La dépénalisation de l’homosexualité, l’autre victoire de Robert Badinter

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La dépénalisation de l'homosexualité, l'autre victoire de Robert Badinter

Robert Badinter n’était pas que le père de l’abolition de la peine de mort en France. L’ancien garde des Sceaux a mené d’autres grands combats. Parmi eux, la dépénalisation de l’homosexualité.

On lui doit l’abolition de la peine de mort. Mais Robert Badinter, décédé dans la nuit du 8 au 9 février 2024, s’est également illustré lors de son passage au ministère de la Justice, entre juin 1981 et février 1986, dans d’autres combats. Parmi eux, la dépénalisation de l’homosexualité. En décembre 1981, face aux députés à l’Assemblée nationale, qui examinaient en première lecture sa proposition de loi, Robert Badinter avait alors fustigé la “chasse à l’homosexualité”, jugeant que “cette discrimination et cette répression [étaient] incompatibles avec les principes, ceux d’un grand pays de liberté”. Et Robert Badinter de souligner également à l’occasion de ce discours remarqué : “Si Oscar Wilde a été condamné par la justice anglaise pour avoir séduit Lord Douglas, nous savons que Verlaine ne pouvait être poursuivi par la justice française pour avoir séduit Rimbaud, âgé de dix-sept ans, à moins, d’ailleurs, que la séduction ne fût en sens contraire.”

Quelques mois plus tard, le 27 juillet 1982, promesse de campagne de François Mitterrand tenue. La proposition de loi portée par Robert Badinter et Gisèle Halimi, alors la rapporteure de la commission des lois, était votée, abrogeant ainsi l’alinéa 2 de l’article 331 du Code pénal. Un alinéa mis en place sous le régime de Vichy et maintenu par la suite qui, concrètement, fixait la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels à 21 ans, puis, à partir de 1974, à 18 ans, alors que dans le même temps, celle-ci était définie à 13 ans puis 15 ans pour les relations hétérosexuelles.

Une petite révolution qui a par la suite permis l’adoption d’autres textes en faveur des droits homosexuels, jusqu’au récent mariage pour tous notamment. Et alors que la question de la réparation du préjudice de l’État envers les personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982 sera débattue en mars prochain, Robert Badinter aura, lui, poursuivi son combat pour les droits des homosexuels tout au long de sa vie, comme la notamment reconnu SOS homophobie ce vendredi. “Nous saluons son action résolue et constante en faveur de la reconnaissance, de l’égalité et de la dignité des personnes LGBTI”,  a déclaré l’association sur X. 

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