Guerre Israël-Hamas : des combats acharnés se tiennent autour de Khan Younès, à Gaza

Des combats acharnés ont lieu lundi dans le secteur de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza où l’armée israélienne concentre ses opérations contre le Hamas palestinien, en dépit des appels à une pause dans les affrontements, qui se multiplient au niveau international.

Dans la matinée, des témoins ont fait part à l’AFP de tirs d’artillerie nourris, progression de chars israéliens et d’affrontements violents, près de l’université d’al-Aqsa et de l’hôpital Nasser à Khan Younès.

La guerre entrée dans son 108e jour lundi a été déclenchée par l’attaque d’une ampleur et d’une violence sans précédent lancée par le mouvement islamiste palestinien le 7 octobre sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1 140 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles israéliennes.

Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, dont une centaine libérées fin novembre en échange de prisonniers palestiniens. Selon le même décompte, 132 otages sont toujours dans le territoire, dont 28 seraient morts.

Israël a juré « d’anéantir » le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza en 2007. Ses opérations militaires y ont fait 25 295 personnes, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Réfugié en famille avec nombre d’autres Gazaouis déplacés dans l’hôpital Nasser de Khan Younès où se cachent des responsables du Hamas, selon Israël, Mahdi Antar s’attend à un « assaut » israélien. « Mais quitter l’hôpital est dangereux, car les bombardements d’artillerie continuent », affirme à l’AFP M. Antar, 21 ans.

« Des obus tombent à côté de l’université », décrit Younis Abdel Razek, 52 ans, installé sous une tente avec 16 membres de sa famille dans l’enceinte du bâtiment.

« Erreurs »

Livrant sa « version des faits » sur le 7 octobre dans une opération inédite de communication, ce mouvement classé terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union Européenne a reconnu dimanche des « erreurs » ayant provoqué la mort de civils, et exigé « l’arrêt immédiat de l’agression israélienne » à Gaza.

Selon le Wall Street Journal, le renseignement américain estime que jusque-là, Israël a tué « environ 20 % à 30 % » des combattants du Hamas, encore bien loin de son objectif de destruction du mouvement.

D’après ce quotidien, les États-Unis, le Qatar et l’Égypte, pays ayant joué le rôle de médiateur lors de la trêve en novembre, tentent de convaincre Israël et le Hamas de s’accorder sur la libération des otages en échange d’un retrait israélien de Gaza.

Dans la nuit, des proches des otages et des sympathisants ont manifesté près de la résidence officielle du Premier ministre israélien pour réclamer un accord de ce type en vue de leur libération, alors que la contestation du gouvernement de Benjamin Nétanyahou s’intensifie en Israël.

Le 7 octobre, « ce gouvernement et ce Premier ministre nous ont totalement abandonnés […] Nous demandons au gouvernement de jouer son rôle, de proposer un accord, de le mener à bien et de ramener en vie les otages restants », a lancé un manifestant, John Polin, père d’un otage.

« Seul survivant »

Mais M. Nétanyahou a « catégoriquement » rejeté dimanche les « conditions » du Hamas, restant sourd aux appels internationaux qui se multiplient pour une trêve humanitaire et la préparation d’une après-guerre incluant la création d’un État palestinien.

Israël ne peut construire la paix « seulement par des moyens militaires », a martelé lundi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, avant de rencontrer à Bruxelles séparément les chefs des diplomaties israélienne et palestinienne, dans une tentative des 27 de dessiner une « approche globale » pour ramener la paix dans la région.

Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu s’est lui entretenu dans la matinée à Tel-Aviv avec son homologue israélien, Yoav Gallant, avant un rendez-vous avec M. Nétanyahou.

Dans la bande de Gaza assiégée, où au moins 1,7 des 2,4 millions d’habitants ont dû fuir leur foyer, beaucoup se massant dans le sud, la situation humanitaire et sanitaire est catastrophique selon l’ONU.

Abdelrahmane Iyad, blessé à Gaza et désormais soigné à bord du porte-hélicoptères français Dixmude, à quai en Égypte, n’a pas eu le temps de quitter sa maison lorsque celle-ci a été touchée.

« J’étais avec mes parents, mon frère, ma soeur, ma seconde soeur et son mari ainsi que leur fille. Ils sont tous décédés. Je suis le seul survivant », témoigne-t-il à l’AFP.

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