“Je me sentirais coupable”, nouveaux témoignages au Haut-Vernet

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Mort d'Emile Soleil : "Je me sentirais coupable", nouveaux témoignages au Haut-Vernet

Après les précisions du procureur d’Aix-en-Provence mardi, l’émotion reste très vive au Haut-Vernet. Chez les habitants, le sentiment de culpabilité émerge désormais.

Neuf mois après la disparition d’Émile, 2 ans et demi, survenue au hameau du Haut-Vernet, une randonneuse a trouvé des ossements samedi 30 mars. Les autorités ont depuis confirmé qu’il s’agissait bien de ceux de l’enfant âgé de deux ans et demi. Cette découverte a relancé les recherches dans les Alpes-de-Haute-Provence. Et si tout au long du week-end le dispositif mis en place par les enquêteurs a largement été commenté, ce mardi 2 avril 2024, le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, a livré de premières informations sur l’avancée de l’enquête et les différents indices découverts. 

Des informations sur la cause de la mort du petit garçon, disparu en juillet dernier, étaient, bien sûr, très attendues. Mais le procureur a été formel : “Entre la chute, l’homicide involontaire et le meurtre, on ne peut privilégier aucune hypothèse.” Et d’ajouter : “Ces seuls os ne permettent pas de dire quelle est la cause de la mort d’Émile.” L’enquête se poursuit donc. Le procureur a néanmoins révélé différents détails, comme la découverte de vêtements du garçonnet non loin des ossements ou encore les premiers résultats des analyses de son crâne.

Certains vêtements du petit Émile retrouvés

“À environ 150 mètres du lieu de la découverte du crâne, ont été découverts hier (lundi), en contrebas du chemin, certains vêtements que portaient Émile le jour de sa disparition : un t-shirt, ses chaussures, et une culotte. Aucun autre effet, aucun autre ossement n’a été retrouvé. Les vêtements ont été acheminés à l’IRCGN pour analyses. Nous ne disposons pas des résultats partiels des analyses”, a indiqué le procureur de la République.

Les premières analyses du crâne ont permis de révéler des petites fissures et petites fractures post-mortem. Aucun traumatisme ante mortem n’a été observé. Le crâne présente des traces de morsures probablement causées par des animaux. Une maxillaire est absente. L’aspect des os et des dépôts permettent d’affirmer qu’ils n’ont pas été enfouis, mais exposés longtemps aux intempéries. Les analyses se poursuivent pour déterminer si ils ont pu rencontrer des biotopes différents. Ses seuls os ne permettent pas de dire quelle est la cause de la mort d’Emile Soleil”, a poursuivi Jean-Luc Blachon.

“L’enquête va se poursuivre avec la même intensité. Les fouilles ne sont pas terminées. Elles se poursuivront probablement demain (mercredi). Entre la chute de l’enfant, l’homicide involontaire et le meurtre, on ne peut toujours pas privilégier une hypothèse. Je sais que ce n’est pas satisfaisant”, a-t-il conclu. Les ossements, eux, ont été découverts le 30 mars 2024 entre 12 heures et 14 heures sur un chemin qu’une promeneuse se souvient d’avoir emprunté un mois avant. Elle a pu indiquer précisément son emplacement aux enquêteurs : le crâne était posé sur le sol. “Il s’agit en été d’une zone très végétalisée” indique le procureur de la République. Un lieu qui peut être rejoint en 25 minutes de marche environ depuis le bas du village.

“Je me sentirais coupable de pas l’avoir retrouvé”

Les précisions apportées par le procureur n’ont pas vraiment apaisé les habitants du Haut-Vernet, surtout ceux qui ont participé activement aux recherches. Alors que les investigations reprennent, certains font part de leur état d’esprit. “C’est bien qu’il y ait encore de gens sur le terrain tant que la vérité n’est pas faite sur cette histoire”, réagit une habitante auprès de TF1.  Un autre ajoute, au sujet de l’endroit où a été retrouvé le crâne de l’enfant : “On a ratissé tellement d’endroits que j’ai du mal à croire qu’on puisse être passé à côté de cet endroit-là. Si c’est vraiment un accident, je me sentirais coupable de pas l’avoir retrouvé”.

Des recherches “longues et complexes”

Depuis lundi, la gendarmerie assure que “les meilleurs experts” travaillent sur les investigations. Anthropologues, dronistes, analystes 3D… Tous les moyens sont mis en place pour tenter de faire avancer l’enquête. Lundi, une centaine d’enquêteurs et des chiens de recherche étaient déjà mobilisés dans le Haut-Vernet pour faire la vérité sur la découverte des ossements du petit Émile. La météo peu favorable de ces derniers jours complique largement la tâche des experts, notamment lorsqu’il est nécessaire d’utiliser des drones, a précisé la porte-parole de la gendarmerie, Marie-Laure Pezant : “On privilégiera une fenêtre météo plus favorable, mais ça n’empêchera pas d’aller sur le terrain.”

Le colonel Pierre-Yves Bardy, lui, n’a pas pu donner plus de détails concernant la durée des recherches face à la presse, ce lundi 1er avril. “Elles dureront le temps qu’elles seront nécessaires. Il n’y a pas de limite de temps sur les investigations. Tant que les enquêteurs auront besoin de travailler dans un environnement sécurisé, la zone sera interdite”. Ce lundi sur BFMTV, l’ancien directeur de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), François Daoust, indiquait que le fait de n’avoir retrouvé que le crâne d’Émile allait engendrer “des recherches beaucoup plus longues et complexes”.

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