Guerre Israël-Hamas: Intenses combats à Khan Younès, près d’hôpitaux

D’intenses combats font rage mercredi à Khan Younès, notamment près d’hôpitaux, dans cette ville du sud de la bande de Gaza devenue l’épicentre des combats entre l’armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Alors que la situation humanitaire est chaque jour plus grave dans le territoire palestinien assiégé et que les familles des otages israéliens à Gaza accentuent leur pression pour leur libération, des discussions ont lieu notamment au Caire en vue d’obtenir une trêve.

C’est dans le secteur de Khan Younès que 24 soldats israéliens sont morts lundi, faisant de cette journée la plus sanglante pour l’armée israélienne dans le territoire palestinien depuis le début de son opération terrestre fin octobre.

La guerre a été déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1140 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles israéliennes.

Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, dont une centaine libérées fin novembre lors d’une trêve en échange de prisonniers palestiniens. Selon le même décompte, 132 otages sont toujours dans le territoire, dont 28 seraient morts.

Ordre d’évacuation

Après l’attaque, Israël a juré « d’anéantir » le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et a lancé une vaste opération militaire qui a tué 25 700 Palestiniens, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé du Hamas.

L’armée israélienne a massivement bombardé le nord du territoire au début de la guerre, provoquant le déplacement de 1,7 million de personnes plus au sud, et concentre désormais ses opérations, notamment terrestres, sur le secteur de Khan Younès, qu’elle dit encercler et où se cachent selon elles des responsables du Hamas, organisation classée comme « terroriste » par Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

Quelque « 88 000 habitants et environ 425 000 personnes déplacées » se trouvant dans plusieurs secteurs de Khan Younès ont été appelés mardi par Israël à les évacuer, selon l’ONU, mais les combats rendent extrêmement dangereux le moindre déplacement.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, les hôpitaux ont reçu 125 corps de personnes tuées durant la nuit dans la bande de Gaza, le gouvernement du Hamas parlant lui de « plus de 200 morts ».

Le Hamas a accusé Israël de vouloir déplacer de force « des dizaines de milliers de personnes » de Khan Younès à Rafah, à la frontière avec l’Égypte.

Parmi les secteurs à évacuer figurent notamment trois hôpitaux, dont celui de Nasser, encerclé par des dizaines de chars « de tous les côtés » sauf un « couloir » pour que les gens puissent partir, selon le bureau des médias du Hamas.

Cette source a parlé de « violentes frappes à proximité », et le ministère de la Santé a mis en garde contre des « répercussions désastreuses » si les forces israéliennes menaient un raid contre cet établissement, le plus grand du sud du territoire.

« Des milliers de déplacés dans les hôpitaux Nasser et Al-Amal ont été contraints de partir pendant la nuit et ce matin pour Rafah », a dit le bureau du Hamas.

Mais Rafah n’est pas épargné. Des hommes et femmes se sont recueillis mercredi devant des dépouilles de proches tués dans des bombardements, déposées à même le sol devant une morgue, selon un journaliste de l’AFP.

L’Organisation mondiale de la santé a déploré mercredi une situation « indescriptible » dans les hôpitaux de Khan Younès.

« Encerclé »

Shafiq al-Taluli, un poète de 54 ans a dit lui être coincé dans un établissement scolaire géré par l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Al-Mawasi, secteur entre Khan Younès et Rafah dans lequel il s’était réfugié avec d’autres déplacés. « On a été encerclé par des chars israéliens et l’armée nous a ordonné de ne pas sortir […] ceux qui n’ont pas obéi ont été tués ».

Sur le front diplomatique, une délégation du Hamas se trouve depuis mardi au Caire pour « discuter avec le chef de renseignements égyptiens d’une nouvelle proposition de cessez-le-feu », selon une source proche des pourparlers.

Brett McGurk, conseiller du président américain pour le Moyen-Orient, se trouvait aussi mardi dans la capitale égyptienne pour discuter d’une « pause » dans les hostilités et de la libération les otages, selon Washington.

Un porte-parole de la Maison-Blanche, John Kirby, a fait état de « conversations très sérieuses ».

La guerre exacerbe les tensions régionales entre d’un côté Israël, et son allié américain, et de l’autre l’Iran et ses soutiens comme le Hezbollah libanais, les Houthis yéménites et des milices irakiennes.

Bagdad a dénoncé mercredi une « escalade irresponsable » après de nouvelles frappes américaines en Irak, faisant un mort, contre des sites tenus par des groupes armés pro-Iran, des bombardements effectués en représailles aux attaques contre les soldats américains dans le pays.

Les États-Unis ont aussi mené mercredi deux nouvelles frappes au Yémen contre les rebelles Houthis qui menacent le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, en « solidarité » avec Gaza.

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