Guide de survie au Salon de l’auto de Montréal

C’est le Salon de l’auto de Montréal cette semaine. Cette grand-messe de l’automobile est à l’image de l’industrie, mais pas du marché, cette année. Car le cheval-vapeur cède sa place au kilowattheure plus rapidement du côté des acheteurs que des vendeurs, ce qui crée parfois des conversations absurdes que ce petit guide veut aider à corriger.

Après la marche et l’autobus, l’auto électrique est un autre moyen de réduire son empreinte carbone, démontrent de plus en plus d’études. Elle est aussi malheureusement plus sûre que les trottoirs givrés du centre-ville…

Débutons par deux événements tout frais. À la mi-janvier, des bornes Tesla près de Chicago ont subi une panne notamment en raison d’un froid exceptionnel pour la région. La même semaine, des pompes à essence ont cessé de fonctionner à Calgary en raison d’une vague de froid. Des véhicules sont tombés en panne dans les deux cas, faute de pouvoir faire le plein. 

Une technologie motrice est-elle meilleure que l’autre ?

Dans la même veine, on fait grand cas des véhicules électriques qui prennent feu. En Suède, une agence du ministère de la Défense a donc fait le décompte. En 2022, elle a dénombré 3,8 cas d’incendies par tranche de 100 000 véhicules électriques sur la route. La même année, elle a compté 68 cas d’incendies par tranche de 100 000 véhicules à essence.

On ne tuera pas la une pour ça…

Le froid

Par temps froid, tous les véhicules ont une autonomie réduite. Des organismes aux États-Unis se sont penchés sur cette question depuis quelques années et le consensus est que la perte moyenne d’autonomie des véhicules électriques l’hiver est de 12 à 30 %. Elle peut atteindre 41 % par temps très froid si tous les accessoires chauffants sont activés au maximum.

Une voiture électrique comme la Chevrolet Bolt pourra parcourir dans le pire des cas 225 km sur une pleine charge alors qu’il fait -10 degrés Celsius à l’extérieur.

Le froid affecte aussi les véhicules à essence. Sous les -6 degrés Celsius, un moteur à essence perd 15 à 24 % de son autonomie, calcule le département américain de l’Énergie. Une voiture qui normalement parcourrait 400 km par plein en fera entre 300 et 340 avec un réservoir bien plein qu’elle videra complètement.

L’argent

Le coût de ce plein est probablement supérieur à 50 $. Le coût d’une recharge électrique atteindra dans le pire des cas une dizaine de dollars à une borne rapide du Circuit électrique. 

Cela dit, les autos électriques coûtent cher. On dirait que les constructeurs s’empressent de commercialiser leurs modèles les plus luxueux. Ça donne l’impression qu’il faudra les conduire pendant sept ans, ou parcourir 100 000 kilomètres, avant de « rentrer dans son argent », et que son coût d’utilisation soit moins élevé que celui d’un véhicule à essence.

Établi au Royaume-Uni, le Climate Change Committee a comparé le coût annuel moyen des véhicules légers dans les principaux marchés dans le monde. Au quotidien, l’électrique est au moins 60 % plus abordable. L’économie est plus élevée là où l’électricité coûte moins cher, comme au Québec. La surprime payée à l’achat par rapport à un véhicule comparable est amortie avant la fin d’une location à long terme de quatre ans, souvent moins.

La dette carbone

On entend à propos des émissions polluantes des véhicules électriques que l’énergie requise pour les construire est si grande qu’il faut une éternité pour rembourser leur « dette en carbone ».

Pas tant que ça. L’International Council for Clean Transportation (ICCT) calculait en 2021 qu’un véhicule électrique est plus « propre » qu’un véhicule à essence comparable après 18 000 kilomètres. C’est moins long là où l’électricité est renouvelable. 

Sur un cycle de vie d’environ sept ans, un véhicule électrique génère dans le pire des cas de 50 à 66 % moins d’émissions polluantes qu’un véhicule à essence similaire. Même alimentés par des centrales au charbon, les véhicules électriques sont moins polluants, concluent les études.

Les métaux rares

Enfin, les fameux métaux rares, dont le cobalt. Le secteur minier mondial a besoin d’encadrement : Amnistie internationale fait tout pour interdire la présence d’enfants dans les mines de cobalt. C’est tout un fléau. Pour aider, le moindre qu’on puisse faire est de réduire nos besoins en cobalt et recycler celui en circulation.

Daniel Breton, ex-ministre québécois de l’Environnement et président de Mobilité électrique Canada, a réagi au début janvier à une publication sur le cobalt virale et trompeuse partagée sur les réseaux sociaux pendant les Fêtes. 

Le cobalt est utilisé dans certaines batteries. Cela dit, les voitures électriques plus récentes ont des batteries qui comportent exactement zéro cobalt, écrit Daniel Breton.

Conjointement avec du rhodium – un métal rare et très précieux –, on trouve aussi du cobalt dans des catalyseurs d’échappement… de véhicules à essence. Il est par ailleurs essentiel pour les raffineries qui produisent de l’essence et du diesel. Les téléphones et les ordinateurs contiennent du cobalt. 

Jusqu’à 98 % du contenu des batteries de véhicules électriques peut être recyclé. Au moins une entreprise québécoise, Lithion Technologies, se propose de le faire en banlieue de Montréal. 

L’essence que consomme une auto à essence est recyclable à… 0 %.

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