huit autoroutes bloquées, les agriculteurs bientôt dans la ville ?

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Blocage de Paris : huit autoroutes bloquées, les agriculteurs bientôt dans la ville ?

Le mouvement des agriculteurs continue de se rapprocher de Paris avec le blocage de huit autoroutes autour de la capitale ce lundi 29 janvier et pour une durée indéterminée. Envisagent-ils d’entrer dans Paris ?

Le “siège” de Paris a commencé. De nombreux agriculteurs ont répondu à l’appel lancé par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs du Grand bassin parisien ce lundi 29 janvier pour venir bloquer les huit autoroutes qui desservent la capitale du nord au sud et d’ouest et est : l’A1 près de la commune d’Epiais-lès-Louvres ; l’A4 à hauteur de Jossigny ; l’A5 au niveau de Plessis-Picard et d’Ourdy ; l’A6 près de Villabé ; l’A10 près de Longvilliers, peu après le péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines ; l’A13 au péage du Buchelay ; l’A15 entre Argenteuil et Gennevilliers et l’A16 au niveau de L’Isle-Adam.

En place depuis le début d’après-midi ce lundi, les blocages en périphérie de Paris doivent être maintenus pour une “durée indéterminée” indiquaient les syndicats durant le week-end. L’objectif est de tenir jusqu’à ce que le gouvernement annonce des mesures satisfaisantes aux yeux des agriculteurs déçus par les “mesurettes” présentées par Gabriel Attal le vendredi 26 janvier. Soucieux de calmer la colère et de sortir de la crise, le gouvernement a promis de nouvelles mesures “dans les 48 heures” par la voix du ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, invité de France 2, ce lundi.

Mais non seulement d’exiger une réponse de l’Etat, c’est au niveau européen que le mouvement veut être entendu, or ce jeudi 1er février a lieu à Bruxelles un Conseil européen extraordinaire auquel Emmanuel Macron devrait prendre la parole. Les blocages autour de Paris doivent donc tenir au moins jusqu’à jeudi selon Stéphane Sanchez, le directeur de la FNSEA Grand Bassin parisien. Et pour tenir dans la durée, des rotations seront mises en place et des bus affréter pour faciliter le trajet aux agriculteurs qui viennent de loin. Car en plus des huit départements franciliens – Paris, la Seine-et-Marne, les Yvelines, l’Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, la Val-de-Marne et le Val-d’Oise -, l’Aisne, l’Aube, l’Eure, l’Eure-et-Loir, la Marne, le Nord, l’Oise, le Pas-de-Calais, la Seine-Maritime et la Somme sont mobilisées.

“Nous n’avons pas (encore ?) l’intention de rentrer dans Paris”

Les huit blocages organisés à compter du 29 janvier ont tous lieu “à 30 kilomètres” de Paris a prévenu le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau sur RTL. Son homologue des Jeunes Agriculteurs d’Ile-de-France, Clément Torpier, a également assuré sur franceinfo que les manifestants n’ont “pas l’intention de rentrer dans Paris”. L’un comme l’autre espèrent que ce rapprochement de la capitale suffira à mettre la pression au gouvernement pour obtenir de nouvelles mesures. Mais si cela ne s’avérait pas suffisant, oseront-ils avancer davantage dans Paris ? Aucun des syndicalistes n’a évoqué, ni écarté ce scénario.

Reste que se rendre à l’intérieur des grandes villes, notamment de Paris, est désormais une ligne rouge posée par le ministre de l’Intérieur. Gérald Darmanin, qui a annoncé le déploiement de 15 000 membres des forces de l’ordre, ainsi que des véhicules blindés et des hélicoptères pour surveiller l’avancée des convois, a assuré que les policiers n’interviendraient pas à moins qu’une ligne rouge soit franchie. Plus que rentrer dans Paris, la solution pour durcir encore le mouvement consisterait à bloquer d’autres routes comme les grandes nationales selon les syndicats. 

Certains syndicalistes tiennent tout de mêmes des discours partisans pour le blocage de Paris, comme Cyrille Milard, le président de la FDSEA Seine-et-Marne qui coordonne les blocages de l’A4, A5 et A6 et a assuré au Parisien vouloir mener “un blocus total” de la capitale auprès du Parisien.

Rungis bloqués ? Le Salon de l’Agriculture menacé ?

La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs visent seulement le blocage des grandes autoroutes menant à Paris, mais le syndicat Coordination rurale voit plus loin et envisage de bloquer le marché de Rungis, point névralgique de l’Ile-de-France. Lundi matin, un convoi de tracteurs est parti d’Agen dans le but de rejoindre Rungis le 30 janvier au soir ou la 31 janvier au matin. Mais bloquer le marché d’intérêt national parisien est une autre ligne rouge posée par Gérald Darmanin et si aucun problème de circulation n’a été observé près de Rungis ce lundi, des véhicules blindés de forces de l’ordre surveillent l’entrée.

Le présidente de la Coordination rurale, Véronique Le Floc’h, martelait depuis plusieurs jours l’idée de bloquer Rungis. Au début de la crise des agriculteurs elle avait également glissé que “le Salon de l’agriculture pourrait aussi être bloqué.” “Il y a une échéance et je pense que tous nos politiques doivent en être conscients. Si aucune réponse n’est apportée rapidement, ils savent très bien que le Salon de l’Agriculture pourrait avoir chaud” avait-elle déclaré le 24 janvier sur BFMTV. Actuellement, aucun syndicat agricole majoritaire n’a appelé au boycott de l’évènement.

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