La congestion routière aux environs de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau exaspère

Cet été, l’augmentation post-pandémique de la circulation automobile à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal a suscité frustration, confusion et désespoir.

À l’entrée du site de l’aéroport, jeudi, on pouvait entendre des klaxons, des gémissements et quelques grossièretés alors qu’un troupeau de voitures avançait petit à petit sur la route menant aux terminaux.

L’impasse s’est avérée trop lourde à supporter pour certains voyageurs anxieux. Plus d’une dizaine d’entre eux a abandonné leur taxi, se précipitant sur des centaines de mètres le long de la circulation, bagages à la main, dans des tentatives frénétiques pour attraper leur vol — ou simplement pour éviter l’attente. Leurs têtes se balançaient entre les véhicules sur le boulevard qui partait de l’autoroute, où il n’y a pas de trottoir.

La Société de transport de Montréal (STM) s’est efforcée de trouver des détours pour la navette aéroportuaire. La société qui gère le site a quant à elle ouvert davantage de stationnements gratuits et a ajouté du personnel de contrôle de la circulation.

Jusqu’à présent, il semble toutefois que rien n’ait réussi à atténuer les goulots d’étranglement qui enragent les automobilistes.

Le chauffeur d’Uber Fadi Istanboulie racontait qu’il lui fallait régulièrement 30 minutes pour parcourir les deux kilomètres qui séparent la sortie de l’autoroute et la zone de débarquement des passagers aux heures de pointe.

Stanley Bastien, qui travaille comme chauffeur depuis plusieurs années et qui conduit actuellement une limousine, affirmait pour sa part que la récente congestion routière est la pire qu’il ait jamais connue au seul aéroport international de passagers de Montréal, situé à environ 20 kilomètres à l’ouest du centre-ville.

« Je n’ai jamais vu ça en 27 ans », a-t-il lancé, soulignant que les piétons sur la bretelle de sortie de l’autoroute sont devenus un spectacle quotidien. Le trafic, a-t-il poursuivi, « ne s’arrête jamais et on a l’impression que personne ne fait rien ».

M. Bastien soutient que la fluidité du trafic se détériore depuis environ un an, le transport aérien ayant fortement augmenté après la crise liée à la pandémie.

Dans un communiqué, la société qui gère l’aéroport Montréal-Trudeau a reconnu la situation, soulignant ce qu’elle a qualifié d’« augmentation significative » des déplacements depuis le début de l’été.

Achalandage à la hausse

Aéroports de Montréal n’a pas encore publié ses résultats de juillet et août, mais a comptabilisé 5,3 millions de passagers à l’aéroport entre avril et juin, soit 6,1 % de plus qu’au même trimestre de 2019 et une hausse de 32,9 % par rapport à 2022.

L’entreprise a introduit plusieurs mesures pour atténuer les embouteillages cette année : elle a déployé davantage d’agents de contrôle de la circulation dans une zone, ouvert une troisième aire de stationnement gratuit, modifié l’itinéraire de la navette des employés de l’aéroport pour éviter la zone de débarquement des passagers et déplacé la zone de prise en charge du service Uber.

Aéroports de Montréal s’attend également à ce que son nouveau stationnement, actuellement en construction, réduise davantage la pression sur les zones de prise en charge et de débarquement. En attendant, elle encourage les voyageurs et les conducteurs à « planifier soigneusement leurs voyages, en vérifiant les conditions routières et la fluidité du trafic avant de se diriger vers l’aéroport ».

Prévoir l’augmentation du temps de déplacement n’a pas éliminé la frustration de Ben Borowiecki et de Judith Durkin, des touristes britanniques qui faisaient partie des voyageurs ayant abandonné leur taxi à la sortie de l’autoroute, jeudi. Ils étaient en avance pour leur vol, mais impatients d’arriver à l’aéroport après ce qu’ils disaient être une attente de 30 minutes sur la bretelle de sortie.

« Nous avons vu que cela allait se produire et nous avons donc planifié (notre emploi du temps) en conséquence, a souligné M. Borowiecki. Mais cela signifiait que nous avons pu passer moins de temps à Montréal (que) nous l’espérions. »

« C’est un peu fou, a fait remarquer Mme Durkin. Nous essayons habituellement de prendre les transports en commun pour aller à l’aéroport, mais cela s’annonçait encore plus long. »

Contrairement à son homonyme chez Boeing, la ligne d’autobus 747 reliant le centre-ville de Montréal à l’aéroport est soumise aux mêmes problèmes de circulation que tout autre véhicule routier se rendant à Montréal-Trudeau.

Dans un communiqué, la STM a reconnu qu’elle aussi avait dû faire face à la situation « problématique » sur le parcours menant à l’aéroport au cours des derniers mois. L’agence a mis en place des détours pour la ligne 747, en collaboration avec Aéroports de Montréal, afin que les autobus puissent éviter le pire de la congestion.

Les chauffeurs privés et les chauffeurs de taxi n’ont cependant pas ce luxe. M. Bastien a déclaré que bon nombre de ses raccourcis sont désormais également régulièrement obstrués.

À court d’options et sans solution en vue, le chauffeur de taxi Sahouane Radouane a avoué qu’il envisageait de trouver un autre emploi. « C’est une catastrophe, a-t-il martelé. On en a marre de travailler avec ça. »

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