La Banque du Canada maintient son taux directeur à 5 %

Le taux directeur de la Banque du Canada, qui influence les taux d’intérêt au pays, a été maintenu inchangé à 5 % mercredi. La banque centrale laisse entendre que les hausses de taux seraient terminées et se demande désormais combien de temps devra durer la phase de stabilisation. Le gouverneur de l’institution, Tiff Macklem, a cependant refusé de donner un horizon pour une baisse des taux. C’est encore « prématuré », estime-t-il, alors qu’il veut voir l’inflation continuer de baisser de façon durable.

« Les discussions du conseil de direction sur l’orientation de la politique monétaire ne visent plus tant à déterminer si les taux sont assez restrictifs, mais plutôt combien de temps il faut les maintenir au niveau actuel », a souligné Tiff Macklem, en conférence de presse, accompagné de la sous-gouverneure Carolyn Rogers. Il est encore trop tôt, dit M. Macklem, pour parler d’une baisse des taux, car la Banque du Canada souhaite voir plus de progrès sur le plan de l’inflation.



 

C’est la quatrième fois d’affilée que la Banque du Canada maintient le taux directeur à son niveau actuel. La dernière hausse du taux directeur remonte à juillet dernier. Elle l’avait alors relevé d’un quart de point de pourcentage, pour le porter à 5 %. Depuis, à trois reprises — en septembre, en octobre et en décembre —, elle l’avait laissé inchangé.

La possibilité de relever le taux directeur n’est pas complètement exclue « si les circonstances changent et font repartir l’inflation à la hausse », a prévenu M. Macklem. Mais cela ne devrait pas être nécessaire si l’économie évolue selon les projections économiques actuelles, a-t-il ajouté.

L’inflation « encore trop élevée »

Le redressement de la politique monétaire, destiné à dompter l’inflation, a porté ses fruits ces derniers mois. Cependant, l’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) de Statistique Canada, est « encore trop élevée », estime la Banque du Canada dans son rapport sur la politique monétaire de janvier.

Elle y salue toutefois son recul progressif, alors que l’IPC se rapproche de la fourchette cible de la Banque du Canada, qui est de 1 % à 3 %. Selon les dernières données de l’IPC, en décembre dernier, celui-ci était en hausse de 3,4 % par rapport à la même période un an plus tôt. C’est largement en dessous de son sommet de 8,1 % enregistré en juin 2022.



 

Selon les projections de la Banque du Canada, l’inflation devrait se maintenir autour de 3 % durant toute la première moitié de 2024. Puis, elle devrait commencer à redescendre à 2,5 % dans la deuxième moitié de l’année, avant de baisser à 2 % en 2025.

À quand une baisse des taux ? 

Plusieurs analystes s’attendent à une première baisse des taux cette année. Jimmy Jean, économiste en chef chez Desjardins, croit que la Banque du Canada pourrait en annoncer une dès le mois d’avril. Dans une infolettre envoyée en début de semaine, l’équipe de Desjardins note que « le marché obligataire canadien évalue à 60 % les chances d’une première baisse de taux dès le mois d’avril ». Elle y ajoute que, bien que ce scénario cadre avec ses prévisions, celui-ci « ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté économique ».  

Les économistes de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, par exemple, tablent plutôt sur une première baisse à partir du mois de juin, selon une récente analyse.

La prochaine annonce sur le taux directeur aura lieu le 6 mars. Le prochain rapport sur la politique monétaire, lui, sera dévoilé lors d’une annonce subséquente, le 10 avril.

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