La Corée du Nord tire plus de 60 obus près d’une île sud-coréenne

La Corée du Nord a tiré samedi plus de 60 obus près de l’île sud-coréenne de Yeonpyeong, a annoncé l’armée sud-coréenne, au lendemain d’une première salve de Pyongyang qui avait déclenché la riposte de Séoul avec un exercice à munitions réelles dans la région.

« Les forces nord-coréennes ont tiré plus de 60 obus » près de l’île de Yeonpyeong « entre 16 h et 17 h approximativement » (2 h et 3 h au Québec), a déclaré l’état-major de l’armée sud-coréenne, mettant en garde Pyongyang contre une poursuite de ces tirs.

Vendredi, la Corée du Nord avait tiré plus de 200 obus en mer Jaune près des deux îles sud-coréennes de Yeonpyeong et Baengnyeong, situées juste au sud de la frontière maritime de facto entre les deux pays.

Yeonpyeong, qui compte environ 2 000 habitants, est située à environ 115 km à l’ouest de Séoul et à une dizaine de kilomètres au sud de la côte nord-coréenne.

Également très proche de la Corée du Nord, Baengnyeong, 4 900 habitants, se trouve à environ 210 km à l’ouest de la capitale sud-coréenne.

Les tirs de vendredi n’avaient fait ni victime ni dégâts, selon Séoul. Les habitants avaient reçu l’ordre de rejoindre les abris et les services de ferries reliant les îles au reste de la Corée du Sud avaient été suspendus.

Nouvelle escalade

Il s’agit de la plus forte escalade sur la péninsule depuis que l’armée nord-coréenne avait bombardé Yeonpyeong en 2010, en réponse à un exercice sud-coréen à munitions réelles près de la frontière.

Cette première attaque nord-coréenne contre des civils depuis la guerre de Corée (1950-1953) avait fait quatre morts, deux militaires et deux civils. Le duel d’artillerie avait duré environ une heure, chaque camp tirant quelque 200 obus.

La nouvelle escalade survient après une salve de déclarations belliqueuses du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, qui a notamment menacé ces derniers jours d’« anéantir » la Corée du Sud et les États-Unis.

Tant samedi que vendredi, les obus nord-coréens ont atterri dans l’une des zones tampons créées en 2018 dans le cadre d’un accord entre les deux voisins visant à prévenir les incidents militaires frontaliers. Tout tir à munitions réelles était interdit dans ces zones.

Mais Séoul a partiellement suspendu l’accord en novembre dernier pour protester contre le lancement par Pyongyang d’un satellite espion, et le Nord a rejeté l’ensemble de l’accord peu de temps après.

« Menace pour la paix »

L’armée sud-coréenne a déclaré samedi que les tirs d’artillerie nord-coréens « répétés » dans cette zone « constituent une menace pour la paix dans la péninsule coréenne ».

Elle a émis « un sévère avertissement » et demandé à la Corée du Nord de cesser immédiatement, assurant qu’« en réponse, notre armée prendra les mesures appropriées pour sauvegarder le pays ».

« La Corée du Nord, après avoir annoncé l’annulation complète de l’accord militaire du 19 septembre (2018, NDLR) continue de menacer nos citoyens avec des tirs continus d’artillerie à l’intérieur de la zone prohibant les actes hostiles », a insisté l’armée.

La Corée du Nord avait affirmé vendredi que ses tirs d’obus près des deux îles constituaient « une réponse naturelle et une contre-mesure » aux exercices militaires menés par Séoul, selon l’agence officielle KCNA.

Le ministre sud-coréen de la Défense, Shin Won-sik, avait de son côté dénoncé « un acte de provocation qui menace la paix dans la péninsule coréenne et aggrave les tensions ».

L’armée sud-coréenne prendra « des mesures de rétorsion immédiates, fortes et définitives — nous devons soutenir la paix par une force écrasante », avait-il ajouté.

La Corée du Nord avait à son tour enjoint à la Corée du Sud de ne « pas commettre de provocation sous le prétexte d’une soi-disant contre-mesure », selon l’agence KCNA. Elle a brandi la menace d’une « contre-mesure dure à un niveau sans précédent ».

La Chine, alliée de la Corée du Nord, a appelé « toutes les parties au calme et à la retenue ».

Washington a de son côté appelé la Corée du Nord « à s’abstenir de toute nouvelle action déstabilisatrice et provocante, et à reprendre la diplomatie ».

Fin décembre, Kim Jong Un avait ordonné l’accélération des préparatifs militaires en vue d’une « guerre » pouvant « être déclenchée à tout moment ».

L’an dernier, la Corée du Nord a inscrit son statut de puissance nucléaire dans sa Constitution et tiré plusieurs missiles balistiques intercontinentaux, en violation des résolutions de l’ONU.

Les deux Corée sont toujours techniquement en guerre depuis la fin du conflit dans la péninsule en 1953, qui s’est conclue sur un armistice et non un traité de paix.

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