“Je n’ai pas envie de vriller donc je fais attention”

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Crédits photo : Emma Picq

Artiste féminine, Album, Chanson originale, Révélation féminine, Révélation scène. Ce lundi 8 janvier, les nominations pleuvent pour Zaho de Sagazan. A seulement 23 ans, la jeune artiste sensation originaire de Saint-Nazaire fait figure d’ultra favorite pour les Victoires de la Musique 2024 avec pas moins de cinq citations. Ce n’était plus arrivé depuis Christine and the Queens en 2015 ! Quelques minutes après la divulgation de la liste, on retrouve Zaho de Sagzan au premier étage de la Nouvelle Eve. Très demandée, la chanteuse revient sur son année 2023 complètement dingue, le succès de son premier album “La symphonie des éclairs” déjà certifié disque d’or et ses projets pour la cérémonie à venir.

Propos recueillis par Théau Berthelot.

Tu es nommée à cinq reprises aux Victoires de la Musique 2024. C’est une véritable razzia !
Cinq, de toute façon on n’aurait pas pu faire plus ! (Rires) Il y a un côté un peu dingo. J’étais très loin d’imaginer tout ça. J’en espérais une en me disant que ce serait déjà bien, mais c’est vrai que cinq, j’hallucine un peu. Je suis trop contente, c’est génial et vraiment je ne peux pas m’en plaindre.

« C’est un métier d’athlète, qu’il faut prendre au sérieux »

C’est la consécration ultime pour toi après cette année complètement dingue ?
Oui, mais après il y a beaucoup de consécrations différentes. Déjà, avoir une tournée remplie c’est une consécration, faire des Zénith, voir des gens sourire et chanter tes chansons… C’est un truc de plus dans toute cette folie-là. Je suis trop contente, ça applaudit notre travail. Effectivement, on a beaucoup travaillé cette année, et les années précédentes, et ça n’applaudit pas que moi mais aussi tous mes copains derrière ce projet, donc je suis ravie.

Justement, j’ai lu dans plusieurs interviews que tu considères la scène comme la consécration ultime…
Effectivement, je trouve qu’il y a deux phases très importantes. Tout d’abord la création, où je passe beaucoup de temps à réfléchir ces chansons. Pour moi, si je faisais de la scène sans faire des belles chansons ça n’aurait aucun intérêt. Elles prennent vie et du sens une fois que tu les chantes devant des gens, et que tu les vois chanter, pleurer ou danser dessus. On a tendance à être derrière nos portables, à voir des chiffres, mais rien n’est vraiment palpable. Alors qu’un sourire devant toi, c’est palpable et ça fait du bien. C’est un endroit d’expression autant que de partage qui est fondamental pour notre métier.

En 2023, tu as enchaîné plus d’une centaine de concerts. Comment fais-tu pour garder la tête froide ?
Ça c’est de la discipline ! Je n’ai pas la même vie qu’avant, j’ai beaucoup plus de travail qu’avant et moins de temps pour moi. Je ne fais plus du tout la fête, je ne bois presque plus, je dors beaucoup… C’est un métier un peu d’athlète. Il faut prendre ça au sérieux. J’ai arrêté plein de trucs que je faisais avant et j’en ai amené plein d’autres : je fais du sport, je mange bien… Ça ramène un peu aux fondamentaux et ça t’invite à prendre soin de toi, car si tu ne fais pas ça tu vrilles très vite. Et je n’ai pas envie de vriller donc je fais attention !

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En quelques phrases, comment définirais-tu ton album “La symphonie des éclairs” ?
Pour moi, c’est un album de petite adolescente pas bien dans sa peau, très sensible, qui a besoin de s’exprimer sur plein de sujets et qui va le faire. Quelqu’un qui a plein de doutes, plein de peurs, et qui en même temps a l’espoir de s’en sortir, qui a foi dans la vie, et qui a besoin d’être heureuse, mais qui va pas bien et qui a besoin de l’exprimer, et le fait par le biais de la musique. C’est un album de chansons et d’électronique qui mélange un peu plein de choses car la vie, c’est plein de choses en même temps. Et puis c’est un album de copains, puisque je l’ai fait avec mes copains et j’ai monté ma boîte avec eux. C’est surtout ça : l’album d’une adolescente.

« Je vais beaucoup mieux grâce à la musique »

Avoir fait cet album a donc été cathartique ?
De toute façon, c’est un métier qui t’invite à sortir des choses de toi et il n’y a rien de plus cathartique que de comprendre soi et de le sortir devant les autres. Je ne sais pas quel genre de fille je serai sans la musique, mais je pense que je ne serais pas très bien ! (Sourire) Et je vais beaucoup mieux depuis que je l’ai rencontrée !

On le disait, 2023 a été une année folle pour toi. Parfois, tu n’as pas l’impression que ça va trop vite ?
Ça va vite et en même temps, et c’est pour ça que je suis contente d’avoir fait 115 concerts, c’est qu’on a vu toutes les étapes se faire. On a fait le Point Ephémère, toutes les premières parties où tout le monde se foutait de notre gueule… Petit à petit, on a vu les gens passer de “C’est qui celle-là ?” à “Oh, c’est intéressant” à “J’adore, je suis fan, je connais toutes les chansons pas coeur” ! Je n’ai pas l’impression d’avoir raté des étapes. Toutes les étapes se passent effectivement assez rapidement, c’est un rythme assez effréné. Je ne fais que bosser et ça fait longtemps que je n’ai pas eu de vacances, mais moi j’aime bien travailler et je suis entourée de gens qui aiment bien le faire. (Sourire)

« Tout le monde se foutait de notre gueule »

Le fait d’avoir été labélisée “révélation” durant toute l’année 2023, ça a été une pression ?
De toute façon, je me mets la pression naturellement. Mais on a envie d’être à la hauteur de ce qu’on dit sur nous. Je pense que ce serait terrible pour moi de ne pas mériter tout ce qui m’arrive. Mais après, ça me pousse juste à être meilleure et c’est ça qui est merveilleux dans ce métier. Il y a des métiers qui t’invitent à ne jamais évoluer, on est quand même sur Terre pour devenir de mieux en mieux, donc ça m’invite à me mettre de bons coups de pied aux fesses. Effectivement, ça va vite, mais je n’ai pas l’impression qu’on ait grillé les étapes. On n’a pas sorti l’album un jour et le lendemain, on faisait les Zénith.

Pour ces Victoires, as-tu déjà pensé à ta performance et à la scénographie ?
Je ne vais pas voler au-dessus des nuages, comme dans le clip ! Ce serait pas mal, mais un peu casse-gueule quand même. (Rires) Mais on cherche à faire quelque chose de joli et de poétique. Evidemment, ce sera sur “La symphonie des éclairs”.

« Je rêvais de remplir l’Olympia mais pas d’avoir des Victoires »

Qu’est-ce que ça représente pour toi Les Victoires de la Musique ?
Je ne regardais pas, parce que je ne regarde pas la télé. Par contre, j’ai toujours regardé les gagnants parce que ça me permet de découvrir ce que les gens écoutent et ce qui se passe en France en ce moment. Surtout pour moi qui n’écoute que de la musique avec 200 écoutes sur Spotify ! Je les ai toujours regardées de loin, mais ça représente des décennies de musique française. Barbara y est passée, plein de gens formidables sont passés par là… Ça représente des années de musique française. Mais je ne te dirais pas que c’était quelque chose dont je rêvais toute ma vie. Je rêvais de remplir l’Olympia mais pas d’avoir des Victoires. Mais je suis évidemment ravie d’être nommée !

Parmi les cinq nominations, un prix te ferait plus plaisir qu’un autre ?
Elles me feraient toutes plaisir mais il y en a deux que j’aimerais particulièrement avoir : c’est Révélation scène puisque j’ai passé mon année sur scène et ce serait une manière de dire bravo à mon équipe qui s’est donnée corps et âme à ce programme particulièrement dense. Et il n’y a rien de plus important que la scène dans mon métier. Et il y a évidemment Album. Que ce soit par les clips, la scène ou l’enregistrement, on défend vraiment l’album et ces chansons. Je l’ai fait avec des gens que j’adore. Après on verra, je m’en fous si j’en n’ai pas, je vais pas pleurer. (Rires) Mais ce serait quelque chose de très beau, je serais très fière de mon équipe.

En mars, tu commences ta première tournée des Zénith. Comment ça va se dérouler ?
On est obligé d’évoluer, sinon ce serait pas très intéressant de faire le même concert dans une plus grande salle. Ce serait moins sympa pour les gens qui sont au fond ! Evidemment, on est là pour évoluer, on va rajouter deux musiciens et faire toute une création. On va passer trois semaines en février, après les Victoires de la Musique, pour créer ça. L’idée, c’est de mériter les Zénith. C’est bien de l’avoir rempli, maintenant il faut en faire un beau. On va beaucoup bosser et présenter quelque chose de beau au public. Il y aura des gens qui nous ont jamais vus et d’autres qui nous ont vu déjà quinze fois ! Ça permet d’évoluer et de devenir meilleur.

C’est quoi la prochaine étape ? Une réédition ? Un nouvel album ?
On ne sait pas encore. Déjà, ce sera de continuer la tournée, tous les Zénith, et évidemment on pense à l’enregistrement mais on ne sait pas. Là, on vient de sortir un EP de reprises… Je ne sais pas encore ce qu’on va faire, mais on va faire ça, c’est sûr !

Un Bercy ?
Ouh là, je sais pas, on verra ! C’est peut-être un peu beaucoup quand même ! (Rires)

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