Gabriel Attal, une ambition (trop ?) dévorante pour l’Elysée ?

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Gabriel Attal, une ambition (trop ?) dévorante pour l'Elysée ?

L’omniprésence dans les médias du ministre de l’Éducation, Gabriel Attal, pour mettre en avant sa politique sur l’école fait grincer des dents.

Il ne cesse de grimper dans les sondages et multiplie les offensives depuis son nouveau ministère de l’Éducation nationale : Gabriel Attal s’est installé comme une des principales figures de la majorité. Son nom, entre enthousiasme et scepticisme, commence même à circuler pour 2027. Le successeur du discret Pap Ndiaye enchaîne les apparitions au 20h de TF1. Omniprésent dans les médias, il l’est aussi sur le terrain. Son discours de près d’une heure, sur l’esplanade de la Bibliothèque nationale de France, à Paris, pour la journée nationale des enseignants, a été remarqué, drapeaux français et européen en arrière-plan. Une scénographie digne d’un Premier ministre ou d’un Président.

Il a même reçu les louanges publiques d’Emmanuel Macron récemment. “Quand je l’ai nommé, je l’ai fait en sachant que j’avais un responsable politique qui avait l’énergie, le courage, pour mener les combats nécessaires”, avait déclaré le chef de l’État, le 20 décembre dernier dans l’émission “C à vous”, sur France 5.

Connu du grand public comme porte-parole du gouvernement durant une partie de la crise Covid, avant d’occuper pendant un an le portefeuille stratégique des Comptes publics, Gabriel Attal maîtrise les codes de la communication, à l’image du locataire de l’Elysée, son mentor à qui il “doi[t] tout”. “Attal, il est comme Macron. Il ne croit en rien à part en lui-même”, confie un allié de la majorité auprès de RTL

“Ne vous fiez pas à son joli sourire”

De là à en faire un nouveau venu dans la course à l’Élysée en 2027 alors qu’Emmanuel Macron ne peut se représenter ? Beaucoup en parlent mais pour l’heure, peu y croient dans la majorité. “Ça y est, il se voit déjà à l’Élysée en 2027 !”, ironise un membre du gouvernement au Parisien, pendant qu’un autre dit que Gabriel Attal en fait “trop”. “Attal, c’est moi, toujours moi, et encore moi. Ne vous fiez pas à son joli sourire, c’est un tueur. Il est d’abord là pour faire de la politique et répondre à une ambition manifestement dévorante “, assure un confident du président de la République.

Depuis sa prise de poste, le ministre de l’Éducation a interdit l’abaya, s’est dit favorable aux expérimentations sur l’uniforme et s’est saisi du harcèlement à l’école. Néanmoins, un conseiller met en garde : “Pour le moment, c’est beaucoup d’annonces. Mais à force d’en faire trop, le risque est aussi de décevoir si les résultats ne suivent pas”. Si la cote de popularité de Gabriel Attal est sur la pente ascendante, “une notoriété, c’est toujours quelque chose de très fragile”, juge un autre conseiller de la majorité. “Ça peut très bien se renverser, surtout dans un ministère comme celui-ci où c’est la crise permanente”. Gare donc à ce que sa méthode et son ambition ne soient pas un bâton dans la roue qui pourrait le mener vers l’Elysée.

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