price est simplement devenue incohérente et imbitable.

Et si on pensait que la série démarrait suffisamment mal pour ne pas tomber plus bas, elle se fait un croche-pied à quelques mètres de la ligne d’arrivée. Le final vire donc carrément à la mauvaise blague. Il essaie de nous faire avaler que tout ce schmilblick sur la réincarnation des dieux nordiques et l’affrontement entre Magne et les Jutul n’était en fait que le fruit de l’imagination du héros, qui n’est pas le nouveau Thor, mais “juste” un adolescent schizophrène et paranoïaque. Tout ça sans que la série ait glissé le moindre indice à ce sujet auparavant, bien évidemment. Même la bataille finale de Twilight qui n’était qu’une vision d’Alice (déso pour le spoil) avait au moins le mérite de se dérouler à l’écran, contrairement à celle de Ragnarok qui n’aura donc jamais lieu.

Killer coaster

  • Date de sortie : 15 septembre 2023 sur Amazon Prime Video
  • Durée : 8 épisodes d’environ 30 minutes 

 

Killer Coaster : critique qui ne décroche pas le ponpon sur AmazonLamy Supremacy

 

On avait aimé Derby Girl, belle petite surprise sortie en 2020 sur France.tv Slash et qui embrassait totalement sa dimension grotesque et loufoque. On était donc curieux de voir le co-créateur Nikola Lange (sans Charlotte Vecchiet mais avec Thomas Mansuy) revenir avec une histoire de fête foraine et de tueur en série à nouveau portée par Chloé Jouannet. Oui, voir le gang Lamy réuni (la mère Alexandra, la sœur Audrey, la fille Chloé) avait de quoi faire peur, mais on était prêt pour une autre surprise à la Derby Girl.

Sauf que non. Killer Coaster a bien quelques idées et atouts, que ce soit l’énergie d’Alexandra Lamy en pervenche ingérable ou l’esthétique rose-fluo-synthwave. Mais ça ne fonctionne pas, la faute à une écriture beaucoup plus approximative que Derby Girl, notamment sur les personnages (et encore plus les seconds rôles). Résultat : le timing comique de nombreuses scènes tombe à plat, l’intrigue avance péniblement, et les sourires du début laissent place à l’ennui. Parce que huit épisodes pour ça, c’est beaucoup, beaucoup trop. De quoi s’interroger sur les méthodes de fabrication de cette série Amazon Prime.

Le continental : d’après l’univers de John Wick

  • Date de sortie : à partir du 22 septembre 2023 sur Amazon Prime Video
  • Durée : 3 épisodes d’environ 1h30

 

The Continental : Photo Jessica Allain“Des gens se sont battus ici”

 

Petit quizz : qu’est-ce qui est le plus intéressant dans la saga John Wick ? Les gigantesques scènes de baston ou la cosmogonie bancale des tueurs et de leurs repaires ? La trilogie réalisée par Albert Hughes et scénarisée par Greg Coolidge, Kirk Ward et Shawn Simmons a contre toute attente choisi l’option 2. Dans son premier épisode, d’une durée donc presque équivalente à celle du premier volet (1h41), la série n’offre que deux pauvres séquences d’action à se mettre sous la dent. Quant au deuxième, il ne livre que quelques miettes de cascades.

Mais même en faisant le deuil des dents cassées, elle reste en deçà de la saga au cinéma. Si les récits des John Wick n’ont jamais brillé par leur originalité, ils avaient au moins le mérite de jouer la carte du ludisme et de la générosité. C’est simple, Le Continental ne fait ni l’un ni l’autre. Ne reste qu’une histoire de gangsters des plus anecdotiques, oubliée sitôt achevée.

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